Migration des étudiants algériens : L’hémorragie continue... : 32 000 demandes de visa d’études en 2017

Elwatan; le Mercredi 20 Juin 2018
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Selon des statistiques rapportées par la presse, pas moins de 8 600 étudiants algériens ont accédé aux universités françaises en septembre 2017, alors que le nombre de demandes déposées en vue d’étudier en France avoisinait les 32 000, durant la même année, contre 28 000 dossiers en 2016. «La France est de loin le premier pays d’accueil des étudiants algériens poursuivant leur cursus à l’étranger.

La France consacre à l’Algérie son premier budget de coopération universitaire et de recherche : plus de deux millions d’euros», avait révélé l’ambassade de France. L’Algérie a la 3e communauté estudiantine en France, après la Chine et le Maroc. Selon des observateurs, ce rush devrait se poursuivre dans les années à venir à cause du chômage galopant qui affecte cette frange de la société qui arrive annuellement sur le marché du travail, mais aussi en raison de la situation socioéconomique et politique délétère que traverse le pays.

Pour la majorité des étudiants, un visa d’études est la seule panacée pour s’installer dans ce pays connu et reconnu pour la qualité de son système d’enseignement, tandis que d’autres expliquent leur choix par leur désir d’améliorer leurs compétences.

«Personne ne quitte volontairement un endroit où il fait bon vivre. De surcroît lorsqu’on laisse derrière soi des souvenirs qui nous ont marqués, façonnés, des amis d’enfance, de jeunesse et même des collègues de travail avec lesquels nous avons créé des relations d’amitié, et puis il y a la famille irremplaçable avec laquelle nous avons partagé les bons et les mauvais moments», nous dit l’universitaire et écrivain Ahcène Hédir, installé en France.

Il témoigne: «Dans mon cas, ma première préoccupation était de découvrir un laboratoire qui pouvait adhérer et réaliser mon rêve. J’avais finalisé un projet de fin d’études à l’Ecole polytechnique d’Alger, après un stage dans une entreprise française située à Jijel. J’avais eu l’occasion d’élaborer un logiciel informatique qui pouvait prévoir et apporter des solutions aux glissements de terrain. Un problème récurrent dans plusieurs régions et de nombreux projets routiers et autres.

J’avais donc demandé une bourse d’études qui m’a été refusée. Puis, je me suis résolu à aller en France où j’ai été hébergé par un ami pendant plus d’un mois, ce qui a rendu simples les démarches administratives et autres.» Mohammed Ouamrane, enseignant au département d’informatique de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, qui a fait ses études aux Etats-Unis avant de rentrer au bercail, où il a ouvert une école de formation privée dans les années 1990, nous confie : «Les étudiants veulent partir comme tout le monde car il y a un manque de perspectives, aucun avenir.

Pas de travail, pas de logement. Puis, demander un visa d’études vous donne plus de chances d’être accepté. D’autre part, les étudiants pensent, souvent à raison, qu’une fois le diplôme français acquis, il sera alors possible de se faire une situation : trouver un travail, un logement. Les meilleurs étudiants sont plus ambitieux, ils veulent faire médecine, faire de la recherche. En effet, plusieurs de nos ex- étudiants occupent des postes assez importants.

En particulier ceux qui suivent des études d’informatique et des technologies nouvelles. On a des anciens étudiants qui sont directeurs de labo de recherche, membre du CNRS, etc.» Il faut dire que malgré les difficultés rencontrées en France, nos diplômés n’ont pas hâte de rentrer au pays.

Leur situation est particulière par rapport aux autres étudiants étrangers, a relevé le rapport 2017 de l’Organisation de la coopération et du développement économique (OCDE) sur le recrutement des travailleurs immigrés en France, qui souligne que «régis par l’accord franco-algérien de 1968, les étudiants de ce pays ne bénéficient pas des nouvelles dispositions facilitant le séjour des étudiants et leur maintien sur le territoire».

Cet accord pénalise les étudiants algériens, les privant de plusieurs privilèges accordés à d’autres étudiants, notamment l’octroi de l’autorisation provisoire de travail qui semble limitée pour l’étudiant algérien.
 

Categorie(s): une

Auteur(s): Ahcène Tahraoui

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