2017 : pays stable, exécutif instable

Lesoir; le Lundi 1 Janvier 2018
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L’année 2017
qui en est à son crépuscule, s’en va, sans fait particulièrement majeur
à signaler, au plan national s’entend. Au triple plan politique,
économique et social, 2017 aura ainsi été une année relativement calme,
et ce, malgré d’objectives appréhensions l’ayant précédée. Des
appréhensions bien sûr liées à la grave et persistante crise qui frappe
les marchés pétroliers depuis juin 2014 ainsi que la situation explosive
nous entourant de tous les côtés de nos vastes frontières. La situation
régionale au Maghreb et au Sahel est, en effet, le paramètre le plus
déterminant pour la stabilité en Algérie depuis l’éclatement de la crise
au Mali et l’effondrement de la Libye. Concrètement, aucune de nos
bandes frontalières n’est mutuellement sécurisée avec le voisin
concerné. Si, au sud, le Mali et le Niger, à un degré moindre, ne
peuvent faire mieux faute de moyens, l’Algérie devait assumer, à l’est,
seule, la situation de «non-Etat» en Libye et compenser la modestie de
l’armée et des services de sécurité tunisiens. A l’ouest, c’est
carrément à un voisin hostile et pernicieux auquel il faut constamment
faire face. Autant de défis à la fois qui mettent l’armée algérienne sur
la brèche, en permanence, ce qui exige des moyens colossaux, matériels
et humains. Mais le résultat est incontestable : la situation
sécuritaire est parfaitement maîtrisée, intra et extra-muros. Aucun
attentat d’envergure n’est à signaler et les groupes terroristes sont
réduits à d’insignifiants groupuscules qui essaiment certaines régions
montagneuses ou désertiques. Ce n’est pas un hasard qu’aucun attentat
terroriste n’a touché Alger depuis une décennie. Sur ce plan de la
maîtrise de la situation sécuritaire, l’Algérie aura indéniablement
réussi son pari, cette année encore et pouvait, dès lors, se charger
d’autres préoccupations majeures. Comme toujours, il y a d’abord le
front social que le pouvoir surveille comme le lait sur le feu. Malgré
une situation financière très critique, aucun risque n’est pris sur ce
terrain que Abdelaziz Bouteflika redoute plus que tout ! La preuve ?
Rappelons-nous la surprenante décision de l’été dernier relative à
l’organisation d’une seconde session pour les examens du bac ? Aussi, et
comme c’est devenu la tradition, le montant réservé aux transferts
sociaux aura également augmenté dans le budget prévu pour la loi de
finances pour 2018. Globalement, l’année qui s’estompe n’aura été
marquée par aucun grand mouvement social du genre qui agitait
habituellement les secteurs de l’éducation ou de la santé. Même les
élections organisées cette année n’auront pas réussi à «perturber » ce
climat général marqué par la détente. Les élections législatives du 4
mai ainsi que le double scrutin du 23 novembre dernier ont consacré une
nette domination du parti majoritaire, le FLN, en même temps que la
déroute sans précédent du courant islamiste. A tel point que Abdellah
Djaballah annonce son retrait de la vie politique, dans l’indifférence
générale ! Ce triple rendez-vous électoral pour les législatives, les
communales et les wilayales n’ont, en tout cas, débouché sur aucun
mouvement de contestation de fraude. Paradoxalement, la seule séquence
d’agitation notable de l’année, concerne le… gouvernement !
Incontestablement, l’affaire Tebboune aura ainsi constitué le seul fait
politique marquant de l’année 2017. Arrivé contre toute attente à la
tête du gouvernement le 24 mai 2017, Abdelmadjid Tebboune sera limogé
moins de trois mois plus tard, le 15 août précisément. Entretemps, il
aura marqué l’été 2017 par sa «croisade» contre le patron des patrons,
Ali Haddad. La suite, tout le monde la connaît ! Au chapitre des grandes
déceptions de l’année, c’est, sans doute, la sélection nationale du
football qui éclipsera tout le reste ! Difficile de faire pire, en
effet, que les Verts qui entamaient l’année par une peu glorieuse
élimination au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations, organisée
en janvier 2017 au Gabon, et qui bouclent l’année par une humiliante
autre élimination, pointant en bons derniers, de leur groupe pour les
qualifications au Mondial de Russie en 2018.
Kamel Amarni
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET LOCALES
La mainmise du duo FLN-RND confirmée
L’année qui s’achève, comme tous les cinq ans, en
respect des dispositions constitutionnelles, a été celle des élections
avec le déroulement de deux scrutins.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - D’abord celle des élections législatives
portant renouvellement des membres de l’Assemblée populaire nationale
(APN) du 4 mai et les élections locales portant, elles, renouvellement
des membres des assemblées locales (APC et APW). Deux rendez- vous
électoraux qui ont confirmé, une fois de plus, la mainmise des deux
partis du pouvoir et à un degré moindre les partis de l’allégeance, sur
les Assemblées nationales et locales et le début du déclin, si ce n’est
déjà le cas, des partis des mouvances démocratique et verte. Le duo FLN-RND
comptabilise à lui seul 261 sièges de député, soit, plus de la moitié de
la composante de la chambre basse du Parlement, ceci sans compter ceux
des partis de l’allégeance, TAJ, MPA et autre ANR. Ce qui réduit
considérablement la présence de l’opposition, de quelque bord qu’elle
soit, à l’APN mais également dans les assemblées locales dans lesquelles
le duo FLN-RND ne lui a laissé que des miettes à l’issue des élections
locales du 23 novembre écoulé avec 603 APC et 38 APW pour l’ex-parti
unique et 451 APC et 5 APW pour son frère-ennemi. Des élections qui se
sont déroulées dans le cadre de la nouvelle loi portant code électoral
instituant, notamment, le fameux seuil de 4% de voix exprimées lors du
précédent scrutin faute d’être contraints à la collecte de 50 voix
d’électeurs pour chaque siège à pourvoir. Une disposition que
l’opposition n’a de cesse de dénoncer, la qualifiant
d’«anticonstitutionnelle». Ce qui, d’ailleurs, réduit de manière
drastique la participation des partis parmi les plus anciens sur la
scène politique. Aussi, les élections législatives et locales de cette
année ont été supervisées, pour la première fois, par la Haute Instance
indépendante de surveillance des élections (HIISE), une instance qui a
constitué, ces derniers temps, le principal cheval de bataille de
l’opposition avant que le pouvoir ne l’adopte et ne la
constitutionnalise. Une institutionnalisation pas au goût de cette même
opposition qui y voit toujours la mainmise de l’appareil administratif,
elle qui exige une instance de supervision totalement indépendante comme
c’est le cas dans nombre de pays dont le voisin tunisien. Ce qui n’a,
d’ailleurs, pas été pour faciliter les missions du président de cette
instance, l’ex-cadre dirigeant du mouvement Nahda et ancien ministre et
ambassadeur Abdelouahab Derbal, qui, dans un ultime gage de sincérité, a
plaidé, dans son rapport qu’il doit remettre au président de la
République, à une «réforme totale» du régime électoral, notamment le
système de la proportionnelle, et l'organisation de l'opération
électorale. Une réforme qui devra revoir, selon, lui, «plusieurs points
existant dans le code électoral», lui qui estime que «l'actuel code
électoral comprend des ambiguïtés et nombre de points imprécis». Pour
Derbal, il est impératif d'apporter des «précisions à ces points pour
éviter toute interprétation mauvaise du texte de loi contrairement à ce
qui est stipulé dans les articles de lois», soulignant que l'instance
œuvre à améliorer le cadre général de l'acte électoral pour parvenir au
but tracé qu'est de «garantir plus de transparence dans les élections»,
comme réclamé sans cesse par l’opposition.
