Entreprises françaises en Algérie

Elwatan; le Lundi 19 Novembre 2007
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A l'ambassade de France à Alger comme dans les deux consulats généraux d'Oran et de Annaba, M. Bouteillet, le ministre délégué chargé des affaires économiques auprès de l'ambassade de France a entamé, depuis quelques semaines, le décompte des entreprises françaises en activité en Algérie. Il n'en a pas trouvé beaucoup.

Annaba. De notre bureau

Ces compatriotes ne semblent pas vouloir prendre position sur ce marché algérien cossu de 32 millions d'habitants. A l'approche de la visite officielle de 3 jours annoncée pour début décembre 2007 de Nicolas Sarkozy président de la république française, les langues des diplomates et opérateurs économiques français, se délient. A Annaba , M Gerald Martin, consul général de France, a estimé que les algériens négocient mal l'entrée des projets d'investissement français sur leur marché."Les hommes d'affaires français ne trouvent pas d'interlocuteurs ou de structures fiables pour les orienter. Ils hantent les couloirs de notre consulat pour tenter d'en savoir plus. Ils y viennent pour trouver un quelconque accès à l'information qui les intéresse dans les domaines de l'investissement ou du partenariat dans une des 14 régions de l'Est de l'Algérie sur lesquelles rayonne notre institution" a noté ce diplomate. Il est vrai que, exception faite de ceux "recommandés" par le haut lieu à Alger, les investisseurs étrangers naviguent à vue durant leurs déplacements dans différentes régions de l'Algérie. Les représentants du groupe Houlier spécialisé dans la transformation et la commercialisation des produits phosphatés sont de ceux là. Ce groupe a pour références, les importants investissements directs qu'il a engagés ces dernières années en Amérique Latine et en Ukraine. Ce qui lui permet d'être présents dans 35 pays du monde avec cinquante usines de production. Actuellement, il se positionne en leader de la production des engrais en Europe. L'Algérie figure sur son programme d'investissements directs à réaliser dans une des régions de l'Est du pays. C'est dans ce cadre qu'il a multiplié ses allées et venues en Algérie. Dans ses valises, il a ramené un projet d'investissement direct de 3 milliards de dollars. Apparemment insuffisant pour lui ouvrir certaines portes des responsables algériens. Adressées à plusieurs membres du gouvernement algérien, ses demandes de rendez vous restent sans suite. M Daniel Houlier, le big-boss du groupe était lui-même à Annaba , accompagné de M. Lakhdar Mebarki, président directeur général du groupe algérien Ferphos. Interrogé sur sa présence à Annaba, M Daniel Houlier s'est limité à répondre : "Je suis venu pour faire beaucoup de choses en investissement direct pour peu que l'on me le permette". C'est dans le même ordre d'idées qu'a répondu M.Mebarki : "N'oubliez pas que je n'ai rien à voir avec le gisement de fer de Ghar Djibilet. Pour le moment mon groupe s'intéresse au phosphate". Très active et omniprésente sur le terrain des contacts entre hommes d'affaires de différents pays du monde sous le précédent collège de gestion, la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) Seybouse n'est plus qu'une bâtisse creuse. Ses ambitions d'avant 2006 de se positionner en facteur incontournable de développement économique de toute la région, ont fondu comme neige au soleil. "Lors de la rencontre de la CCI Seybouse animée par notre chargé des affaires économiques, J'ai remarqué qu'il n'y avait pas de journalistes.Cela m'a étonné", a affirmé M Gerald Martin. Il a ajouté : "Beaucoup de nos compatriotes hommes d'affaire nous rendent visite pour s'inquiéter de la situation sécuritaire. Nous les rassurant sur la base de données réelles et fiables. Beaucoup ont dans leurs bagages des projets d'investissements ou de partenariat. Souvent, ils ne trouvent pas l'interlocuteur algérien du niveau espéré". L'absence totale de relation de travail des institutions algériennes officielles et autres est soulignée par ce diplomate. La lente évolution des investissements français en Algérie serait due, selon notre interlocuteur, aux responsables locaux. Ce qui pourrait démentir ce que les algériens qualifient de"frilosité" des investisseurs français à s'engager en Algérie. Cette "sourde oreille généralisée"serait pour beaucoup dans le nombre très réduit des sociétés françaises sur le sol Algérien. Ce sont généralement de petites et moyennes entreprises de services. OTV pour l'assainissement, Tipco la maintenance téléphonique, la bavaroise production de la bière, Alstom l'entretien du barrage de Beni Haroun et de la station de traitement de Oued El Ménia, la société des Eaux de Marseille, Rachel pour la réalisation de la voie ferrée , Colas et Razel pour les infrastructures routières, Cegelec pour la sécurisation du nouveau terminal de Skikda, sont les sociétés les plus connues. D'autres comme Bouygues, le groupe franco-italien spécialisé dans la réalisation des tramways, Total, Houlier, la Marseillaise et la Lyonnaise des Eaux envisagent ou l'ont déjà fait, de s'installer en Algérie. Cette dernière ambition est partagée par beaucoup d'autres sociétés françaises spécialisées dans l'hôtellerie, la restauration et le tourisme. Elle est le fait des dernières démarches engagées par le gouvernement algérien.Préoccupé par les conséquences de ce qui parait être une anorexie des investissements directs étrangers en Algérie, il a sorti de ses cartons un dispositif. Celui-ci a pour objectif de stimuler les investisseurs des pays de l'Union Européenne, notamment ceux du bassin méditerranéen. Loin d'être perturbés par Michelin Algérie, les investisseurs français activent en étroite collaboration avec la Direction des Relations Economiques extérieures, son personnel diplomatique et ses réseaux des chambres de commerce. Ils entretiennent également des contacts fréquents et réguliers avec UBI/France ou Centre français du commerce extérieur (CFCE), avec le Comité français des manifestations économiques à l'étranger (CFME), l'Agence pour la coopération technique, industrielle et économique (Actim).
Tous ces organismes supposés travailler à
la promotion des échanges avec l'étranger mais nullement représentés dans notre pays, ont mis ces derniers mois les bouchés doubles pour peaufiner le dossier Algérie. C'est justement dans ce cadre que l'ambassade de France à Alger envisage d'installer prochainement un délégué itinérant des affaires économiques chargé des relations avec les régions de l'intérieur de l'Algérie.
L'idée d'installer un même type de délégué mais permanent dans chaque consulat en Algérie, est actuellement à l'étude au ministère français des affaires étrangères.

Categorie(s): supplément économie

Auteur(s): A. Djabali

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