Sidi Bel Abbès : Disette culturelle en période estivale

Elwatan; le Mardi 16 Aout 2016
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L’activité cultuelle à Sidi Bel Abbès en prend un sérieux coup cette année, en raison des restrictions budgétaires frappant le secteur. Contrairement aux années précédentes, les financements publics alloués à l’organisation d’événements culturels ont chuté de manière drastique.

La suppression, en avril dernier, du Festival du théâtre professionnel, qualifiée de «scandaleuse» par les amateurs du 4e art, préfigurait déjà ce qu’allait être l’été culturel à Sidi Bel Abbès. La période juillet-août accueille habituellement les festivals du raï et des danses populaires. Cette année, la 9e édition du Festival du raï aura lieu du 24 au 26 août, selon la direction de la culture. Trois soirées sont ainsi prévues, alors que, depuis sa création en 2008, cet événement culturel s’étalait généralement sur une semaine.

Pour ce qui est de la 12e édition du Festival des danses populaires, elle change de périodicité et aura lieu en 2017. Si pour certains, le réaménagement de la carte des festivals s’est révélée «nécessaire» afin de réduire les dépenses et améliorer les prestations, d’autres estiment par contre qu’il constitue un aveu d’échec des organisateurs de ces manifestations. Incapables d’assurer l’autonomie financière de ces rendez-vous culturels, les commissaires de festivals, désignés tous par le ministère de la Culture, se sont contentés, dans leur majorité, de dépenser les aides publiques qui leur ont été octroyées.

Des dépenses, souvent fastueuses, renvoyant une image négative de festivals sans âme et loin de contribuer à la préservation du patrimoine matériel et immatériel de la région. «Si un tour de vis s’avère aujourd’hui nécessaire pour certains festivals, cela ne pourrait justifier l’annulation d’autres», considèrent des artistes locaux, pour qui ces événements culturels constituent les rares occasions d’exprimer leur talent. Pour la population locale, le recul en matière d’animation culturelle a été largement ressenti en cette période estivale.

Dans la ville de Sidi Bel Abbès, les journées d’été se suivent et se ressemblent. Elles sont loin des jours d’antan. Même les quelques associations culturelles qui avaient l’habitude d’entretenir un semblant d’activité, ont déserté les espaces publics. Non pas seulement en raison des restrictions budgétaires, mais surtout en l’absence d’une réelle politique culturelle volontariste et réfléchie.

Categorie(s): bel abes

Auteur(s): Abdelkrim Mammeri

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