M. K.
SOCIAL
La fragile trêve
Pas de mouvements de contestations spectaculaires
mais des protestations périodiques ont secoué plusieurs secteurs tout au
long de l’année qui s’achève. Qu’il s’agisse de l’éducation, de la
santé, de l’enseignement supérieur ou des collectivités locales, la
colère est latente. Des revendications en suspens viennent s’ajouter aux
menaces sur les libertés syndicales. La trêve semble très fragile et
pourrait à tout moment être rompue.
Nawal Imés - Alger (Le Soir) - Petite accalmie sur le front social mais
celà s’apparente au calme qui précède la tempête qu’à une trêve
négociée. Les syndicats des différents secteurs sont loin d’être en
hibernation. Individuellement ou regroupé au sein de coordinations
intersectorielles, ils affûtent leurs armes pour négocier ou renégocier.
Le combat est loin d’être terminé pour plusieurs corporations qui
tentent toujours d’arracher des droits difficilement concédés. Les
différents corps qui constituent le secteur de l’éducation en font
partie. Toute l’année durant, s’il n’y a pas eu de paralysie du secteur,
des mouvements de protestations ont marqué certaines wilayas, perturbant
le déroulement de l’année scolaire. A Blida et à Tizi-Ouzou, à titre
d’exemple, une grève de plusieurs semaines a paralysé les établissements
scolaires jusqu’à la veille des vacances scolaires d’hiver. Les
contestataires remettent sur le tapis des revendications liées aux
libertés syndicales notamment, se plaignant de ne pouvoir exercer sans
pression le syndicalisme pourtant reconnu comme droit par les textes. Le
pacte proposé par la ministre de l’Education en faveur d’une paix
sociale est des plus fragiles. En dépit des acquis arrachés par les
différents syndicats de l’éducation, la fin des contestations
s’apparente à un vœu pieux. Le secteur de l’enseignement supérieur
n’échappe pas à cette règle. Quasiment seul sur le terrain de la
contestation, le Conseil national des enseignants du supérieur a renoué
avec la grève en décidant de paralyser les campus trois jours durant. Le
Cnes avait auparavant organisé plusieurs rassemblements de protestation
au niveau local avant de rassembler ses adhérents face au siège du
ministère de l’Enseignement supérieur. Il s’agissait là de la dernière
démarche avant de décider de trois jours de grève pour dénoncer la
mauvaise gestion des universités, le despotisme des recteurs, les
malversations et les trafics de diplômes. Le Cnes qualifie la situation
des universités de catastrophique, ce qui augure d’autres mouvements.
D’ailleurs, le syndicat ne cache pas son intention de renouer avec la
contestation après les vacances d’hiver. Dans le domaine de la santé, la
situation n’est guère meilleure. Les ministres qui se sont succédé se
sont légué les nombreux problèmes soulevés par les représentants des
différents corps de métiers. Qu’il s’agisse des médecins spécialistes,
généralistes, résidents ou paramédicaux, les revendications en suspens
constituent autant de raisons de protester. Les paramédicaux avaient
lancé un mot d’ordre de grève avant d’y renoncer face aux assurances de
la tutelle de prendre en charge leurs revendications. Les médecins
résidents, quant à eux, ne se laissent pas amadouer. Engagés depuis
plusieurs semaines dans un bras de fer avec la tutelle, ils ne comptent
pas abandonner leur revendication principale, à savoir la suppression
pure et simple du service civil. Ni le niet du ministre de la Santé ni
les promesses de réforme du service civil n’ont eu raison de leur
engagement. Ils restent mobilisés face à une tutelle qui ne compte pas
céder sur un dossier que le ministre de la Santé avait qualifié d’«ADN
du système de santé». Toutes ces revendications restées non satisfaites
constitueront un terreau fertile pour la contestation durant l’année à
venir. Le contenu du projet du code de travail ne plaide pas non plus
pour l’apaisement. Certaines de ces dispositions pourraient mettre le
feu aux poudres et mettre définitivement fin à la très fragile trêve.

N. I.
OUYAHIA, TROISIÈME PREMIER MINISTRE EN 2017
Du limogeage surprise de Sellal au passage éclair de Tebboune

L’année 2017 s’achève, en Algérie, sur un fait inédit
: trois gouvernements se seront succédé aux affaires en seulement trois
mois ! Une séquence «à l’italienne» que le pays n’a jamais vécue
jusque-là, y compris au plus fort des crises, pourtant nombreuses au
lendemain des événements d’octobre 1988 et de la décennie du terrorisme.
L’été 2017 aura été particulièrement riche en spectaculaires
rebondissements, au plan politique.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Les choses commenceront à s’accélérer à
la veille des élections législatives du 4 mai. Le Premier ministre
d’alors, Abdelmalek Sellal, bouclait sa cinquième année à la tête de
l’exécutif, dans la difficulté. Affaibli par l’affaire du remaniement de
juin 2016, qui avait valu sa place à l’ex-secrétaire général du FLN,
Ammar Saâdani, Sellal se voit de plus en plus «débordé» par certains de
ses ministres qui ne cachaient plus leurs ambitions de le remplacer. Les
ambitions étaient telles, en effet, chez des hommes comme le ministre de
l’Intérieur, Noureddine Bedoui mais, surtout, celui de l’Habitat,
Abdelmadjid Tebboune, que l’atmosphère deviendra détonante au sein de
l’exécutif. Vers la fin de son règne, pas moins de huit ministres en
exercice n’adressaient même plus la parole à leur Premier ministre, nous
confie un membre de l’ancien gouvernement. Le plus hostile d’entre tous
sera, incontestablement, Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier connaîtra une
ascension fulgurante depuis son retour aux affaires après une traversée
du désert de dix ans. C’était grâce à Abdelmalek Sellal qui avait
insisté, nous révèle-t-on, auprès de Abdelaziz Bouteflika pour le nommer
à la tête du très sensible ministère de l’Habitat qu’il retrouvera donc
dès le 4 septembre 2012. «Les deux hommes étaient amis de très longue
date. C’est connu. D’ailleurs, lors de certaines réunions du
gouvernement, Tebboune a toujours défendu farouchement Sellal quand ce
dernier était parfois en prises avec un autre membre du gouvernement».
