Tin Fouye Tabankort (Illizi) : Champs gaziers, village déshérité

Elwatan; le Lundi 16 Janvier 2012
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Découvert en 1961, le gisement de Tin Fouyé Tabankort a été mis en service en 1963, il se compose des champs de Hassi Mazoula Sud, Hassi Mazoula, Tin Fouyé Nord, Hassi Mazoula Nord, TFT Zone 100, Djoua Ouest et TFT Ordovicien. Décrété en déclin, il est toujours en production et plusieurs multinationales y sont présentes, en association avec Sonatrach. Le village proprement dit compte 500 habitants, en majorité des Touareg, et une minorité de bergers venus s’y installer.  Le village  est entouré du côté est par Ohanet, de l’ouest par la commune de Bordj Omar Driss et le village de Bellegbour, au nord par la wilaya de Ouargla et au sud par la wilaya d’Illizi.

Constitué d’une cinquantaine d’habitations, une école primaire, une mosquée, ainsi qu’une annexe de la mairie de Bordj Omar Driss, à laquelle TFT est rattachée et dont les portes sont souvent closes, le village compte également une unité de soins qui n’en porte que le nom sachant que la prise en charge médicale de la population est assurée par Sonatrach Division Production et le groupement TFT (GTFT), une association algéro-franco-espagnole, qui est une compagnie d’extraction de gaz située à 2 km du village. C’est dire que beaucoup reste à faire pour combler le retard considérable enregistré dans le développement de cette région qui ne profite nullement des retombées de ses richesses pompées du sous-sol.

Classé aux oubliettes par les responsables locaux, Tin Fouyé est certes un petit village à faible densité de population, mais qui a le mérite d’exister et de résister à la misère et à l’oubli. Ses habitants attendent patiemment leur tour et font de l’élevage caprin et camelin leur principale occupation. Des éleveurs qui semblent garder le désert tant leur obstination est exemplaire, tandis que les pétroliers vivent dans une autre dimension, celle du travail de labeur dans des champs désertiques isolés de tout.

Le témoignage des employés affiliés au groupement TFT depuis le démarrage de l’usine en 1999, en est une preuves, s’il en est, du constat de désolation vis-à-vis des enfants du village livrés à eux-mêmes. A chaque retour sur la base de vie pour la pause-déjeuner, les bambins attendent impatiemment un geste des ouvriers, ne serait-ce qu’un fruit ou un reste de repas.

Une image désolante qui doit changer pour ces enfants de l’Algérie. L’autre calvaire des habitants est le manque de moyens de transport. Ainsi, pour se déplacer dans la ville de Bordj Omar Driss ou à In Amenas, situées à 250 km de TFT, afin de s’approvisionner et répondre aux besoins familiaux, les achats sont regroupés et se font une seule fois par semaine, la contrainte est à l’identique durant la période hivernale et estivale vu les écarts de température. Il faut attendre longtemps le bus qui mène vers Illizi ou In Amenas, se lever très tôt et ne pas désespérer.

L’alternative, parfois salvatrice, est le passage de routiers bienfaiteurs qui empruntent fréquemment la RN 3. Quant à accéder à une bibliothèque, une salle omnisports, des aires de jeu, une vie sportive et culturelle au profit des jeunes targuis livrés au désespoir, c’est autant de rêves qui ne semblent point permis pour le moment !               

Categorie(s): actu régions

Auteur(s): Nacer Laalam

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