Béjaïa. les plages d’El Maghra et d’Acherchour

Elwatan; le Samedi 1 Septembre 2007
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D’El Maghra à Acherchour, ou , comme l’appellent les vieux habitués des lieux le Quinzième, de beaux rivages faits d’une chevauchée de sable et de fine caillasse bordent le plan d’eau.

Après avoir roulé sur un macadam de velours, une poignée de minutes seulement en venant de Béjaïa (les voies à sens unique de la RN9 sont devenues assez fluides même en cette période de l’année), trois pistes cahoteuses vous «jettent» cahin-caha dans les bras d’un percepteur de droits de parking. Ils sont nombreux les automobilistes à se dire abusés. Un accès où vous risquez l’enlisement des roues, et des parkings qui ne sont nullement aménagés ni gardés (une telle tâche requiert un détachement de gardiens), cela s’apparente, plutôt, à des droits d’entrée. Enfin, on vient pour les plaisirs de la grande bleue et on préfère faire jouer la compensation. Et là, on est copieusement servis. Entamant les extrémités d’El Maghra (le palmier) et Acherchour, une rangée d’ombrelles scrupuleusement alignées sont proposées à la location. Près de trois kilomètres de rivage vous font l’invite au farniente, au délassement, et à piquer un plongeon. C’est dire tout le loisir qu’on a à s’octroyer sans partage une franche tranche de territoire. Plus spécialement les jours de semaine. II suffit simplement d’implanter son parasol un peu plus loin que les accès. Ici, rien que les familles ou presque. Quiétude et bon voisinage caractèrisent l’ambiance qui y prévaut. Vendredi 27 juillet , 30-32 degrés, drapeau orange. Mais c’est «navigable». Des jet-skis, des kayacs, des pédalos «écument» le large. Au bord de l’eau, se trémoussent des grappes de corps bronzés. Les enfants sont ceux qui donnent l’air d’en profiter le plus. Car, ici, l’eau n’est pas très profonde. Un plateau sablonneux où, à certains, il faut une bonne brassée pour trouver la grande profondeur. Et puis, les parents n’ont pas grand souci à se faire, même s’ils ne détachent pas les yeux de leurs chérubins. Les maîtres-nageurs, en plus de ne pas se montrer «envahissants», sont très présents. Sur le plan de la sécurité toujours, des gendarmes en tenue «plage» et discrets vont et viennent pour dissuader les trouble-fête. Ce qui fait : pas de ballon, pas de chien et pas de «caisses à musique». Des cerfs-volants disputent en couleurs les airs aux mouettes débusquées de leur contrée par de joyeux lurons, l’espace une belle journée ensoleillée.
Dommage seulement que l’endroit manque d’animation car la bande de terre qui longe ces idylliques rivages est assez spacieuse pour distraire les lieux. Avec en principe, comme ailleurs dans les autres contrées ayant la veine de posséder un littoral, des infrastructures de spectacle, des solariums, des paillotes avec terrasse (cafétérias...), du genre de celles qui emplissent le pourtour de l’île de Beauté, des centres aquatiques pour être plus gourmand... Ici, c’est plutôt la marche arrière.
Un exemple : cela fait belle lurette que le club hippique, domicilié à l’orée du Quinzième, a rendu l’âme... Une impression en tout cas se dégage : les choses n’ont pas l’air de faire partie des grands soucis de ceux qui ont pour charge de valoriser les espaces de détente. Les seuls commerces sont installés juste à l’embouchure des pistes et là, il y peu à dire sur leur physionomie.
Une réglementation en matière d’agencement et d’esthétique devrait voir le jour. On se contente, enfin, que l’on ai daigné nettoyer quotidiennement les plages. De ce côté, rien à dire ; des poubelles sont aussi disposées çà et là pour inciter les estivants à y jeter leurs détritus. On revient sur une autre délectation qu’offre la spécificité dont Dame nature a gratifié la magnifique baie. Contemplation. L’immense golfe est contenu dans le plan d’eau par une ligne d’horizon rompue par quelques cargos en partance et la terre ferme par le mont Gouraya qui, là bas, aux confins Ouest, jette un grand isthme dans les flots. Une sorte d’énorme caïman qui barbote dans les eaux calmes du port pétrolier et de l’anse des Aiguades. Derrière le Menssouga, la fière montagne des Ath Bimun déroule, d’Adrar N’lhit à Ajloul, de vertes collines qui donnent l’impression de jeter un pied dans l’eau. C’est ça la magie des lieux. Le microclimat chargé d’une hygroscopicité permanente a sans cesse remporté le défi face aux pyromanes.
La montagne, après l’affreux incendie de l’été 2005, est en passe de régénérer son épaisse végétation. A la limite Est du regard, à une dizaine de bornes, le cap Aokas, et puis la vue s’amenuise, les montagnes des Babors disparaissent enveloppées par les évaporations.

Categorie(s): c'est l'été

Auteur(s): Rachid Oussada

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