Ce témoignage est d’un ancien ministre du gouvernement Sellal. Or, les
relations ont commencé à se dégrader entre le chef de l’exécutif et son
ministre de l’Habitat, depuis juin 2016. Le 13 juin de cette année-là,
Tebboune est décoré de l’Ordre du mérite national par Abdelaziz
Bouteflika. Une première, pour un ministre en exercice. Cette
distinction aura comme conséquence, de renforcer le rang de Tebboune
qui, en janvier 2017 se verra, également, confier un deuxième
département, celui du commerce suite à l’hospitalisation puis au décès
de feu Bakhti Bélaib. Autant dire que, depuis, Tebboune s’imposera et se
conduira même comme un Premier ministre bis ! A l’approche des
législatives, Sellal se verra davantage affaibli lorsque Abdelaziz
Bouteflika décide de lui interdire de conduire la liste du parti
présidentiel, le FLN, à la Wilaya d’Alger. Mais, coup de théâtre, et à
la veille du lancement de la campagne électoral, Bouteflika le charge
d’animer quelques meetings au profit du FLN, ce qui le propulse
au-devant de la scène et le renforce vis-à-vis de Tebboune mais
également de l’autre grand rival, Ahmed Ouyahia. «Le Président avait
chargé Sellal de préparer son nouveau gouvernement de
l’après-législatives», nous confiait une source sûre. Effectivement, du
reste, Abdelmalek Sellal se lancera ouvertement dans une série de
consultations officielles avec les partis politiques, au lendemain même
des élections remportées par le FLN, et ce, en vue de la constitution du
nouveau gouvernement. En parallèle, Sellal avait officiellement signifié
à certains membres de son gouvernement qu’ils étaient reconduits. Au
Premier ministère, les services du Premier ministre avaient , quant à
eux, finalisé le projet du plan d’action de ce qui devait être le
sixième gouvernement de Abdelmalek Sellal. Or, nouveau coup de théâtre :
le 24 mai 2017, le directeur de cabinet de la présidence d’alors, Ahmed
Ouyahia, sera chargé de signifier à Sellal… sa fin de mission à la tête
du gouvernement ! Contre toute attente également, Abdelmadjid Tebboune
sera convoqué, en même temps, à Zeralda où Bouteflika lui annoncera sa
nomination à la tête de l’exécutif. L’ère Tebboune pouvait alors
commencer. Une ère «éclair» toutefois ! A peine deux mois et demi
d’exercice, un congé de quinze jours compris ! Tebboune entamera sa
nouvelle mission sur les chapeaux de roues. Hyper médiatisé, Tebboune se
distinguera par de grandes annonces dont la plus emblématique était
celle lancée à partir de l’APN : «Avec ce nouveau gouvernement, nous
allons séparer l’argent de la politique. Désormais, l’argent c’est
l’argent, et la politique c’est la politique» ! Il n’en fallait pas plus
pour que, quasiment l’ensemble de la classe politique, tous les grands
médias, y compris les plus farouches opposants au pouvoir soutiennent le
nouveau Premier ministre ! Le 15 juillet 2017, Tebboune mettra en
pratique son slogan. C’était à l’occasion de sa première sortie sur le
terrain, une visite d’inspection et de travail à Alger. Pour frapper les
esprits, Tebboune choisira bien sa cible : le patron du forum des chefs
d’entreprises, Ali Haddad, sera en effet prié, par les services du
protocole du Premier ministre, de quitter la salle où devait se rendre
ce dernier à la nouvelle Ecole supérieure de la protection sociale de
Ben Aknoun ! La fin de Ali Haddad ? Personne n’en doutait alors, surtout
avec l’avalanche de mises en demeure et de retraits de projets et des
commandes publiques au groupe ETRHB. C’était compter sans le rôle clé du
vrai patron de l’exécutif, celui que Tebboune avait fini par oublier de
citer à travers ses déclarations et ses communiqués : Abdelaziz
Bouteflika ! C’était sans doute cet «oubli» qui aura valu à Tebboune une
peu gratifiante «lettre de recadrage» que Bouteflika lui transmettra le
3 août 2017 à travers son directeur de cabinet et rendue publique
quelques jours plus tard ! On pouvait y lire, notamment, que «le
Président vous somme de cesser le harcèlement contre certains hommes
d’affaires», «le Président vous ordonne de débloquer toutes les
marchandises bloquées au niveau des ports», «le Président vous ordonne
d’éviter toute publicité inutile des activités du gouvernement » ! Dans
son euphorie, Tebboune avait en effet oublié une règle essentielle et
inviolable chez Bouteflika depuis 2008 : le gouvernement n’a pas le
droit de médiatiser ses activités, comme les réunions du gouvernement.
Encore moins les réunions des Conseils interministériels alors que
Tebboune en inondait les JT de l’ENTV ! Le déplacement privé de Tebboune
en France, ponctué par un tête-à-tête surprise avec le Premier ministre
français n’ont fait, en fait, que raccourcir la durée de vie de cet
éphémère épisode Tebboune. Et c’est presque sans surprise que la
présidence annonce son limogeage dès le 15 août. Ahmed Ouyahia revient
au palais du gouvernement et prend le train en marche avec un exécutif
«débarrassé» de seulement trois ministres réputés être des proches de
Abdelmadjid Tebboune, à savoir Youcef Chorfa, Béda Mahdjoub et Ahmed
Saci. Ceci pour la forme. S’agissant du fond, le nouveau gouvernement
s’empressait de mettre en exécution une rapide entreprise de «dé-Tebbounisation»
à tous les niveaux. Cela avait commencé par la dissolution de
«l’inspection générale» que Tebboune avait installée sous sa tutelle, à
un nouveau discours, au plan économique. Evidemment, aussi, la
communication gouvernementale sera radicalement revue : Ouyahia, qui
avait luimême rédigé la lettre de recadrage présidentiel de son
prédécesseur, sait mieux que quiconque à quoi s’en tenir, sur cette
question précise…
K. A.
 
Trois Premiers ministres, trois options et trois
tripartites
La question socio-économique a-telle précipité des
changements à la tête de l’exécutif ? Pour la première fois de son
histoire, l’Algérie a connu trois Premiers ministres. Or, ces trois
chefs de l’exécutif avaient des approches socio-économiques totalement
différentes les unes des autres. Le premier avait présidé une tripartite
en mars dernier, son successeur n’a pas survécu à sa programmation
prévue pour septembre de la même année, alors que le troisième réussit
son pari, en réunissant autour de la même table les trois partenaires.
C’était la 21e tripartite.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - S’il y a un fait
marquant qui caractérise l’année 2017, c’est sans aucun doute le passage
à la tête de l’exécutif de trois Premiers ministres. Respectivement
Abdelmalek Sellal, Abdelmadjid Tebboune et Ahmed Ouyahia ont les
destinées des affaires du pays et les trois Premiers ministres avaient
également des approches socio-économiques totalement différentes les
unes des autres. Mais pour valider leur option sur la question, chacun
des trois Premiers ministres a tenté de fédérer autour de son «projet»
les acteurs socio-économiques concernés, soit l’UGTA et le patronat. La
tripartite était le cadre idoine dans la stratégie mise en place. En
mars 2017 et depuis l’hôtel Sheraton à Annaba, l’ex-Premier ministre
Abdelmalek Sellal, dont c’est la seconde tripartite qu’il présidait
depuis son intronisation à la tête de l’exécutif, avait dit que
«l’Algérie, qui brave la conjoncture économique et les tentatives de
déstabilisation, commence à enregistrer les premiers résultats de sa
démarche de renouveau économique et social». Mieux, il a ajouté : «Si
nous obtenons aujourd'hui une progression significative du produit de la
fiscalité ordinaire (+10% entre 2015 et 2016), cela n'est sûrement pas
le fait des prélèvements sur les salariés dont le nombre n'a varié que
légèrement à la hausse, mais bien du secteur économique où de nombreux
projets sont entrés en phase d'exploitation». Comme lors de la
tripartite de 2016, celle qui s’est tenue une année après à l’est du
pays avait au centre de la discussion avec les autres partenaires la
question du «nouveau modèle économique ». «Ce modèle de croissance
intègre un cadrage budgétaire, sur le court et moyen terme, réaménagé en
fonction des éléments factuels de conjoncture tout en maintenant les
objectifs de croissance et d’édification d’une économie émergente fixés
par l’autorité politique», n’a cessé de marteler Abdelmalek Sellal.
