Annaba. Plages Djenane El Bey, Seraïdi

Elwatan; le Jeudi 30 Aout 2007
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C’est la fin de l’été et du mois d’août, la période des congés par excellence. Pourtant, sur la corniche de Annaba, les plages
de la commune chef-lieu de wilaya sont toujours envahies
par une cohorte d’estivants de tous les horizons du pays
et d’ailleurs. C’est également le cas pour celles lointaines,
comme Djenane El Bey de Seraïdi et Chetaïbi.
Des campeurs s’y sont installés depuis début juin. Ils ne semblent pas pressés d’en repartir, encouragés à y rester par la chaleur caniculaire de ces derniers jours.
Particulièrement la corniche de Chetaïbi avec ses plages de Bordj El Ghnem, la Fontaine romaine, la baie Ouest, les Sables d’or et Sidi Okacha. Quotidiennement, elles attirent la grande foule formée par ceux qui aiment les eaux cristallines qui se noient dans le ciel, le sable fin comme de la farine où le chemin et le temps s’arrêtent. Beaucoup y sont du matin au soir pour ne rentrer que tard dans la nuit et revenir le lendemain. D’autres y ont carrément élu domicile pour passer durant les
3 mois de l’été des vacances peinardes.
Ils ont eu pour eux une mer alliée au soleil et, en surélévation, le grand Edough sublime avec sa montagne verte et mauve plongeant dans la mer Méditerranée. Une mer où abondent, pour le grand plaisir des amoureux de la plongée sous-marine, des crabes et des poissons grillés sur la braise à même un des rochers. Des centaines de ces vacanciers ont préféré la plage rocailleuse de la fontaine romaine. Le camp de toile familial du même nom y a été installé par Abdelhak Benmarouf. Doté de toutes les commodités, il offre également la restauration avec des plats à base de poissons divers, comme le loup de mer, le mérou, les crevettes, les pagres et les sars, de la soupe de poisson ou des côtelettes grillées sur la braise.
Ainsi est le camp familial de toile. Ainsi est Chetaïbi d’aujourd’hui, ce village enclavé à 70 km de Annaba, que la nature a doté de la plus belle baie du monde. Les nationaux, nos compatriotes immigrés, les touristes étrangers qui y affluent l’ont qualifié de «site paradisiaque». Il n’y a pas encore de croisières en bateau, de randonnées pédestres ou équestres. Chetaïbi avec son petit port oublié n’offre pas de loisirs. Ses habitants, qui paraissent attendre la «houkouma» pour en créer, ne font rien pour prendre cet aspect en charge.

Bivouac familial

C’est pourquoi les centres de vacances de la SNTF, des douanes et autres œuvres sociales de différents secteurs d’activité socioéconomique ainsi que Benmarouf y ont planté leur campement. Notamment le camp familial de toile qui a, à lui seul, suppléé l’absence totale d’hôtel.
Le soir, la peau desséchée par le sel de la mer et brûlée par le soleil, les campeurs composés de familles de différentes couches sociales viennent s’y reposer.
Les responsables du camp ont mis à leur disposition une ambiance familiale faite de musique, de danse et de projections de films éducatifs.
Baignée par la mer Méditerranée, la plage Fontaine romaine est très riche en faune et en flore. Très peu peuplée, à peine 12 000 habitants, Chetaïbi est la seule commune que compte la daïra du même nom. Le chômage touche plus de 75% de sa population. Loin devant l’agriculture, la pêche est la principale richesse de cette agglomération. Malgré la beauté paradisiaque du site, la disponibilité d’une eau potable, l’électricité, une route large en excellent état parce que nouvellement réalisée, Chetaïbi n’a toujours pas suscité l’appétit des investisseurs nationaux ou étrangers. En 2007, l’important afflux des vacanciers d’un niveau jamais atteint depuis l’indépendance, plusieurs milliers/jour, a imposé à des experts du tourisme d’affirmer qu’on est à la veille d’un boom touristique à Chetaïbi. Cet été, cette tendance est quelque peu muselée par des moyens de transport presque inexistants. Une dizaine de taxis et 3 bus assurent la liaison dans les deux sens Annaba/Berrahal/Chetaïbi.
Les premiers ne dépassent pas la limite de la commune de Berrahal voisine. Les seconds ne démarrent pas sans l’occupation de la totalité des places assises. Ils débutent leur mission d’utilité publique à 7h.

Transport pas du tout public

Ils s’arrêtent dans le sens Chetaïbi/Annaba à 14h30. Le dernier départ de Annaba est à 15h30. Ce qu’estivants et habitants de Chetaïbi affirment être une aberration. En tous les cas, ces préoccupations sont le dernier des soucis de plus de 200 résidents du camp de toile de la Fontaine romaine. Ils sont beaucoup plus avides de découvertes, d’évasion, d’aventures ou, tout simplement, de plaisirs balnéaires. Le gérant de ce camp de toile familial fait figure de pionnier dans ce type d’initiative dans un paysage encore à l’état naturel fait de maquis, de chênes et de chênes-lièges plongeant dans la mer. Ce coin dit Fontaine romaine, situé à l’entrée du village de Chetaïbi, est devenu l’un des endroits les plus prisés pour le farniente.
Chaque jour, le «chef», toujours disert pour parler de la beauté de Chetaïbi et de ses richesses touristiques, aime à mettre à la disposition de sa clientèle des tentes en toile avec literie très propres et des plats cuisinés pimentés à souhait à des prix à la portée de toutes bourses, modestes ou moyennes. Beaucoup de personnalités politiques, économiques, culturelles et sportives y ont séjourné ou y sont passées, le temps d’une journée.

Categorie(s): c'est l'été

Auteur(s): A. Djabali

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