Ventes et achats sur facebook : Un e-business en plein essor

Elwatan; le Lundi 22 Aout 2016
128519


Ils sont au moins 50 groupes affichant entre 600 et 200.000 membres qui occupent la scène actuellement. Ils se regroupent dans des «clubs» publics où tout le monde peut voir le groupe et ses membres dans le fil d’actualités, les recherches et ailleurs sur facebook, ou en groupe fermé et ce sont les seuls membres qui voient les publications. Cependant, appartenir au groupe fermé est très facile : on envoie une invitation et elle est acceptée presque instantanément. La majorité des groupes s’intéressent à tous les produits. Mais, il existe plusieurs groupes spécialisés comme ceux exclusivement intéressés par les voitures, les téléphones, les consoles et les jeux vidéo, l’immobilier, les accessoires féminins, outils et équipements, électronique, vêtements, etc. Passer une annonce est simple : on présente le produit en quelques lignes, on le photographie, on lui donne une note, sur 10, on publie et on répond au message. Il y a ceux et celles qui préfèrent négocier d’abord en MP (message privé) et ceux qui affichent directement le prix et le négocie au vu et au su de tous, ce qui donne des fois des commentaires assez acerbes.

Mourad, 32 ans, infographe dans une agence de publicité, est un mordu des pages facebook dédiées à la vente et à l’achat. «J’en suis féru, pas un jour qui passe sans que je poste des commentaires sur telle ou telle annonce. Si l’objet me plait, et si on est d’accord sur le prix, on se rencontre et on fait affaire», explique encore Amine qui a fait des annonces gratuites sur facebook un plaisir et un petit business. Ces communautés créées pour la vente et l’achat par des administrateurs locaux connaissent un réel succès.

En groupes fermés ou ouverts, ces communautés, sans frontières d’appartenance sociale ou professionnelle, sont néanmoins regroupées par wilaya (ou commune) et ce pour des raisons évidentes de proximité. Zoheir, chômeur de 28 ans, fan de bandes dessinées et de mangas japonais, explique ce choix par le fait que la transaction doit se faire rapidement. «La dernière fois, dit-il, j’ai vendu un téléphone portable le jour même de l’annonce.

Le gars m’a téléphoné, je lui ai dit où j’habitais, on s‘est vu, il s’est déplacé avec un ami à lui, véhiculé. Il a inspecté le téléphone, je lui ai remis ses accessoires, il m’a payé et voilà !» Oui mais où est le bénéfice ? «Vous savez, ajoute Zoheir, il y a beaucoup de gens qui ont besoin de liquidités immédiates. Et généralement, c’est le premier venu, premier servi. Je suis collé à mon téléphone 3G dès qu’un produit me plait, à un bon prix, je saute dessus. Tiens, la semaine dernière, j’ai pu me faire une très jolie marge avec une machine à laver en très bon état.

Je l’ai payée 20.000, je l’ai revendue 35.000. Pas mal, non ?» Cependant Zoheir sait très bien que la vente et l’achat sur facebook n’est pas un métier garanti : «Y a des fois où une semaine passe sans que je fasse la moindre affaire, et puis des fois, on perd. On croit qu’on a fait une affaire et puis on tombe sur un produit défectueux, mais que veux-tu, c’est ça essoug !» Et pourtant Zoheir n’est pas à la recherche d’un travail fixe et ne semble pas très confiant en l’avenir. J’ai toujours fais du vente-achat, avant c’était aux beaux-arts (entre les quartiers Plateau et Mdina Jdida, haut lieu du négoce, surtout la téléphonie mobile et l’électroménager), aujourd’hui, c’est sur facebook. «Je ne peux pas travailler comme ‘chahar’ (salarié au mois), je préfère la débrouille.» 

Categorie(s): oran

Auteur(s): K. A.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..