ABSENCE DE ALI HADDAD ET DU SG DE L’UGTA À L’ACTIVITÉ DE TEBBOUNE

Lesoir; le Lundi 17 Juillet 2017
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Le patron du FCE se confine dans le silence
Ali Haddad s'est refusé à tout commentaire hier suite à l'incident qui
s'est produit samedi lors de la visite du Premier ministre à l'Ecole
supérieure de la sécurité sociale. Des informations font cependant état
d'une grande frustration mais aussi d'appréhensions au sein du FCE quand
aux conséquences que pourrait avoir un tel événement.
Abla Cherif - Alger (Le Soir) - «Je suis en déjeuner et je n'ai aucun
commentaire à faire». Courtois mais néanmoins ferme, Haddad nous oriente
vers le service de presse du FCE qui demeure injoignable.
L'affaire qui secoue une nouvelle fois le Forum des chefs d'entreprise
n'est pas des moindres. Samedi lors d'une sortie sur terrain à travers
la capitale, Abdelmadjid Tebboune s'arrête donc à l'Ecole supérieure de
la sécurité sociale où une cérémonie de remise de diplômes est prévue.
Le patron du FCE est sur place avec d'autres invités.
Avant même son entrée dans la salle, Tebboune informe le ministre du
Travail et de la Sécurité sociale que la présence de Haddad est
indésirable. Le concerné quitte les lieux en compagnie du secrétaire
général de l'UGTA. La sortie de ce dernier surprend. Geste de
solidarité, mesure de précaution ou a-t-il tout simplement été lui aussi
destinataire du même message ?
Dans la salle les supputations vont bon train, mais l'attention reste
focalisée sur le cas Haddad. En moins d'une année, celui-ci se fait en
effet pour la seconde fois malmener publiquement par de hauts
responsables de l'État.
En décembre dernier, Sellal avait quitté le forum économique africain au
moment où celui-ci s'apprêtait à prendre la parole. L'ex ministre des
Affaires étrangères et tous les officiels présents ont fait de même.
Adroitement, Haddad et le FCE parvenaient tout de même à étouffer
l'affaire en la mettant sur le compte d'un problème d' organisation. Le
Forum des chefs d'entreprise lui renouvelle sa confiance lors des
élections qui suivent.
L'incident est oublié. Mais samedi, une autre affaire surgit. Un certain
malaise règne depuis au sein de l' organisation. Les plus impliqués
tentent de comprendre, s'interrogent sur un geste qui dit-on pourrait
découler d'une ancienne rancoeur datant de l'époque Sellal.
Les interrogations sont nombreuses, les appréhensions aussi. D'ores et
déjà, les craintes de ne pas être conviés aux prochaines tripartites et
autres événements économiques se font ressentir.
Mais Haddad et le FCE préfèrent éviter la polémique pour l'instant.
L'avenir du Forum en dépend.
A. C.

Sidi Saïd, arbitre ou partie ?
Que s’est-il réellement passé avant-hier, au niveau de l’Ecole
supérieure de la sécurité sociale (ESSS), à quelques minutes de
l’arrivée du Premier ministre, deuxième point de sa tournée algéroise ?
Si le patron du FCE a été invité par les services du protocole du
Premier ministère via le département du travail à quitter la salle avant
l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune, qu’en est-il alors du «cas» du
secrétaire général de l’UGTA ? Explication.
Abder Bettache - Alger Le Soir) - Outre sa vive colère exprimée à
l’adresse des responsables de l’entreprise chinoise en charge de la
construction de la Grande-Mosquée d’Alger, l’autre fait marquant ayant
caractérisé la première sortie sur le terrain de Abdelmadjid Tebboune
reste incontestablement l’ambiance particulière qui avait régné au
niveau de l’Ecole supérieure de la sécurité sociale sise à Ben Aknoun.
Il s’agit du second point sur les quatre prévus dans la tournée du
Premier ministre au niveau de la capitale, ce samedi 15 juillet 2017.
En effet, si tout le monde s’accorde (presse et observateurs) pour
affirmer que le patron du FCE a été réellement invité à quitter la salle
et ne pas prendre part à la cérémonie de sortie de promotion des
diplômés de l’Ecole supérieure de la sécurité sociale, le cas du
secrétaire général de l’UGTA a soulevé lui aussi plusieurs questions.
Selon plusieurs comptes rendus de presse, Abdelmadjid Sidi Saïd, qui
était au départ présent dans la salle, avait brillé par son absence à
quelques minutes de l’arrivée du Premier ministre. Question : le
secrétaire général de l’UGTA était-il, lui aussi, «invité» à quitter la
salle, au même titre que le président du FCE ?
Contacté par nos soins pour avoir son avis sur la question, Abdelmadjid
Sidi Saïd était injoignable, en ce premier jour de semaine. Il n’en
demeure pas moins que plusieurs sources présentes ce samedi sur les
lieux ont soutenu tout à fait le contraire «de ce qui a été rapporté par
la presse». «Comme à son habitude, dans cette affaire, le secrétaire
général de l’UGTA a joué à l’apaisement», s’est contenté de nous
expliquer une source proche de la centrale syndicale, qui a voulu garder
l’anonymat.
Une autre source, celle-là sûre et proche du département du travail, de
l’emploi et de la sécurité sociale, avance d’autres informations qui
complètent celles soutenues par la source syndicale. Elle explique :
«Quelques minutes seulement après avoir été approché par les services du
département du travail, l’invitant de quitter la salle sur “demande” des
services du Premier ministère, le président du FCE, après hésitation et
affichant une mine coléreuse prend la direction des sanitaires. La scène
se déroulait à quelques mètres de Abdelmadjid Sidi Saïd. Ce dernier
ayant constaté qu’une situation anormale vient de se produire, emboîte
le pas à Ali Haddad et le rejoint au niveau des sanitaires». Pendant ce
temps, les services s’impatientent de voir le président du FCE quitter
les lieux avant l’arrivée du Premier ministre. L’ambiance risque de
prendre une autre tournure, si le concerné ne quitte pas les lieux avant
l’arrivée du Premier ministre. Dans le cas contraire, ce dernier risque
de faire l’impasse sur la première escale de sa tournée, explique-t-on.
Vraisemblablement, le patron de l’UGTA a voulu s’enquérir de la
situation. Selon d’autres sources, le président du FCE avait tenté
«d’organiser» une résistance à la demande qui lui a été faite par les
services du département du travail. Voulait-il engager un bras de fer
avec le Premier ministre ? Voulait-il jouer aux prolongations et mettre
de par sa présence tout le monde devant le fait accompli ? C’est en
voulant sans aucun doute éviter ce scénario, que le secrétaire général a
tenu à accompagner le patron du FCE à l’extérieur et par voie de
conséquence briller lui aussi par son absence à cette cérémonie. «Une
chose est certaine et vous pouvez la confirmer tant auprès du concerné,
qu’auprès des services du Premier ministère : Abdelmadjid Sidi Saïd a
joué le rôle du sage et a évité un clash certain !», a réitéré pour la
seconde fois notre source.
Cela dit, au-delà de la demande de l’un ou de la réaction de l’autre,
aujourd’hui une question se pose avec acuité : quel avenir pour le
dialogue social ? Le pacte social conclu entre les trois parties
(gouvernement-UGTA-patronat) est-il menacé ? Cette nouvelle donne
s’inscrit-elle dans la perspective de la vision économique et sociale
que prône le nouveau chef du gouvernement ?
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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