Béni-Saf : L’APC en crise

Elwatan; le Dimanche 14 Aout 2016
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Fait illustrant la paralysie, le président de l’APC par intérim a boycotté la réunion. La mésentente entre élus s’est traduite par une déshérence des affaires de la cité, la deuxième de la wilaya où vit le dixième de sa population totale. Depuis, la salle de réunion offre le spectacle des détritus et du bleu des sachets qui les contiennent. Ils jonchent les parties boisées et en pente de la ville, celle-ci étant en amphithéâtre.

Le plus insoutenable pour le regard s’offre du côté des falaises qui donnent sur la plage du Puits, qui témoigne que l’APC n’a pas été capable de satisfaire à un minimum de ses missions, en l’occurrence l’hygiène : «Beni Saf, la Perle, est devenue une ‘mezbala’. 80% de son éclairage public est éteint, favorisant le sentiment d’insécurité.

Pourquoi avoir loué à 200 000 DA un parking à la plage du Puits pour une foire commerciale sans intérêt alors qu’utilisé comme parking au profit des estivants, il aurait rendu service à ces derniers et rapporté trois fois plus à la commune ? Et vos 233 locaux commerciaux loués en moyenne à 1500 DA/mois alors qu’ils devraient l’être à 100 fois plus !» tonne le wali. Il ajoute : «Quand on vous demande un terrain pour un projet d’équipement, vous répondez ne pas en avoir, or une enquête nous a démontré le contraire ! Par contre, les constructions illicites, elles, trouvent des terrains.» Le représentant de la Conservation des forêts dit avoir signalé, par PV, 50 cas d’occupation du domaine forestier.

Il en prend pour son grade ainsi que son directeur : «Il faut démolir, pas dresser des PV !» Puis, se tournant vers les élus, il exhibe des photos du tartan réalisé pour 40 millions de dinars au profit du stade communal et incendié la semaine dernière par un acte de vandalisme : «Et vous m’affirmez qu’il existe quatre gardiens rémunérés pour veiller sur le stade ? Déposez votre démission collective et laissez-nous rattraper un tant soi peu le temps perdu.» Puis, leur indiquant les tâches prioritaires de l’APC jusqu’à la rentrée sociale, l’orateur les appelle à la raison, les invitant à se ressaisir en taisant leur animosité pour faire passer tout d’abord les intérêts de leur cité et de leurs administrés. Dans le cas contraire, le wali profère la menace de dissolution de l’APC. Mais en donnant la parole aux élus, ce sont des récriminations des uns contre les autres qui fusent. D’abord de la part de ceux qui estiment avoir été marginalisés.

Les délibérations auxquelles ils ont contribué seraient restées lettre morte. Les accusés, membres de l’exécutif, se taisent. C’est un représentant du mouvement associatif qui leur apporte la contradiction : «Où étaient les spécialistes de la critique lorsque nous ramassions les saletés lors de mouvements de volontariat ? Ils nous toisaient de loin, refusant de venir mettre la main à la pâte.» Les observations les plus pertinentes ont été faites par quelques-unes des neuf femmes sur les 19 membres de l’APC.

Mais, n’arrivant pas à se constituer en force de proposition et de pouvoir, cette dernière est demeurée entre les mains des hommes qui se neutralisent, eux, organisés en clans antagoniques. Pour d’aucuns, il est manifeste qu’au bout de quatre années de couteaux tirés entre les uns et les autres, les armes n’allaient pas être rangées à la faveur de la cinquième et dernière année de mandat d’une APC sans véritable leadership dès son installation, un leadership animé par le sens civique. Aussi, sa dissolution est-elle d’ores et déjà annoncée.
 

Categorie(s): actu ouest

Auteur(s): Mohamed Kali

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