Coup de gueule, coup de cœur : Ni roue de secours ni cric

Elwatan; le Mardi 24 Decembre 2013
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En descendant vers Bab El Oued, un encombrement monstre bloquait, ce jour-là,  les automobilistes pendant un très long moment, et dans les deux sens. La cause ? Eh bien, il s’agit tout bêtement d’un transporteur de voyageurs, de ceux qui ont clochardisé le métier, et qui avait immobilisé son bus, pratiquement en biais sur la chaussée, ce qui réduisait considérablement l’espace libre carrossable, gênant de ce fait les autres automobilistes. Mais c’est qu’il n’y avait personne pour, un tant soit peu, réguler la circulation dans les deux sens. A quoi était  due l’immobilisation de ce bus ? Eh bien, à une banale crevaison de la roue avant gauche.

Ce transporteur, censé être «prestataire de service public», n’avait ni roue de secours ni cric. De plus, s’adressant à ses passagers qui avaient payé à l’avance comme d’habitude, il leur disait : «descendez, Allah ghaleb, vous voyez bien que j’ai crevé (sic) ; ma foi, vous n’avez qu’à continuer à pied, d’ailleurs le terminus n’est pas loin.» Quant au remboursement, il ne fallait même pas y penser. Et comme ce transporteur était «estimé» de ses collègues assurant la même ligne, personne ne lui a prêté ni roue de secours ni cric. Heureusement pour lui, il possédait deux bus dans cette ligne  (eh oui !) ; donc, il devait attendre l’arrivée de son deuxième bus qui avait une roue de secours pour procéder au remplacement de la roue crevée. Cela avait duré près de deux heures, avec tout ce que cela représentait comme ennuis pour les usagers.

Certains ont été contraints de rebrousser chemin pour poursuivre leur déplacement. Compte tenu de ce qui précède, était-il verbalisable ? Oui, d’abord pour embarras de la voie publique, puisqu’il pouvait déplacer son véhicule et ne pas le laisser en biais, presque en travers de la chaussée. Et ce n’est pas parce que la roue était crevée qu’il devait impérativement s’arrêter sur place, d’autant plus que rouler quelques mètres avec une roue crevée n’allait causer aucun dégât sur le pneu. Le deuxième cas, c’est une contravention pour absence de roue de secours, car pour votre véhicule personnel vous n’êtes pas obligé, selon la loi, d’avoir une roue de secours, bien que je ne cesserai de vous recommander d’avoir une roue de secours, dont vous vérifierez régulièrement la pression en même temps que les autres roues. Par contre, les transporteurs publics doivent obligatoirement avoir une roue de secours, qu’il s agisse de bus ou même de taxi, ou de véhicule auto-école, et ce, pour ne pas laisser leurs clients en rade.

Et que prévoit la réglementation pour ce cas de figure ? Il devait d’abord avancer son bus de façon à gêner le moins possible les autres usagers. Poser un triangle de pré-signalisation à 30 mètres derrière le bus et visible à 100 mètres, charger son receveur ( ?) d’assurer un tant soit peu la régulation par alternance et réquisitionner ou louer un autre transporteur pour permettre à ses clients (qui avaient déjà payé) de poursuivre leur trajet à ses frais. En conclusion, le temps où ce métier était assuré par des professionnels et où les contrôleurs et inspecteurs des transports se déplaçaient dans les stations et vérifiaient les accessoires obligatoires que devait avoir un bus de transport de voyageurs, tels que le triangle de pré-signalisation, la boîte à pharmacie, l’extincteur et bien sûr la roue de secours et le cric est révolu. Le font-ils à présent ?


Décret 04 381 du 28 Novembre 2004


-Art. 66. — Tout animal et tout véhicule doivent être disposés de manière à ne pas constituer un danger pour les usagers de la route. Sont notamment considérés comme dangereux, lorsque la visibilité est insuffisante, l’arrêt et le stationnement à proximité des intersections de routes, des virages, des sommets de côte, des passages à niveau et des établissements scolaires et hospitaliers.
-Art. 77. — Lorsque l’arrêt ou le stationnement d’un véhicule sur la chaussée, en particulier dans les cas prévus à l’article 66 ci-dessus, constitue un danger pour la circulation ou si tout ou partie de son chargement tombe sur la chaussée sans pouvoir être immédiatement relevé, le conducteur doit assurer la pré-signalisation de l’obstacle dans les conditions fixées par un arrêté du ministre des transports. A bon entendeur !

 

Categorie(s): auto

Auteur(s): Mohamed Lazouni

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