Or et pétrole

Elwatan; le Mardi 16 Aout 2016
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Alors que tous les yeux de la planète sont rivés sur les Jeux olympiques de Rio, ceux des Algériens se tournent en ce moment non seulement vers Taoufik Makhloufi avec l’espoir d’une médaille – pourquoi pas en or – pour l’Algérie, mais aussi vers les marchés pétroliers dans l’attente d’une hausse durable des cours de l’or noir. Celle-ci signifierait pour beaucoup d’entre nous, sinon la majorité, moins d’inquiétude à se faire au quotidien pour les mois, voire les deux ou trois années à venir.

Malheureusement, les nouvelles qui parviennent des salles de courtage de Londres et de New York sont loin de conforter l’espoir qu’avait suscité l’annonce de la tenue, fin septembre prochain à Alger, d’une réunion informelle de l’OPEP. Espoir qu’un accord soit enfin trouvé entre tous les pays membres de l’Organisation pour aller vers un gel de la production – y compris celle proposée par les producteurs que sont la Russie et la Norvège – face à l’effondrement du prix du baril. Et ce, alors que la demande internationale en or noir est plus que déclinante, plombée par une reprise économique internationale qui tarde à se manifester.

Le rebond qu’ont connu les prix du brut dans le sillage de l’annonce de la réunion d’Alger a été de courte durée et ceux-ci n’ont fait que revenir à leur niveau que des experts, à l’instar du ministre russe de l’Energie, considèrent comme «normal» au regard de la conjoncture internationale actuelle. Pour beaucoup d’entre eux, tant qu’ils ne se situent pas sous les 40 dollars, il n’y a pas péril en la demeure.

Les Saoudiens, à l’origine de cette course à la production pour gagner des parts de marché face aux grands producteurs non OPEP, n’en pensent pas moins, d’où la prudence pour ne pas dire le scepticisme de voir les prix remonter à un niveau qui rassurerait les Algériens. Et ce, en dépit des prévisions optimistes formulées par la Banque d’Algérie soutenant que contrairement à celles de la Banque mondiale, les réserves de change en 2018 seront à un niveau supérieur à 60 milliards de dollars. L’institution financière algérienne soutient en effet que les exportations de brut vont augmenter tout comme il est attendu, selon les estimations du Fonds monétaire international, une reprise à la hausse des cours pour les deux prochaines années.

Et que, de toutes les manières, pour les trois prochaines années, l’Etat ne dépensera pas plus qu’il n’a de recettes et qu’entre autres on importera moins par rapport aux années précédentes ! Même si, officiellement, on tient à mettre en confiance qu’il n’y aura pas de coupes budgétaires dans les dépenses publiques ni autre «dégraissement» dans les grands secteurs d’emploi, il n'en demeure pas moins que pour l’instant les inquiétudes subsistent.
 

Categorie(s): edito

Auteur(s): Reda Bekkat

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