«La réunion de Paris risque d’être contre-productive»

Elwatan; le Mercredi 30 Mai 2018
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Le président Emmanuel Macron a réuni hier les quatre principaux responsables libyens : le Premier ministre, Fayez Al Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays, le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah Issa, et celui du Conseil d’Etat, Khaled Al Mishri. But de cette rencontre : un engagement de tout faire pour que des élections (présidentielle et parlementaires) se tiennent d’ici la fin de l’année.

L’ICG souligne ainsi dans une note écrite publiée lundi que «l’absence, par exemple, de la ville de Misrata, qui compte les groupes armés les plus puissants et les hommes politiques les plus influents dans l’Ouest libyen, peut être un important handicap». «Un certain nombre de Libyens ont été invités à participer en marge de la réunion mais ne seront pas invités à signer l’accord», ajoute l’ICG, selon l’AFP qui rapporte l’information.

Cette approche, précise encore l’ICG, n’a pas plu notamment à la délégation de la ville de Misrata qui «a refusé de se rendre à Paris lorsqu’elle a été informée qu’elle ne serait pas traitée de la même manière que les quatre autres délégations». International Crisis Group considère en outre que la tenue d’élections cette année en Libye est irréaliste d’un point de vue strictement technique, ajoutant que «ni le cadre légal ni le cadre constitutionnel ne sont en place : des obstacles qui peuvent s’avérer impossibles à surmonter dans un court laps de temps».

L’ICG suggère de s’en tenir à une déclaration de Paris «ouverte» et sans engagements écrits, au risque d’attiser encore les tensions et l’hostilité des parties qui se sentent exclues ou marginalisées par l’initiative française. «Beaucoup trop de travail doit encore être fait pour qu’un effort visant à la stabilisation du pays aboutisse en Libye à un accord sur (...) une stratégie politique, économique et de sécurité viable à laquelle un large éventail d’acteurs libyens et leurs soutiens internationaux peuvent souscrire.» «L’initiative française n’offre pas cette perspective, mais elle a l’ambition d’établir des échéanciers et de demander des engagements qui nécessiteraient un soutien plus large», a estimé l’ICG.

 

Categorie(s): monde

Auteur(s): Aniss Z.

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