Annaba : L’OPGI dénoncé par les associations

Elwatan; le Dimanche 13 Mars 2016
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En effet, elles sont trois associations, El-Tahadi de la cité 11 décembre 1960, celle des 500 logements de la Plaine Ouest et Safsaf, et El-Ikhlas de Rizi Amor 2 qui, pour rapporter les doléances de citoyens concernés, se sont fendues d’un communiqué conjoint. En somme, ces associations dénoncent une situation lamentable que vivent leurs cités respectives. «Nous avons maintes fois adressé nos préoccupations à la direction de l’OPGI qui, à chaque fois, sont restées sans écho.

Nous avons décidé de solliciter le premier responsable de la wilaya pour peser de son poids auprès des services concernés pour une prise en charge urgente de nos immeubles qui sont dans un état déplorable», lit-on dans ce document signé par les trois associations concernées. Youcef Boussaâ, président d’El-Tahadi, nous en parle : «Notre cité compte treize bâtiments qui sont tous dans un état lamentable. Nous avons adressé une correspondance le 31 janvier 2016 au directeur de l’OPGI pour instruire ses services à l’effet d’assainir les caves débordant d’eau usée. Jusqu’à ce jour, aucune réponse ne nous est parvenue de sa part.

Nous n’avons jamais fait l’objet d’une visite des responsables locaux. Ce qui nous a poussés à conclure que la cité 11 décembre 1960 est tout simplement négligée par les autorités». Un pessimisme empreint de sentiment de hogra qui est également partagé par Abdelkrim Layachi, président de l’association des 500 logements et Safsaf. «Impuissants, nous constatons quotidiennement la dégradation de nos appartements, due aux infiltrations d’eau pluviale de par la vétusté de l’étanchéité de l’immeuble. Ces infiltrations génèrent souvent des courts circuits. Une correspondance dans ce sens a été adressée au directeur de l’OPGI le 19 janvier dernier, sans aucune suite. A l’image d’autres cités populaires, celle des 500 logements (Urban) de la cité Safsaf n’a pas fait l’objet d’une visite des autorités locales depuis des années. Nous sollicitons le wali pour intervenir et mettre fin à cette situation», a-t-il déclaré.

Quant au long retard constaté dans la réalisation des 220 logements LSP de Rizi Amor 1 et 2, qui perdure depuis 2006, il a fait l’objet de la réaction de Mohamed Messaoudi, président de l’association El Ikhlas de Rizi Amor 2. «Le projet a été lancé depuis 2006 par la daïra de Annaba et le promoteur est l’OPGI. Il était convenu que 100 unités soient destinées pour Rizi Amor 1 et 120 autres pour Rizi Amor2. Dix ans après, il n’y a que 60 logements qui sont réalisés. Quelque 27 bénéficiaires seulement sont de Rizi Amor 1 et 2. Le reste a été attribué à des attributaires qui ne sont pas issus de notre cité. Pour avoirs des éclaircissements sur cette situation, nous avons tenté, à maintes reprises, à travers des demandes d’audience à l’actuel directeur de l’OPGI. Malheureusement, nous n’avons reçu aucune réponse de sa part», a-t-il confié à El Watan.

Le directeur se plaint des créances

Contacté à ce sujet, Abdelkrim Benchadi, directeur général de l’OPGI Annaba s’explique : «Il faut savoir que l’OPGI a enregistré 1,4 milliard de dinars de créances de loyers. Le moins endetté de ces locataires plaignant, doit à l’OPGI 300 000 DA. Il faut savoir également que la pluparts des locataires sont devenus propriétaires. Ils disposent d’actes de propriété, donc l’OPGI n’intervient plus pour la réhabilitation d’un immeuble privé. Pour les autres, il faut d’abord régler leurs loyers pour qu’on puisse financer notre intervention pour l’entretien de leurs immeubles.»

Interpellé sur le retard considérable ayant concerné le projet de 220 logements participatifs, le même responsable a justifié cette situation, en affirmant : «je vous informe que les souscripteurs en question ont été réellement bloqué durant neuf ans. Cela est dû aux malfaçons ayant caractérisé le projet dont la faute incombe à l’entreprise réalisatrice. Pour pallier à cette situation, l’OPGI a résilié le contrat avec cette dernière et engagé une autre pour achever les travaux. Les VRD ont été également lancés. Mais l’opération bute face à deux baraques qui bloquent le passage. Une action en justice a été engagée pour les évacuer.

Quant aux 27 logements dont ont bénéficié des attributaires extramuros, cela s’explique par le refus des habitants concernés des deux cités de régler leur participation, faute de fiche de paie. Bien qu’ils soient dans une situation précaire, d’autres ont, néanmoins, payé leurs apports et ont en bénéficié.» Ainsi, les trois associations persistent et signent que ce directeur général de l’OPGI Annaba n’est pas coopératif. En réponse à son attitude, ils affirment avoir décidé désormais de ne plus régler de loyer et garder leur argent pour assurer l’entretien de leurs immeubles, «à défaut de l’intervention de l’OPGI», disent-ils.
 

Categorie(s): annaba

Auteur(s): Leïla Azzouz

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