Forcing de Tebboune
La «démarche» socio-économique de Sellal n’a pas survécu. Quinze
jours après les législatives, ce dernier, et contre toute attente, se
voit remercié et son ministre de l’Habitat lui succède. Nouveau Premier
ministre, nouveau style de gouvernance et nouvelle stratégie
socio-économique. Pour sa première sortie sur le terrain, Abdelmadjid
Tebboune annonce la couleur. Lors de sa tournée algéroise et plus
exactement depuis la quatrième escale, soit au niveau du chantier de la
Grande Mosquée d’Alger, Abdelmadjid Tebboune lâche une phrase d’une
importance capitale : «Toutes les parties représentatives seront
consultées sur le devenir socio-économique du pays». Tebboune ne donne
aucune explication sur les contours de cette consultation, d’où la
question posée en l’occurrence si le cadre tripartite est désormais
abandoné. Rien n’a filtré sur la question. Poursuivant son forcing,
l’ex-ministre de l’Habitat reçoit au palais du gouvernement le patronat
et l’UGTA et annonce la tenue d’une tripartite pour le 24 septembre de
la même année à Ghardaïa. Et dire que la précédente tripartite a eu lieu
il y a à peine quatre mois. S’agit-il, comme le pensent nombre
d’analystes, de revoir la copie du gouvernement précédent ? Si c’est le
cas, dans quel but ? Tout paraît envisageable. Il était clair que les
premiers indices livrés par le gouvernement Tebboune prouvent que
l’équipe Sellal et ses alliés de la tripartite sont perçus comme
défaillants. Sur le chapitre des investissements dans l’industrie, mais
aussi sur d’autres questions liées notamment au foncier agricole, c’est,
pour le moins, un fort sentiment de déception qui transparaît des
déclarations de membres du gouvernement, comme Bedda Mahdjoub ou Tayeb
Louh.
La mise d’Ouyahia
Rebondissement. La présence de Tebboune à la tête du gouvernement
n’a duré que trois mois. Contre toute attente, il se fait remplacer par
Ahmed Ouyahia qui retrouve la direction de l’exécutif pour la cinquième
fois. Les dés sont jetés. Ahmed Ouyahia mise gros. Depuis le perchoir de
l’Assemblée nationale, il annonce la couleur et abat ses cartes. Il tire
à boulets rouges sur ses prédécesseurs. Bien évidemment la question
socio-économique est au centre du débat. Il se rapproche de son «frère»
et «allié» Abdelmadjid Sidi Saïd, le secrétaire général de l’UGTA. A
l’adresse du patronat, il fait un clin d’œil à Ali Haddad et lui promet
implicitement de «rattraper» les «erreurs» de son prédécesseur. Le 23
décembre dernier, il préside une tripartite pas comme les autres. Le
lieu de sa tenue et le contenu de ses travaux la distinguent totalement
des précédentes. C’était au siège de la centrale syndicale et les trois
partenaires signent un document d’une importance capitale pour le
«devenir» de l’économie nationale. Il s’agit d’un partenariat
public-privé (PPP), qui prévoit «la création de coentreprises,
l'ouverture du capital social des entreprises publiques (augmentation de
capital et/ou cession d'actions ou de parts sociales) et des prises de
participations dans des entreprises contrôlées par des intérêts
nationaux privés et/ou étrangers privés et/ou publics étrangers». Et
pour conforter sa démarche, le Premier ministre fait sortir sa grande
artillerie. Il apporte une critique directe à l’ex-Premier ministre
Abdelmalek Sellal. A l’adresse des journalistes présents à cette
rencontre, il dira qu’il y a eu du faux dans le modèle économique. Ce
n’est pas moi qui le dis, mais ce sont les chiffres qui l’attestent.
L’orientation financière a été revue et corrigée.» Le faux réside, selon
le Premier ministre, dans «les fausses données financières, que nous
avons corrigées». «Ce n’est pas moi qui le dis, mais ce sont les
spécialistes de la question financière et les parlementaires. Nous
faisons face à la crise financière avec beaucoup de franchise et de
transparence», a-t-il ajouté. Ahmed Ouyahia a parié gros. Le gain
sera-t-il à la hauteur de sa mise ? Wait and see.
A. B.
 
SITUATION ÉCONOMIQUE
Les indicateurs toujours au rouge
2017 a vu les prix du pétrole remonter, résultat de
l’accord des producteurs sur la limitation de l’offre sur le marché,
après trois années et demie de dégringolade, et reprendre le train de
vie dépensier de l’Etat.
Lyas hallas -Alger (Le Soir) - La situation économique du pays en 2017
ne s’est pas améliorée malgré la remontée des prix du pétrole
conséquemment à l’accord des pays producteurs de limiter l’offre sur le
marché. Les réserves de change de l’Algérie ont continué à fondre comme
neige au soleil, terminant l’année sous le seuil psychologique des 100
milliards de dollars. Les coupes budgétaires qui ont freiné les
investissements publics et les licences d’importation décrétées dans un
souci de préserver les devises n’ont pas réduit le déficit de la balance
du paiement. Elles ont plutôt freiné la croissance tirée essentiellement
par la commande publique laquelle est financée par les recettes
d’exportation des hydrocarbures. En effet, l’embellie financière des
années 2000 marquée par un baril du pétrole à plus de 100 dollars a
assuré un certain niveau de vie à la population à travers leur
intégration à l’économie par le biais de l’informel, un niveau de
consommation élevé et une politique de subvention généreuse. Mais,
l’amenuisement des recettes en devises dû à la chute des prix du pétrole
n’a pas amené les décideurs politiques à changer de cap au risque de
bousculer l’ordre social établi. Les gouvernements qui se sont succédé
depuis l’amorce de la crise – trois en 2017 –, n’ont pas eu le courage
politique d’opérer les réformes structurelles qui auraient pu esquisser
une diversification de l’économie et sortir le pays de sa dépendance aux
hydrocarbures. La crise, qui a atteint un niveau tel que le gouvernement
a décidé de faire fonctionner la planche à billets pour renflouer les
caisses de l’Etat avec les risques que l’on sait sur le pouvoir d’achat
de la majorité, risque de perdurer. Ils se sont empêtrés dans une
logique financière puisant dans le matelas financier constitué durant
les années d’opulence pariant plutôt sur une remontée aléatoire des
cours du brut. Bref, la facture des importations n’a pas vraiment baissé
malgré les interdictions tous azimuts. A 46 milliards de dollars à fin
décembre 2017, les importations ne sont pas loin de leur niveau record
de 2015 où elles ont atteint 51 milliards de dollars. Au contraire, le
régime des licences d’importation a provoqué des pénuries et perturbé le
fonctionnement de l’économie en renchérissant les prix de certains
produits. La structure des exportations n’a pas changé. L’Algérie
n’exporte toujours presque rien en dehors des hydrocarbures. Les
transferts sociaux qui ont atteint 16,7 milliards de dollars en 2017
continuent de peser lourd sur la trésorerie de l’Etat puisqu’ils n’ont
aucune contrepartie économique sinon de favoriser les surfacturations
des importations, le transfert illicite de devises et l’alimentation des
réseaux de contrebande. Le train de vie dépensier de l’Etat a, ainsi,
repris dès la reprise des prix du pétrole et le cadrage budgétaire
triennal (2017-2019) adopté par le gouvernement Sellal pour plafonner le
budget a été abandonné. Et, le dilemme politique partant de la
disjonction entre l’engagement de réformes structurelles au coût social
élevé et le maintien du statu quo a, finalement, été tranché en faveur
de la solution de facilité, celle de la redistribution de la rente
pétrolière.
