Benabdelkrim Ben Abdelkrim. Secrétaire général de l’association des agences de tourisme de Tamanrasset, «Les propos du Premier ministre nous ont sidérés»

Elwatan; le Lundi 16 Avril 2018
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Les déclarations du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, sur le tourisme saharien ont fait tache d’huile. Lors de sa conférence de presse de samedi dernier, il avait lancé à un journaliste qui l’interrogeait sur le développement du tourisme saharien, qu’il ne fallait «plus parler de touriste dans ces régions, parce qu’il suffit qu’un seul soit enlevé pour que tous les efforts dans le domaine de la sécurité soient compromis». Pour Benabdelkrim Ben Abdelkrim, secrétaire général de l’Association des agences de tourisme de Tamanrasset, «c’est la consternation».

Contacté, il déclare : «Nous sommes sidérés par les propos du Premier ministre. Nous avons l’impression d’être face à deux pays différents. L’un qui plaide pour le développement du tourisme saharien en tant que secteur palliatif à la rente pétrolière, et l’autre qui ferme ses portes aux touristes. Il y a une contradiction flagrante entre la politique du chef de l’Exécutif, et celle défendue par son ministre du Tourisme.

En effet, il y a quelques jours, ce dernier avait promis, publiquement, de rouvrir 3 ou 4 circuits fermés pour booster le tourisme et faire en sorte que l’activité reprenne sa place...» Pour Ben Abdelkrim, également chef du bureau du syndicat des agences de voyages pour Tamanrasset, «en décidant de fermer ce qui reste» du tourisme dans la wilaya, «le Premier ministre coupe carrément les vivres à toute une population qui n’a pas d’autre alternative que le tourisme.

Aujourd’hui, nous sommes en droit d’exiger une réparation, parce que nous sommes victimes d’une catastrophe. De quoi la population de Tamanrasset va-t-elle vivre ? Qu’allons-nous faire de ces centaines de guides, ces milliers de jeunes cuisiniers, chauffeurs et chameliers qui se nourrissaient de l’activité touristique ?» En colère, Ben Abdelkrim lance : «Nous sommes sidérés par le fait qu’à Djanet, le problème de sécurité ne se pose pas alors qu’à Tamanrasset, on veut mettre à mort un secteur pourvoyeur de postes d’emploi, pour des raisons, disent-ils, sécuritaires.

Nous nous demandons pourquoi alors avoir un ministre du Tourisme ?» Notre interlocuteur n’y va pas par le dos de la cuillère. «Nous n’avons pas de problème de sécurité. Nous connaissons mieux que quiconque notre région. Les déclarations du chef de l’Exécutif vont faire fuir le peu de touristes qui continuent à visiter Tamanrasset. Ce qu’il a dit est très grave.» Devant une telle situation, ajoute notre interlocuteur, «nous avons prévu de nous réunir bientôt pour sortir avec une réaction coordonnée contre les propos d’Ahmed Ouyahia».

«Du 19 au 21 avril, il y aura à Tamanrasset, la tenue du premier Forum pour la promotion de la culture et du tourisme sahariens, dénommé Atakor, qu’organisera l’Association des agences de tourisme. Ce sera l’occasion de sortir avec une réaction concertée sur les graves déclarations du Premier ministre», conclut Benabdelkrim Ben Abdelkrim.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Salima Tlemçani

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