Crise malienne : Les ennemis de la paix dans le collimateur de l’ONU

Elwatan; le Jeudi 12 Avril 2018
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Les Etats-Unis et la France ont annoncé hier que l’ONU allait entreprendre, dans les prochaines semaines, une identification des Maliens qui font obstruction à la paix dans leur pays, en vue de leur imposer des sanctions. «Les retards conséquents» dans l’application de l’accord de paix de 2015 «nous conduisent à devoir aller plus loin», a souligné l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Mali.

«Aucun progrès substantiel n’a été réalisé dans l’application de l’accord» de paix «et nous souhaitons travailler avec nos partenaires pour identifier les responsables et prendre les mesures qui s’imposent», a abondé Amy Tachco, diplomate américaine, en évoquant la perspective de sanctions.

François Delattre a précisé en outre que «la France engagera avec ses partenaires dès les prochaines semaines (...) un travail visant à identifier ceux qui font obstruction à la mise en œuvre de l’accord de paix». L’objectif est de viser «dans un premier temps une série de responsables qui nuisent à l’application de l’accord sur le terrain, notamment par leur collusion avec des groupes terroristes ou des activités de trafic», a indiqué le diplomate français, selon l’AFP qui rapporte l’information.

L’émissaire de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a aussi souligné qu’il était, pour les Maliens, «temps de passer des promesses aux actes en respectant les échéances convenues». Plusieurs pays, comme l’Ethiopie, ont affiché leur insatisfaction devant l’absence de progrès. La Chine a appelé quant à elle «à un rôle constructif du comité de sanctions» de l’ONU, tout en demandant «à la communauté internationale de respecter la souveraineté du Mali».

Fin janvier, le Conseil de sécurité avait accordé jusqu’à fin mars aux parties maliennes pour montrer des avancées dans l’application de l’accord de paix signé en 2015, faute de quoi elles s’exposeraient à des sanctions pour obstruction. En septembre, il avait adopté un régime général de sanctions face au risque d’effondrement de l’accord de paix.

Une fois des individus et/ou entités identifiées, le Conseil de sécurité peut décréter des interdictions de visas et geler des avoirs. L’accord de paix conclu en 2015 à Alger a été signé par le gouvernement malien avec des coalitions de groupes armés. Mais depuis, la situation n’a pratiquement pas évolué sur le terrain et le pays est toujours aussi peu sûr.
 

Categorie(s): monde

Auteur(s): R. I.

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