L. H.
LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE À ORAN :
«Il ne peut pas y avoir une double tarification»
Durant sa visite d’inspection menée hier à Oran, le
ministre de l’Énergie Mustapha Guitouni a affirmé que l’augmentation du
prix de l’électricité est inévitable, en raison de la situation que
traverse le secteur. Toutefois, il précise que dans un premier temps le
simple consommateur ne sera pas concerné. Indiquant que la tarification
ne peut pas être double mais différente. «Vous avez les tranches qui
concernent tout ce qui est domestique et celles qui concernent ce qui
est industriel. On ne peut pas faire une double facturation mais on la
différencie par rapport à l’activité », dira le ministre.
Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Concernant le développement de Sonelgaz,
le ministre reste convaincu que si on continue de consommer de l’énergie
sans prendre les mesures qu’il faut pour l’utilisation raisonnable de
celle-ci «on va devoir investir chaque année 10% de plus de ce que nous
investissons aujourd’hui, à savoir que chaque années nous déboursons 2
milliards de dollars, pour couvrir le mois de l’été ou bien de l’hiver,
le citoyen doit comprendre qu’il faut économiser, afin que les
investissements s’allègent», dira Mustapha Guitouni. Les mesures
concrètes ne manquent pas dit-il, «nous avons une transition énergétique
qui est en cours, on n’est pas en dehors de ce que font les autres pays,
et on a plusieurs bouquets, on a le solaire, l’éolien. L’Algérie était
parmi les premiers pays à se diriger vers l’énergie solaire, en 1985 et
on avait 14 stations solaires réparties dans le Sud. Aujourd’hui, nous
avons 354 MW disponibles à travers ces stations et on compte rajouter
100 à 150 MW». Le ministre a également fait savoir qu’un projet est en
cours d’étude au niveau de son ministère afin d’exporter l’électricité
vers la Libye durant l’année 2018, sachant que pour l’heure cette
énergie est exportée vers la Tunisie, et le Maroc avec 150 et 100 MW/an.
Lors d’une halte au niveau de deux stations de service se situant dans
le 4e périphérique, un cadre de Naftal a procédé à une présentation en
présence du ministre de l’Énergie où il évoque le programme de
réhabilitation de 21 stations de service qui vont être rénovées, que ce
soit dans le public ou le privé. Concernant celles relevant du privé, le
ministre réagit «pour les stations de service qui sont en partenariat
avec Naftal, il ne faut pas qu’il y est d’ambiguïté dans les cahiers de
charges. Maintenant, les stations de service doivent assurer toutes les
commodités pour les clients, y compris la restauration. Des aires de
repos équipés et aux normes». Suite à quoi, le ministre parlera du
réseau de conversion au GPL, qu’il faut dit-il étoffer, rappelant que
son ministère a fixé pour 2021 la conversion de 500 000 véhicules. Et
d’indiquer que si «près de 2 600 stations de service étaient converties
au GPL, cela permettrait de réaliser cet objectif de 500 000 véhicules
convertis au sirghaz», affirmant que ceci permettra de réduire la
facture d’importation du gasoil et du carburant, avec l’apport du
programme des six raffineries en cours de réalisation à l’échelle
nationale. Pour Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie, les stations
de service qui ne respectent pas les conditions des cahiers des charges
et les normes, fermeront. A l’adresse de Naftal, le ministre fait
remarquer fermement «vous passez des années à leurs adresser des
avertissements, celles qui ne respectent pas leurs engagements doivent
fermer». Le ministre avait entamé sa visite au niveau de la nouvelle
centrale électrique à turbines à gaz de Boutlelis, d’une puissance
globale de 446 MW, qui sera opérationnelle en juin 2018. D’un coût de
près de 30 milliards DA, cette centrale alimentera la région ouest du
pays en énergie électrique au profit de 14 wilayas. Les premiers essais
seront réalisés au mois de mars avec une capacité atteignant 300 MW.
A. B.
FRUITS, LÉGUMES ET PRODUITS DE CONSOMMATION DE BASE

D’éventuelles augmentations à l’horizon
Les prix des fruits et légumes ne connaissent pas de
répit. Déjà exagérés, ils seront certainement «boostés» par les
augmentations du carburant attendues en janvier 2018. Idem pour tous les
produits de consommation de base qui, eux aussi, seront affectés par ces
hausses. Une aubaine pour les commerçants mais une malédiction pour les
consommateurs.
Rym Nasri - Alger (Le Soir) - La tendance à l’augmentation ne cesse
d’affecter les prix des fruits et légumes. Les prix exagérés affichés
sur les étals des marchés en sont la preuve. Les marchands eux,
s’arrangent toujours à trouver des arguments. Tantôt ils évoquent les
conditions climatiques, tantôt ils pointent du doigt le manque de
production ou encore l’augmentation de la demande. Situé dans un
quartier populaire, le marché T’nache de Belouizdad à Alger, ne déroge
pas à la règle. Ici également les prix proposés font fuir. A elle seule,
l’indispensable tomate est vendue entre 120 et 140 dinars selon la
qualité. Avec 350 dinars le kilogramme, l’haricot vert bat le record des
prix des légumes, suivi par l’haricot rouge et les petits pois proposés
à 200 dinars. La courgette, l’artichaut, le poivron et le piment se sont
alignés sur le prix de 160 dinars le kilo. En affichant 120 dinars le
kilo, le prix de l’aubergine s’accorde avec celui des deux nouveaux
arrivés sur le marché, le chouvert et la fève. Moins cher de 20 dinars,
le concombre est cédé à 100 dinars. Les légumes les moins chers restent
la carotte, le navet, le fenouil et la laitue vendus à 80 dinars le kilo
suivis par le chou-fleur, la carde et l’oignon à 60 dinars. Quand à la
pomme de terre, son prix n’a pas cessé d’augmenter depuis quelques mois
déjà. Aujourd’hui, le tubercule est proposé à 80 dinars le kilo et
risque de connaître d’autres augmentations à l’avenir. Les consommateurs
appréhendent justement, un nouvel épisode de la pomme de terre comme
celui enregistré l’année dernière où il a atteint les 100 dinars le
kilogramme voire, plus. «C’est trop cher ! Nous ne pouvons rien
approcher. Toutes les marchandises sont hors de portée», peste une
sexagénaire qui ne cesse de faire des allers-retours dans les étroites
allées du vieux marché T’nache. Elle est certaine à la recherche de
marchandises plus accessible à sa bourse. Côté fruits, ça a toujours été
une perpétuelle flambée des prix sans aucun motif. Sur les étals, les
prix affichés sont exorbitants. La pomme, le raisin et les dattes sont
vendus à 350 dinars le kilo et la grenade à 200 dinars. Même les fruits
de saison n’ont pas échappé à cette hausse. La mandarine est proposée à
180 dinars et l’orange à 150 dinars. Quand à la banane, elle continue à
se distinguer avec son prix exagéré de 420 dinars le kilo. Les épiceries
et les supérettes sont elles aussi prises d’assaut. Il est question de
profiter des actuels prix des marchandises avant la nouvelle année 2018.
