BOUGUERRA SOLTANI, EX-PRÉSIDENT DU MSP :: «L’ère des combats idéologiques est révolue»

Lesoir; le Mardi 11 Juillet 2017
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L’ex-président du MSP estime que «l’ère des combats
idéologiques est révolue», invitant la classe politique, qu’elle soit de
l’allégeance ou de l’opposition, à se «regarder dans la glace» en se
remettant en cause en vue d’une nouvelle culture politique basée sur le
partenariat.
Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - A l’appui de son constat,
Bouguerra Soltani, qui intervenait, hier, à la huitième édition de
l’université d’été du mouvement Islah, relèvera une des tares de la
classe politique nationale, qu’elle émarge dans l’allégeance ou dans
l’opposition : «Une culture politique exclusivement partisane, donc
étroite, peu ou trop peu ouverte sur l’autre». Un fléau qui a fait que,
selon lui, «nous avons négligé l’élément fondamental, à savoir la
citoyenneté dans la plénitude de sa signification qui fait que chaque
Algérien est citoyen à part entière» alors que les partis, ailleurs, «se
considèrent comme des partenaires, ce que nous avons d’ailleurs demandé
du temps de la défunte alliance présidentielle». poursuivra-t-il. Et
d’inviter les partis à «revenir de leurs illusions», «Les nationalistes
considèrent l’Algérie, l’Etat, les universités comme étant leurs biens
exclusifs, les islamistes en font de même pour la religion et les
démocrates se proclament comme étant les champions de l’ouverture»,
dira-t-il.
Et de plaider pour un consensus national le plus large possible, même si
le prédécesseur de Abderezzak Mokri à la tête du MSP avoue toutes les
difficultés. Il rappellera, fort à propos, que le pouvoir en place, et
au plus fort de la crise endurée par le pays durant les années 1990 du
siècle dernier, s’en est tenu à «sa propre logique». Ceci même s’il se
félicite de l’invitation faite par le nouveau Premier ministre à la
classe politique pour discuter de la lancinante question des transferts
sociaux, espérant que le pouvoir ne viendra pas, une fois de plus,
«imposer sa propre vision dans un simulacre de concertations».
L’occasion pour Soltani de considérer les récents «échanges
d’amabilités» entre le président du MSP et le secrétaire général du RND
comme étant un moyen de «meubler la présente saison creuse, comme il est
de coutume à pareille période estivale». Alors que, regrettera-t-il, il
aurait été «mieux indiqué de débattre de sujets de loin plus importants
comme les transferts sociaux ou encore le projet de la loi de finances
2018 qui sera plus rude que les deux précédentes». Ceci tout en tenant à
préciser que c’est Ouyahia qui a «commencé» les hostilités et que le
président du MSP «n’a fait que répliquer et se défendre».
Il faut noter que le «consensus national, garantie de la stabilité et du
développement du pays», générique sous lequel se déroule cette neuvième
université d’été du mouvement Islah à laquelle prennent part près de
soixante-dix militants et cadres du parti, a été abordé par le reste des
intervenants. Avec, notamment, celle du président du parti Fedjr el
djadid, qui dira que l’opposition a eu à faire de son mieux pour n’avoir
jamais cessé d’appeler à un dialogue le plus large. Mais,
regrettera-t-il, c’était compter sans l’entêtement du pouvoir à ne s’en
tenir qu’à son «opiniâtreté», mettant le doigt sur l’extrême gravité de
la situation du pays.
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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