Carnet de bord des législatives 2

Elwatan; le Vendredi 17 Fevrier 2017
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- Samedi : Prudent mais optimiste, le FFS, par la voix de son premier secrétaire, Abdelmalek Bouchafa, assure que la décision de participer aux législatives est une «autre étape pour redonner espoir aux Algériens». Le responsable du parti veut assumer la décision de participer aux élections, sans pour autant être naïf sur les risques de fraude et des tentatives de récupération d’une partie de l’opposition par le Pouvoir. «Nous voulons mobiliser les Algériens autour du projet de consensus national», a-t-il martelé lors d’un meeting à Khenchela.

Un pari ambitieux pour le plus vieux parti de l’opposition. De son côté, Amara Benyounes, président du MPA, appelle à combattre le régionalisme et insiste sur la participation aux élections : «La solution en démocratie, c’est le vote», a-t-il déclaré lors d’un meeting à Tissemsilt.

- Dimanche : C’est pas gentil de dire des choses comme ça. «Nous n’avons pas de militants âgés de 80 ou 83 ans», a déclaré le pétillant Djamel Benabdesslem, président du Front de l’Algérie Nouvelle lors d’un meeting à Bouira. Cela démontre une méconnaissance incroyable du système du pouvoir en Algérie en ce début de XXIe siècle.

Par ailleurs, il ne faut jamais insulter les aïeux, les seniors, les personnes âgées dans notre culture. Info passée inaperçue, mais d’une importance capitale : des voix se lèvent dans les fiefs de Mohamed Djémaï, le sulfureux chef du groupe parlementaire du FLN, pour l’empêcher de se représenter. L’homme qui a symbolisé le règne de la «chkara» en mauvaise posture ? Ses réseaux taris ? Cela veut-il dire que les puissances de l’argent de l’époque Saadani ont été remplacées par d’autres ? L’avenir, sonnant et trébuchant, nous le dira !

- Lundi : Le ministre de la Communication, Hamid Grine, appelle les citoyens à aller voter à partir de Radio Tissemsilt. L’abstention étant, depuis toujours, le cauchemar des autorités. Il a même déclaré que «le succès des prochaines élections législatives demande les efforts des partis, de l’administration et des médias pour en faire une plateforme du développement du pays».

Le ministre a également appelé les médias à faire preuve de professionnalisme. Tous les médias ? Y compris «publics» ou «semi-publics» ? Espérons. Ould Abbès vient de l’annoncer : Boudjemâa Talai, Abdelkader Ouali, Tahar Hadjar, Ghania Eddalia, Abdelwahab Nouri, Abdelmalek Boudiaf, Aïcha Tagabou et Abdesselam Chelghoum seront les ministres portés sur les listes électorales de l’ex-parti unique. Et Sellal ? Wait and see, ou sort scellé ?

- Mardi : Optimiste aussi le RCD qui, après avoir boycotté les législatives, revient cette fois-ci avec un progamme (qu’on peut consulter sur son site) intitulé : «Un nouveau départ pour l’Algérie». Ambitieux ? «C’est ça la politique, se projeter et ne pas se contenter du climat de démobilisation générale», nous assure-ton au RCD. Tant mieux pour le parti. Mais une telle ambition, selon le RCD, «exige des institutions issues de la volonté populaire ; c’est-à-dire exemptes de fraude électorale». Là, c’est le plus gros des défis. Entre-temps, petite passe d’armes entre Abderrezak Makri et les médias.

Sur KBC, le leader du MSP a juré que jamais son parti n’a jamais capitalisé sur la «vacance du pouvoir». Le journaliste Djaafar Khelloufi, lui, porte la contradiction sur facebook en déterrant les déclarations du MSP datée du 18 novembre 2018. Bon travail de fact-checking. Autre info de la semaine : Nacer Boudiaf, fils du défunt président et héros de la guerre de Libération, se porte candidat sur la liste indépendante.

- Mercredi : On nous annonce l’installation des membres de la permanence d’Alger de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (à l’instar d’autres wilayas). Maâlich. Monsieur Lahlali, chargé de l’installation de toutes les permanences des wilayas du Centre, a affirmé à l’APS que «la principale mission de ces permanences était d’assurer une surveillance du processus électoral, à commencer par la révision des listes électorales tout en s’assurant du respect de la loi par les candidats, notamment pour ce qui est de l’interdiction de l’utilisation des moyens de l’Etat durant tout le processus électoral».

Maâlich. Faut pas gâcher le trip de nos amis «désignés» pour «surveiller» des élections «propres et honnêtes» ! Alors que la HIISE reconnaît qu’elle ne peut accéder au fichier électoral, base data primordiale pour «jouer» avec les voix des Algériens ?

- Jeudi : Merci pour l’autorisation, mais c’est un peu tard, non ? «Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales porte à la connaissance de ces formations politiques qu’elles peuvent constituer des alliances, à condition qu’elles soient signées par les premiers responsables des partis politiques qui la composent et doit revêtir un caractère national», rapporte l’APS.

Comme si les partis avaient attendus le visa de Bedoui ! Son département précise que «les services du ministère de l’Intérieur et la Haute instance indépendante de surveillance des élections doivent être rendus destinataires du document justificatif fondant cette alliance dûment signé par les responsables des partis politiques».

Par ailleurs, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, se veut alarmiste et confiant à la fois : «des parties étrangères connues tentent de s’ingérer dans les affaires du pays à travers des écrits qui manquent d’objectivité ou des rapports infondés sur la politique de réformes engagée par notre pays et sur ses réalisations socio-économiques mettant en doute son avenir prometteur». Rien que ça. C’est vrai que le monde entier nous envie !

Categorie(s): actualité actualités

Auteur(s): Adlène Meddi

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