Rencontré dans une superette à Belouizdad, Mohamed, la quarantaine
arrive à peine à porter son panier qui déborde de choses. «Je suis venue
faire les emplettes en légumes secs, pâtes, huile, semoule, farine et
quelques détergents avant que les prix n’augmentent en janvier prochain
», affirme-t-il. Pour ce père de famille, toutes les marchandises sont
déjà suffisamment chères alors que de nouvelles augmentations
s’annoncent déjà. «Je sais que ces choses ne vont pas durer
éternellement mais ça me permet de faire quelques économies en cette fin
d’année », dit-il. La dévaluation du dinar et l’augmentation du
carburant prévue dans la Loi de finances 2018 vont justement accentuer
toutes ces augmentations de prix et vont se répercuter directement sur
toutes les marchandises notamment les produits de large consommation.
Les commerçants mettront à l’avant le coût du transport plus élevé en
raison de la hausse du prix du carburant.
Ry. N.
SITUATION SÉCURITAIRE
Pression permanente sur le terrorisme
Si dans la région, au sud du pays principalement, la
situation sécuritaire est toujours marquée du sceau de l’incertitude, en
Algérie, en revanche, la lutte contre les restes des groupes terroristes
ayant ensanglanté le pays dans les années quatre-vingt-dix a continué à
prendre une tournure telle que, eu égard à sa maîtrise du terrain au
nord, l’attention de l’ANP se retrouve tournée vers le Grand-Sud pour
mettre fin aux tentatives d’introduction d’armes sur le territoire
national.
Tentatives qui ont pris une ampleur incroyable depuis près de trois ans
maintenant, comme le suggèrent les communiqués diffusés par le MDN de
façon quasi cyclique. Tentatives d’introduction d’armes en tous genres
et calibres qui ont, donc, pris de l’ampleur depuis trois ans, avec
l’accélération des événements au Sahel et en Libye d’où le terrorisme
tente de se régénérer dans le pays. En fait, le défi imposé à l’ANP a
été, et est toujours, de savoir comment s’adapter à la donne sécuritaire
induite par la pression puis la déconfiture de Daesh en Syrie, d’une
part, et la tournure prise par les suites de la révolution libyenne avec
l’apparition des groupes djihadistes et leurs visées «expansionnistes »,
d’autre part. La déroute de Daesh qui, de façon systématique, fait
craindre le retour au pays de membres de sa légion étrangère, dont des
Algériens et des Maghrébins en général, à travers entre autres
échappatoires la large bande frontalière au sud du pays. La réédition en
somme d’un scénario déjà vécu, lorsqu’au début des années 1990, des
contingents d’Algériens revenaient d’Afghanistan où ils avaient servi
sous les ordres, entre autres chefs, d’Oussama Ben Laden avant d’aller
constituer les groupes des djihadistes ayant pris les armes à l’appel de
l’ex-FIS pour mettre l’Algérie à feu et à sang. Une donne qui s’est
accélérée ces derniers mois, depuis que Daesh ne tient plus le beau rôle
pratiquement partout sur les territoires où la guerre lui a été déclarée
et, parallèlement, les troubles qui secouent de manière plus
qu’épisodique le nord du Mali et de larges parties du Sahel. Une
conjoncture sécuritaire à laquelle l’Algérie a remédié en mettant les
grands moyens avec le stationnement de pas loin d’une quinzaine de
milliers d’hommes pour les besoins d’un dispositif à même de contrer
toute intrusion sur le territoire national débarrassé des hordes
terroristes dans des proportions proches de la totalité au nord du pays
après l’entrée en vigueur d’un plan de lutte mis en branle il y a pas
loin de trois ans maintenant, au cours de l’année 2015, celle qui
restera, qui demeurera comme une année charnière dans la lutte
antiterroriste dans l’Algérie de la deuxième décade du nouveau
millénaire. Il n’est, en effet, pas inutile de rappeler que cette
année-là, 2015, a connu un tournant dans la traque menée contre les
terreaux de ce qui reste des groupes terroristes dans le pays, les trois
wilayas de Kabylie et leur voisine Boumerdès, le Constantinois ou encore
à l’ouest, à Aïn Defla où d’ailleurs l’acte terroriste qui a le plus
marqué les esprits y a été commis, lorsqu’une embuscade tendue aux
éléments de l’ANP, au milieu de l’été, venait brutalement rappeler que
la guerre contre le terrorisme n’était pas encore gagnée. En fait,
c’était le second «rappel» puisque la lutte antiterroriste dans les
régions infestées s’est accélérée comme jamais auparavant en septembre
2014 avec l’apparition de la branche de l’Etat islamique sur le
territoire algérien, menée par Abdelmalek Gouri, l’auteur, avec d’autres
dissidents d’Al-Qaïda au Maghreb, de l’enlèvement puis l’assassinat du
touriste français Hervé Gourdel dans les montagnes de Kabylie. Une
intrusion sur la scène sécuritaire qui allait, donc, donner un nouveau
contour à la lutte contre les groupes terroristes localisés dans cette
région et plus largement sur la partie nord du pays. Le dispositif mis
en place s’est avéré d’une efficacité telle que, depuis, les années se
suivent et se ressemblent pour les résidus d’Al-Qaïda au Maghreb au
point où même Abdelmalek Droukdel, l’«émir» d’Aqmi, reconnut sa défaite
en Algérie en raison «d’un long conflit et d’un manque de soutien aussi
bien à l’intérieur qu’à l’extérieur », dans un entretien qu’il avait
accordé au début de l’été dernier à une revue de propagande djihadiste,
comme le rapportait le site spécialisé Middle East Eye. Des propos tenus
par Abdelmalek Droukdel alors que l’emprise exercée par les troupes de
l’ANP sur les groupes terroristes au nord du pays ne permettait à ces
derniers que de rares apparitions non sans endurer le risque de subir
des opérations à l’instar de celle du début du mois d’octobre dernier à
El Kseur, dans la wilaya de Béjaïa, où cinq terroristes avaient été
abattus dont deux étaient des vétérans des GIA de triste mémoire, G.
Youcef, alias Abou Al Kaâkaâ, qui a rallié les groupes terroristes en
1993, et B. Abdelhamid, alias Abou El Hassan, au maquis depuis 1995, et
un autre pas moins connu, Mazit Karim, alias Hamza. Une opération qui
rappelait celle qui avait permis au printemps dernier la mise hors
d’état de nuire, à Constantine, de celui qui était donné comme étant le
chef de la branche algérienne de Daesh, le nommé Noureddine Laouira,
alias Abou Hamam. Une élimination qui allait sonner l’hallali pour la
phalange Al-Ghoraba, cellelà même qui a annoncé son allégeance à Daesh
en prenant le relais de Jund-Al- Khilafa en Algérie, l’année dernière.
