Innovations technologiques, Etudiants cherchent désespérément soutien

Elwatan; le Mercredi 13 Juin 2018
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Mais ils n’ont pas trouvé une entreprise ou autre accompagnateur à même de parfaire leur produit, le fabriquer et le commercialiser en Algérie et ailleurs. Etudiants en 1re année Master au département de mécatronique de l’université de Boumerdès, Tazrouti Idriss Zakaria et Bouaâma Abdellah du département d’informatique, débordent de génie. «Les gants qu’on a conçus traduisent le langage des signes en vocal. Ils peuvent aider les sourds-muets en leur facilitant l’apprentissagen, comme ils peuvent leur faciliter l’orientation.

Certes, aujourd’hui les personnes ayant ce handicap peuvent se procurer des appareils d’audition, mais ils ne peuvent pas parler. Avec ces gants, ils peuvent traduire leur pensée ou idée en paroles. Donc, ils peuvent communiquer avec autrui», explique Idriss Zakaria, rencontré hier à l’Institut national de génie mécanique (INGM) lors d’une exposition des dernières innovations des étudiants. «Ils ont créé quelque chose d’assez spécial.

Leur invention a une dimension internationale», reconnaît le professeur Ben Azouz Djamel, chef d’atelier et directeur de laboratoire au même institut. Pour parfaire le projet, Idriss Zakaria dit avoir établi des contacts avec un opérateur téléphonique où il a suivi un stage. «Les gants ont été simulés il y a plusieurs mois. Il ne manque qu’un capteur afin qu’ils puissent être utilisés. On attend l’appel des responsables de cet opérateur téléphonique et ce qu’on va nous proposer, car moi et mon camarade nous n’avons pas les moyens pour aller loin», avoue-t-il. Elu président du club scientifique de sa faculté, notre interlocuteur déplore l’indisponibilité de composants électroniques en Algérie. «A Boumerdès, il y a un seul magasin qui vend ces articles (hardware), mais à des prix inabordables.

A Alger, il n’y en a que trois. Cela constitue un vrai obstacle à la création» se désole-t-il. Outre ses activités au sein de l’université, Idriss Zakaria multiplie les initiatives pour promouvoir la recherche et l’innovation au sein des lycées. «Les gens croient que ces domaines sont l’apanage des universitaires, alors qu’ailleurs, dans les pays développés, beaucoup d’innovations ont été le fruit de collégiens et de lycéens», argue-t-il avant d’annoncer la création dans une semaine d’un club scientifique au lycée de Boudouaou. D’autres étudiants de la faculté ont exposé leurs travaux et attendent le soutien nécessaire pour les concrétiser dans les faits. C’est le cas de Sebaa Fateh et son camarade Tria Ahmed, étudiants en L3 électronique qui ont conçu un capteur d’obstacles. «Un appareil qui indique même la distance qui nous sépare d’un quelconque danger, ce que les capteurs en usage actuellement n’assurent pas», soulignent-ils.

Touzout Walid, doctorant en mécatronique a, lui, présenté un projet d’une maison intelligente où la lumière, la climatisation, la sécurité, le détecteur de gaz sont reliés au réseau internet et manipulés grâce à une application android. Deux autres étudiants, Saïdi Koçaila et Bouguara Merwa, eux, ont conçu un appareil de détection de risques à la maison qui permettrait de contacter l’occupant en cas de danger, tel que le vol, une fuite de gaz, un incendie, etc. Ces jeunes innovateurs se sont tous plaints «du manque de moyens et d’accompagnateurs» pour développer leurs projets.
 

Categorie(s): etudiant

Auteur(s): Kebbabi Ramdane

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