BOURSE D’ALGER: Comment sortir du cercle des seules 5 entreprises cotées ?

Lesoir; le Dimanche 15 Avril 2018
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«La politique de dividendes doit être au centre des
préoccupations des sociétés cotées en Bourse», affirme Yazid Benmouhoub,
le directeur général de la Bourse d’Alger qui espère, ainsi, capter
l’intérêt des sociétés ayant un potentiel économique et financier
solides.
Pour le DG de cette institution financière, l’entrée en bourse d’une
entreprise est non seulement un moyen d’engranger des gains financiers
et de la croissance, c’est aussi l’assurance de labellisation de
l’entreprise en question.
Avant d’arriver à cet appel, le DG de la Bourse d’Alger, qui a animé une
conférence au siège du quotidien DK News, a fait le bilan de cette
institution financière. Il a surtout décrit le contexte économique du
pays pour situer les difficultés qui empêchent la Bourse d’Alger de
sortir de l’ornière des 5 entreprises. Jusqu’à ce jour, il n’y que 5
sociétés cotées en Bourse en Algérie.
«La question qui se pose, souvent, au sujet de la Bourse est : est-ce
que la Bourse peut réellement jouer un rôle dans le financement de
l’économie ?», s’inquiète Benmouhoub, dès l’entame de son intervention.

Présentement, il ne faut pas être un grand expert financier pour
répondre aisément par la négative. Le DG de la Bourse d’Alger donne
quelques éclaircissements sur le manque d’enthousiasme des acteurs
économiques du pays à faire de la Bourse d’Alger un grand marché
financier qui pourrait aider les entreprises du pays et booster la
croissance économique.
«Il y a plusieurs raisons qu’on peut expliquer. Il y a d’abord la
période de sa création en 1990. Avec les événements qu’a connus la
décennie qui s’en suivra, ce n’était pas la période idéale pour le
développement d’un marché de capitaux. Entre 2000 et 2014, il y a eu
l’embellie financière importante qui a permis à l’Algérie de réaliser
des avancées considérables sur, pratiquement, tous les plans.»
Le DG de la Bourse estime cependant que cette embellie n’était pas
favorable à l’établissement qu’il dirige pour jouer un rôle prépondérant
dans la circulation de grands capitaux. Il donne son explication :
«Toujours durant cette période 2000/2014, le secteur bancaire qui reste
le principal acteur dans le financement de l’économie nationale a eu une
décennie de surliquidités, qui a obligé les pouvoirs publics à accorder
des bonifications des taux d’intérêts des crédits d’investissements pour
pouvoir attirer des entreprises et absorber cette surliquidité.
Nous avons souffert d’un excès de liquidité. Aucune Bourse ne se
développe durant la période de surliquidité.»
Il avouera, en outre, que la Bourse d’Alger n’était pas concurrentielle
en termes de coût et de financement pour attirer les entreprises et de
conclure ce chapitre. «Nous sommes très loin des capacités du marché
financier.»

Le stress financier du pays favorable à la Bourse d’Alger ?
Mais le conférencier estime que la situation a changé depuis le second
semestre 2014 : «Depuis le second semestre 2014, la situation a
totalement changé. Aujourd’hui, les chiffres de la Banque d’Algérie
indiquent que la liquidité a baissé de 74%. Cela veut dire que le
secteur bancaire n’a plus les mêmes capacités de financement que celles
antérieures à 2014.
Dans cette situation de stress financier, nous pensons que la bourse
peut jouer un rôle. Je n’irai pas jusqu’à dire que la Bourse pourrait
être l’alternative aux banques. Seulement, nous souhaitons que la bourse
puisse accompagner le financement des entreprises pour faire baisser la
pression sur le secteur bancaire.»
Comment ? Le patron de la Bourse préconise la recapitalisation des PME
et PMI. «C’est-à-dire lever des fonds auprès de la Bourse. Une fois le
capital de ces PME/PMI augmenté, elles peuvent accéder aux crédits
bancaires. Elles peuvent aussi élargir leurs capacités d’endettement et
se mettre en position de force pour négocier des taux d’intérêts en leur
faveur.»
Pour Benmouhoub, la cotation en Bourse d’une entreprise renvoie une
image extrêmement favorable de cette entité économique. «Cela veut dire
qu’elle est gérée selon les standards internationaux et dans la
transparence. Nous lançons un appel aux entreprises privées à venir en
Bourse, à lever des fonds et à se développer.»
L’orateur juge le contexte économique favorable au développement de la
Bourse d’Alger. Selon lui, les pouvoirs publics misent sur un
développement économique tiré par l’industrie dont une partie est
destinée à l’export. «On labellise les produits made in Algeria, il
serait bon aussi de labelliser l’entreprise algérienne si elle veut
aller vers le marché international».
Il est clair pour le patron de la Bourse d’Alger que le meilleur moyen
de labelliser l’entreprise est son entrée en Bourse.
Pour l’occasion, le conférencier a mis en exergue certaines décisions
techniques de la Bourse d’Alger en vue de faciliter les transactions.
Par ailleurs, des banques privées seraient intéressées pour se
positionner au sein de la Bourse d’Alger en vue de jouer un rôle au sein
de ce marché financier.
Abachi L.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Abachi L.

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