Jijel, où en octobre dernier une spectaculaire opération de l’ANP a été
couronnée par l’élimination de 5 terroristes, l’arrestation de trois de
leurs acolytes dont un «émir» et une dame de 69 ans. Idem à Skikda,
Tipasa et d’autres contrées du pays où, pourtant, les groupuscules
encore en activité ont été contraints de réduire considérablement leurs
mouvements au fil des années lorsqu’ils ne sont pas contraints de se
rendre avec armes et bagages, parfois même en famille, aux autorités des
régions militaires. Des résultats que sont venus conforter des
redditions en série dont une des plus marquantes restera, pour cette
année, celle d’il y a trois semaines lorsque en l’espace de trois jours,
six terroristes, dont un (T. Dahomou) était recherché depuis 1995,
s’étaient rendus. Ils ont emboîté le pas à un autre chef, un certain C.
Mohamed, alias Yaâkoub, qui s’est rendu de lui-même aux autorités de la
5e Région militaire à Skikda. Depuis l’année 2015, même si personne
parmi les plus au fait de la question sécuritaire ne pourrait jurer de
la fin imminente des groupes terroristes en Algérie, les bilans appuient
chaque année un peu plus la thèse qui dit que la malédiction ayant
frappé le pays depuis le début des années 1990 va, désormais, en
s’estompant. Mais cela ne doit en aucun cas occulter la crainte que le
vieux monstre se réveille. La vigilance est alors requise, surtout quand
on se met à énumérer ces impressionnantes découvertes d’armes au sud du
pays, dont certaines ont de quoi susciter toutes les interrogations,
telles ces deux opérations qui, la semaine dernière, ont vu les troupes
en poste sur la bande frontalière au sud du pays récupérer, d’abord, six
roquettes RPG-2 et cinq charges propulsives, puis moins de vingt-quatre
heures plus tard, dans la même zone frontalière, un même type d’armement
constitué cette fois de dixhuit roquettes pour lance-roquettes RPG-7,
dix-huit charges propulsives ainsi qu’un kilo et demi de dynamite. La
récupération d’armes aura été, somme toute, le haut fait de la lutte
antiterroriste durant cette année marquée, au même titre que les deux
précédentes, par des prises grâce à l’exceptionnel déploiement de
troupes du dispositif sécuritaire exceptionnel mis sur pied aux
frontières d’un territoire que même avec la contribution de l’armée
française, les forces stationnées dans la région n’arrivent pas à
maîtriser, laissant ainsi persister la menace terroriste que fait peser
sur l’ensemble du Sahel le groupe Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar,
affilié à Al-Qaïda, dont des éléments tentent de faire des incursions
sur le territoire national malgré les coups reçus et la perte d’un
armement à même de permettre de lever une armée. C’est sans doute lors
de l’une de ces incursions que des terroristes ont réussi à constituer
des caches d’armes que mettent au jour sans discontinuer les
détachements de l’ANP, comme ce fut le cas, à la fin du mois de
septembre dernier, lors d’une patrouille de reconnaissance à la
frontière algéro-malienne, dans la zone de Bordj- Badji-Mokhtar. Le
ministère de la Défense nationale avait fait état, alors, de la
découverte d’une cache où était enfoui un arsenal constitué de fusils
lance-grenades, fusils à lunettes, des kalachnikov, des fusils
semi-automatiques Siminov, des fusils à répétition, des grenades
offensives et un lot de munitions. Une autre découverte à ajouter à une
ahurissante quantité d’armes récupérée depuis près de trois ans, donc,
justifiant ainsi le renforcement du dispositif mis sur pied au sud du
pays.
M. Azedine
BILAN EN CHIFFRES
À donner le tournis
Selon un décompte rendu public à travers sa page
Facebook, le ministère de la Défense nationale a fait état, à la date du
28 décembre en cours, de la mise hors d’état de nuire de 90 terroristes.
Quant aux arrestations, elles ont atteint la quarantaine dont 5 femmes.
La vague de redditions a vu, en revanche, une trentaine de terroristes
mettre fin à leur cavale dont un certain nombre était recherché depuis
les années 1990. Lors de leurs sorties le long de ces douze derniers
mois, les éléments de l’ANP ont retrouvé 6 dépouilles de terroristes.
Ceci d’une part, de l’autre dans son bilan, le MDN annonce
l’interpellation de 212 individus pour leur implication dans des réseaux
d’assistance et de soutien aux terroristes, la découverte puis la
destruction de 408 abris pour terroristes et caches d’armes. Durant
cette année qui s’achève, 11 trafiquants d’armes ont été également
arrêtés et un abattu. Quant à l’impressionnant armement récupéré, le
moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a de quoi rester sans voix. En
effet, dans le détail, les détachements de l’ANP ont mis au grand jour
comme pièces d’armement, au sud du pays principalement, 2 canons SPG9,
10 RPG-7, 6 RPG- 2, 581 charges propulsives, 286 kalachnikov, 64 fusils
semi-automatiques Seminov, 16 pistolets mitrailleurs 14,5 mm et 12,7 mm,
19 fusils FMPK, 5 fusils mitrailleurs Diktariov, 11 mitrailleurs PKT, 13
mitrailleurs RPK, 25 pistolets automatiques, des dizaines de fusils en
tous genres et calibres et 5 canons Hawn, des fusils de fabrication
artisanale ainsi que des munitions à faire le bonheur de n’importe
quelle armée.
A. M.
 
APRÈS AVOIR MARQUÉ LA SCÈNE POLITIQUE, INTELLECTUELLE
ET ARTISTIQUE DU PAYS
Ils nous ont quittés en 2017
La faucheuse a poursuivi sa funeste œuvre durant
l’année 2017 qui s’achève aujourd’hui, avec dans sa triste escarcelle,
hommes politiques et ceux du monde des arts et de la culture en général.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Premier à subir la terrible loi de la
nature, Boualem Baki. L’ex-ministre de la Justice et garde des Sceaux et
ancien ministre des Affaires religieuses et des Waqfs est, en effet,
décédé le 16 janvier 2017 à l’âge avancé de 95 ans. Cet ancien moudjahid
a été d’abord député en 1977 avant d’occuper maints postes de
responsabilité durant les années 80 dont celui de ministre des Affaires
religieuses et ministre de la Justice. Dix jours après, le 26 janvier
dernier, c’est l’ex-ministre du Commerce et membre en vue du RND, Bakhti
Bélaïb, qui a cédé à une assez longue maladie. Ayant occupé plusieurs
postes au sein du ministère du Commerce, dont ceux de directeur-adjoint
de 1982 à 1989 et directeur central de 1989 à 1990, le défunt a
également exercé au ministère de la PME de 1992 à 1994 avant d'être
nommé chargé de mission auprès du chef du gouvernement jusqu'à 1996.
