Mort de la légende du rock, Chuck Berry, Réagissez

Elwatan; le Lundi 20 Mars 2017
137589


Son décès a été prononcé l’après-midi à 13h26 locales (17h26 GMT). Le «godfather» du rock’n’roll, Chuck Berry, est celui qui a révolutionné cette musique juvénile et rebelle avec des riffs énergiques «solid rock» sur les mythiques titres Sweet Little Sixteen, Maybelline (une marque de rouge à lèvres de l’époque qui est toujours un cosmétique actuel), Rock’n’roll music, You can never tell, Nadine, No particular place to go, My ding-A-ling, Memphis, Tennesse ou encore Roll over Beethoven.

«Le frisson de voir mon nom de Noir»

La chanson qui lui a toujours collé à la peau est immanquablement Johnny B. Goode. La preuve ! Elle sera reprise par… The Beatles, The Rolling Stones, Elvis Presley, Bill Haley, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, Jimi Hendrix, et plus tard par Elton John, Huey Lewis, AC/DC et Aerosmith. Et même par Peter Tosh de par une cover (reprise) reggae. C’est dire de l’aura, voire la magie dégagée par Johnny B. Goode. «La chanson est née lors d’une tournée en 1955, à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Un endroit que j’avais toujours voulu visiter depuis que j’écoutais les paroles de Muddy Waters Going Down to Louisiana. Cette inspiration, combinée avec des petits morceaux d’histoire de mon père et le frisson de voir mon nom de Noir figurant partout dans la ville. Dans l’une des villes qui faisaient dans le commerce des esclaves. Cela s’est transformé en Johnny B. Goode... », expliquera-t-il dans son texte.

«Tout a commencé avec Chuck Berry. Il nous a tous inspirés»

C’est presqu’un lien filial que les artistes entretiennent avec lui. Mick Jagger, leader des Rolling Stones, soulignera : «Ses paroles ont brillé sur les autres, émettant une étrange lumière du rêve américain. Chuck, tu étais formidable, ta musique est gravée en nous, à jamais.» Tout comme Ringo Starr, ex-Beatles (survivant avec Paul Mccartney) : «R.I.P et paix et amour Chuck Berry, M. rock’n roll musique.» Bruce Springsteen, le «Boss» du New Jersey, saluera sa grandeur : «Chuck Berry était le plus grand pratiquant de rock, le plus grand auteur de rock’n’roll pur, à jamais…», ainsi que Rod Stewart : «Tout a commencé avec Chuck Berry. Il nous a tous inspirés.» Quand on lui demande, dans le magazine Rolling Stone, s’il se considérait comme l’un des inventeurs du rock, il rétorque : «Non. Pour ça, il y a Louis Jordan. Il y a Count Basie. Nat King Cole évidemment.

Ou ce type-là, Joe Turner. Et puis, Muddy Waters, Yeux Bleus [Frank Sinatra], Tommy Dorsey… J’ai juste le sentiment d’avoir puisé mon inspiration, mon apprentissage et tout le reste chez d’autres apparus avant moi. Après quoi j’ai ajouté mon… Je ne sais même pas si j’ai ajouté quoi que ce soit. Je jouais ce qu’ils jouaient et ça sonnait diffèrent, j’imagine. Je sais que ça signifie beaucoup pour beaucoup de gens ; mais quoi précisément, ça, je l’ignore…

Donner aux gens ce qu’ils veulent, voilà la seule vérité… Je recherche dans le public celui qui est attentif. Je peux très bien jeter un œil à la salle tout en chantant My Ding-A-Ling, puis m’arrêter aussi sec et entonner The Lord’s Prayer pour peu que j’en ai repéré deux ou trois qui me donnent l’impression de débarquer de l’église. Il y a comme ça des chansons, des thèmes, qui, pour cette raison, me font monter les larmes aux yeux. Si c’est ce qu’ils veulent, je leur donne.»

Il «boxe» Kieth Richards

Chuck Berry est déjà passé dans la postérité. En 1977, l’agence spatiale NASA avait envoyé dans l’espace deux sondes spatiales Voyager I et II. A bord, un disque contenant des images et de la musique, afin de témoigner de la diversité de la vie et de la culture. Et devinez qui figure dans la playlist ? Chuck Berry et son Jonny B. Goode. Aux côtés de Mozart, Bach, Beethoven ou encore Stravinsky.

On garde de Chuck Berry, cet entertainer et son fameux «duck walk» (marche du canard) qui fera école et dont le disciple, Angus Young, guitariste du groupe australien AC/DC en est l’évidence. Celui qui donne un coup de poing dans la figure de… Kieth Richards, guitariste des Rolling Stones.

Car il avait osé toucher à la guitare du maître. Kieth Richards dira plus tard que «c’était le plus grand ‘‘hit’’ de Chuck Berry». Celui qui rabroue le guitar hero, Eric Clapton, dans le film documentaire Hail, Hail, Rock’n’roll  de Taylor Hackford. Chuck Berry était entier.
«Plus compliqué, plus difficile, plus diabolique…»

«Chuck était plus difficile que n’importe quelle autre star de cinéma avec qui j’ai travaillé. Plus compliqué, plus difficile, plus diabolique. Diabolique est un terme approprié. En même temps, je l’ai totalement aimé… Il était la figure la plus importante dans le rock’n’ roll. Chaque gars du rock’n’roll commence par jouer des chansons de Chuck Berry… J’adore Chuck Berry, mais chaque jour était une négociation. Ce n’est pas une exagération de dire qu’il était l’étoile la plus difficile que j’ai jamais connue, aussi compliqué et talentueux que n’importe qui que j’ai jamais rencontré. Il m’a laissé entrer dans sa vie…», se souviendra le réalisateur Taylor Hackford. Donc, Chuck Berry est parmi les étoiles comme dans le film Back to The Future (Retour vers le futur). D’ailleurs, l’acteur Michael J. Fox y joue… «Johnny B. Good».



 

Categorie(s): culture

Auteur(s): K. Smaïl

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..