L’espoir d’Alger

Elwatan; le Mercredi 10 Aout 2016
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Le léger frémissement des prix du pétrole sur les marchés européens, constaté au lendemain de l’annonce d’une réunion informelle, en septembre à Alger, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en marge du Forum international sur l’énergie, suffit-il à apporter une dose d’optimisme ? Les experts sont plus prudents que le président de l’Organisation, le ministre qatari Mohammed Bin Saleh Al Sada, qui a clairement affirmé que «le rétablissement de la stabilité et de l’ordre dans le marché pétrolier» est une des priorités largement partagée par les quatorze  pays membres de l’Organisation.

Faut-il rappeler que lors de la dernière réunion ordinaire de l’OPEP, en juin, ils s’étaient déjà séparés sans qu’un accord soit trouvé pour faire face à la surabondance de l’offre sur les marchés ? Les prix, qui ont accusé une légère reprise momentanée pour chuter peu de temps après de 50 à 40 dollars, démontrent ainsi l’extrême volatilité des marchés. Ces réactions favorables aux producteurs sont loin de contrer les effets d’une production plus qu’excessive, sans un accord réel autour de son gel. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé puisqu’en effet, peu avant leur réunion ordinaire, les membres de l’OPEP s’étaient retrouvés pour discuter d’un gel de la production à son niveau du mois de janvier de l’année en cours. En vain. Des divergences entre l’Arabie Saoudite et l’Iran — qui marque son retour sur les marchés après la levée des sanctions occidentales à son égard — sont apparues avant la rencontre, rendant ainsi tout accord impossible. Depuis, de plus en plus de pays — à l’instar de l’Algérie qui reste une voix écoutée en dépit de sa modeste production — espèrent que les uns et autres puissent s’entendre sur un gel de la production.

Ceci est d’autant plus vrai que certains pays, comme le Koweït par exemple, connaissent pour la première fois depuis 16 ans leur premier déficit budgétaire, même s’il est vrai que ce n’est pas encore la banqueroute. Contrairement au Venezuela, autre grand producteur latino-américain, qui lui, par contre, est en proie à de grandes difficultés économiques et à des tensions sociales d’une rare intensité. C’est dire combien cette réunion informelle d’Alger en septembre représente, pour nombre de pays pétroliers, une occasion et une chance sans doute de parvenir à une entente autour d’un gel de l’offre entre membres et non membres de l’OPEP. Mais d’ores et déjà, le consensus s’annonce difficile à trouver entre les uns et les autres, d’autant que la Russie, autre grand producteur, s’est montrée disposée à prendre part à des discussions sur un gel de la production, même si, pour le ministre russe de l’Energie, «cette question n’est pas essentielle pour le moment». Pour ce dernier, des prix variant entre 40 et 50 dollars se situent à un niveau plus ou moins normal. A moins de 40, là une telle action serait nécessaire. La prudence est donc de mise. Quant à l’Algérie, il est attendu d’elle, d’ici septembre, un déploiement de toute sa diplomatie et de ses capacités de concertation avec les pays de l’OPEP pour faire de la réunion d’Alger un succès.
 

Categorie(s): edito

Auteur(s): Reda Bekkat

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