Ceci avant de conduire, en 1998, la délégation algérienne à la première
réunion du groupe de travail de l'accession de l'Algérie à
l'Organisation mondiale du commence (OMC). Quelques jours après, le 7
février plus exactement, ce sera Smaïl Hamdani, qui le rejoindra dans
l’au-delà. Cet enfant de Bordj-Bou-Arreridj a occupé plusieurs hautes
fonctions de l'Etat dont celles de conseiller juridique du ministre de
l'Information (1962-1963), de secrétaire général du gouvernement
(1977-1979), de conseiller à la Présidence de la République (1980-1983),
d'ambassadeur auprès du Danemark, de la Norvège et de la Finlande
(1983-1984), en Espagne (1984-1985) et en France de 1989 à 1992. Il
verra sa longue carrière couronnée par sa nomination comme Premier
ministre le 15 décembre 1998 avant de se voir remercié un peu plus d’une
année après, le 23 décembre 1999. Après avoir observé une certaine
«trêve», la faucheuse est revenue à la charge pour ravir aux siens deux
autres figures du sérail. D’abord, Réda Malek , l’illustre politicien au
long cours et diplomate chevronné pour être le dernier parmi les
négociateurs des «Accords d'Evian» en mars 1962, ayant débouché sur la
fin de la guerre de Libération nationale, synonyme de recouvrement par
le pays, de son indépendance. Suite à quoi, l’enfant de Batna, fort de
sa licence en lettres et philosophie de l'université d'Alger, entamera
une longue carrière diplomatique pour avoir été ambassadeur à Paris,
Londres, Moscou, Washington et Belgrade. Il sera également nommé
ministre des Affaires étrangères et membre du Haut Comité de l’Etat (HCE),
une instance collégiale qui a dirigé le pays de 1992 à 1994 pour pallier
la démission du défunt ex-président Chadli Bendjedid, à l’entame de
l’insurrection armée des islamistes. Celui qui fut membre fondateur de
l'Union générale des étudiants musulmans d'Algérie (Ugema) en 1955 sera
également nommé Premier ministre de 1993 à 1994 et créera peu après
l’Alliance nationale républicaine (ANR) qu’il quittera peu après. Il
léguera également des ouvrages dont L'Empreinte des jours, Guerre de
libération et révolution démocratique : écrits d’hier et d'aujourd’hui,
L'Algérie à Évian : histoire des négociations secrètes, 1956-1962, Arrêt
du processus électoral, enjeux et démocratie, Tradition et révolution ou
encore Le véritable enjeu : l'enjeu de la modernité en Algérie et dans
l'islam. Et ce sera le général à la retraite, Mohamed Attaïlia, qui le
rejoindra le 9 décembre dernier à l'âge de 86 ans des suites d'une
longue maladie. Le défunt avait occupé plusieurs postes au sein de
l'Armée nationale populaire (ANP), dont celui de chef de la 4e Région
militaire (1969- 1979) puis de la 1re Région militaire (1979-1988). Le
dernier poste que l’enfant de Guelma où il est né le 7 octobre 1931
avait occupé était celui d'inspecteur général au ministère de la Défense
nationale de 1988 à1990. Du côté de la grande famille du monde des arts
et de la culture, ce fut le comédien Abou Djamal, de son vrai nom Arezki
Rabah, qui est décédé le 12 janvier à l'âge de 79 ans des suites d’une
longue maladie. Ce natif de La Casbah d’Alger et de parents natifs
d’Aït-Abdelmoumen, en Haute Kabylie, a notamment été un compagnon des
planches de Keltoum, Rouiched, Nouria, Fadila Dziria, pour ne citer que
ceux-là. Il jouera également dans des sketchs de Rouiched avant
d’intégrer la troupe Fernandez et un peu plus tard la troupe communale
dirigée par Bachtarzi et beaucoup plus tard, à l’indépendance nationale,
la troupe du Théâtre national algérien, où il a joué dans de nombreuses
pièces, notamment celles de Rouiched dans Hassen Terro, El-Ghoula
(l’ogresse), El-Mach’hah (l’avare) et Les concierges. Arezki Rabah, qui
a tourné dans de nombreux films étrangers, notamment avec l’acteur
français Jean Gabin et le réalisateur Vittorio Gassman, est surtout
célèbre pour son rôle dans le film Hassan Taxi avec Rouiched ou pour son
apparition aux côtés de Ouardia, dans le film Le clandestin. Et pas plus
de 24 heures plus tard, ce sera le tour de celui que l’on affuble du
père fondateur de la caméra cachée algérienne, Hadj Rahim, qui nous
quittera. C’était le 13 janvier dernier lorsque le réalisateur a rendu
l’âme à l’âge de 83 ans. Celui qui a rejoint la télévision algérienne en
1970, a réalisé de nombreuses œuvres dramatiques dont Serkadji (1982),
Hikayat Ennas (1985), La fin d'une grève (1992) et plusieurs films du
célèbre Inspecteur Tahar. Yacine Bendjemline sera, à son tour, victime
de la faucheuse le 17 juin dernier. Réalisateur et comédien, le défunt a
campé plusieurs rôles cinématographiques à l’intérieur comme à
l’extérieur du pays ; El inhiraf (La déviance), Hors la loi, Diaf rabi,..
Il a également réalisé plusieurs films dont El Hidjra. Un mois après, le
19 juillet plus exactement, ce sera Blaoui el Houari qui rendra l’âme.
Celui qui est considéré comme monument incontesté et incontestable de la
chanson oranaise, le défunt est également reconnu comme étant le
précurseur du raï moderne. Celui dont le répertoire compte plus de 500
chansons, fut directeur de la Radio et la Télévision algérienne
régionale d’Oran puis du Théâtre national algérien (TNA) à Alger en
1967, il participera à l'animation de l'ensemble musical algérien qui se
produisait à l'exposition universelle d'Osaka, au Japon. Neuf jours à
peine, le 28 juillet, le réalisateur Youcef Bouchouchi sera ravi aux
siens. D’abord cameraman puis reporter pour la Radio- Télévision
algérienne (RTA), le défunt s’intéressera au théâtre, à l’écriture de
scénarios et surtout à la réalisation cinématographique. Avec au bout,
une large moisson dont les téléfilms Les hauts lieux de la Révolution,
El Hidjra du prophète Mohamed, Labour des terrains déminés. Il aura
également à son actif des films policiers tels que AL 17, et Qui est le
coupable ? L’acteur et réalisateur Mahmoud Zemmouri sera également
victime de la faucheuse qui l’a emporté le 4 novembre 2017. Celui qui
fera sa toute première apparition dans le film L'Autre France d'Ali
Ghanem, campera également des rôles dans de grands films français comme
Tchao Pantin (1983) de Claude Berry, Pinot simple flic (1984) de Gérard
Jugnot, La Smala (1984) de Jean-Loup Hubert, Nuit d'ivresse (1986) de
Bernard Nauer, L'Œil au beur(re) noir (1987) de Serge Meynard. Ceci
avant de passer de l’autre côté de la caméra puisqu’il réalisera
notamment Prends 10 000 balles et cassetoi (1981), Les Folles années du
twist (1986), De Hollywood à Tamanrasset (1991),… Et c’est Noureddine
Saâdi qui fermera cette longue liste. Décédé le 14 décembre 2017,
l’illustre écrivain, universitaire et écrivain, était l'auteur de
plusieurs romans, dont La Maison de lumière (Albin Michel, 2000), La
Nuit des origines (Barzakh, 2005) ainsi que Houria Aïchi, dame de
l’Aurès (Chihab, 2013). Le défunt était également l’auteur de nombreux
textes et articles pour avoir collaboré avec plusieurs revues et
journaux.
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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