Sortie ratée des Verts A’ face à la Libye : Le fruit du «tout professionnel» ?

Elwatan; le Mardi 15 Aout 2017
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Beaucoup n’ont pas hésité à faire le procès des joueurs et de la nouvelle équipe fédérale fraîchement installée aux commandes de la fédération. C’est la poursuite de la mystification engagée depuis le choix de l’option du tout professionnel. Les tenants de cette politique instaurée au milieu des années 2000 se savaient condamnés à faire partie du Big Four africain.

Pour atteindre cet objectif, deux options s’offraient à eux : s’inscrire dans le long terme, c’est-à-dire jeter les bases d’une vraie politique de développement qui demanderait des années de labeur et de sacrifices, ou bien faire comme de nombreux pays du continent : battre le rappel de tout joueur professionnel qui joue en Europe. C’est cette option qui a été retenue.

Personne ne peut nier qu’elle a produit l’effet escompté avec deux qualifications consécutives à la Coupe du monde 2010 et 2014. Mais à quel prix ? Le football algérien tout entier a été sacrifié sur l’autel de ce choix. Une défaite comme celle de samedi est l’alibi parfait qu’exploitent ceux qui n’ont jamais voulu mettre en place une sérieuse et réelle politique de développement orientée vers les jeunes, articulée sur la qualité et l’expertise de la formation et préparation des générations à venir.

L’Etat a toujours soutenu à bout de bras le sport et le football, mais pour quel résultat ? Pendant les deux dernières décades, le football algérien a été incapable de produire du talent, de se régénérer, de revenir, au moins, au statut qui était le sien dans les années 1980. Au contraire, il a été livré à la rapine, la corruption, la violence et le non-droit. Tout cela pour simplement justifier l’option du tout professionnel. Pourtant, les deux lignes peuvent aller ensemble, cohabiter et avancer dans la même direction mais sans jamais exclure le travail à la base.

L’Algérie dispose du potentiel humain, matériel, infrastructurel pour occuper une place de choix dans le concert du football continental si, bien sûr, les responsables du football inscrivent leur action dans la durée et ne misent pas, exclusivement, sur le produit de l’école française. Si un jour la source se tarit, il faudra alors se retourner se le vivier du football interquartiers. Ce n’est ni le destin du football algérien, ni l’objectif de la politique sportive et encore moins les aspirations des milliers de jeunes qui aspirent un jour faire partie de l’élite.  
 

Categorie(s): sports

Auteur(s): Yazid Ouahib

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