Budget 2018: Un déficit de près de 17 milliards de dollars

Lesoir; le Lundi 13 Novembre 2017
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Le projet de loi de finances pour 2018 a été
présenté, hier, à l’Assemblée populaire nationale (APN) par le ministre
des Finances Abderrahmane Raouya. Il prévoit une hausse des dépenses de
plus de 1 500 milliards DZD (13 milliards USD) comparativement à 2017 et
un déficit de plus de 1 900 milliards DZD (17 milliards USD).
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Dans sa présentation du projet de
loi de finances pour 2018 hier, à l’Assemblée populaire nationale (APN),
le ministre des Finances Abderrahmane Raouya a indiqué que les dépenses
globales devront atteindre près de 8 700 milliards DZD (+21,3%
comparativement à 2017) contre 6 700 milliards DZD de recettes, ce qui
fait un déficit de l’ordre de 1 900 milliards DZD, soit près de 17
milliards de dollars américains (USD) suivant le taux de change moyen du
dinar face au billet vert adopté comme base de calcul dans l’élaboration
du budget et qui est de 115 DZD pour un USD.
Ainsi, les agrégats macroéconomiques se présentent comme suit : le
gouvernement table sur une inflation contenue dans les limites de 4,3%
en moyenne pour la période 2018-2020 (5,5% en 2018 avant de baisser à
3,5% en 2020), la croissance sera de 4% en 2018 et évoluera crescendo
(4,2% en 2019 et 4,6% en 2020), la balance des paiements verra son
déficit réduit à -3,4 milliards USD en 2020 (-12,5 en 2018). Ces
prévisions sont faites sur la base d’un prix du baril de pétrole
oscillant entre 50 et 55 USD sur la période indiquée.
En effet, le gouvernement prévoit une augmentation des recettes des
exportations des hydrocarbures qui devront passer de 33,6 milliards USD
en 2018 à 39,6 milliards USD en 2020. Quant aux importations, elles
baisseront selon les calculs du gouvernement de 43,6 milliards USD en
2018 à 40,9 milliards USD en 2020. Ce faisant, le Fonds de régulation
des recettes (FRR) enregistrera un solde positif de 276,4 milliards DZD
(2,4 milliards USD) à la fin 2020. La fiscalité ordinaire (+9,8% en 2018
comparativement à 2017) augmentera de 10% en moyenne sur la même
période.
Dans le détail, le budget de fonctionnement restera stable en 2018
(-0,2%) alors que celui d’équipement augmentera de 60% comparativement à
2017. Et ce, parce qu’il a prévu de puiser dans le budget d’équipement
pour le règlement des dettes de l’Etat pour un montant de 400 milliards
DZD et de renflouer exceptionnellement la Caisse nationale de sécurité
sociale (Cnas) à hauteur de 500 milliards DZD pour préserver le
dispositif de la protection sociale qui risque de s’effondrer. Les
transferts sociaux augmenteront également et passeront à 1 760 milliards
DZD en 2018, soit une hausse de 7,9% comparativement à 2017. Ils
représenteront ainsi 8,4% du PIB.
Pour parer à ces dépenses, le gouvernement a augmenté plusieurs taxes et
instauré de nouveaux impôts : «La taxe sur les produits pétroliers (TPP)
applicable sur les carburants sera augmentée de 5 DZD/litre pour
l’essence et de
2 DZD/litre pour le gasoil; le tarif de la taxe additionnelle sur les
produits tabagiques a été fixé à 21 DZD/paquet; une taxe de
domiciliation bancaire sur les opérations d’importation est instaurée
pour un taux avec de 1% du montant de l’importation, et ce, pour toute
demande de domiciliation d’une opération d’importation de marchandises,
sans que le montant ne soit inférieur à 100 000 DZD ; une pénalité de 5%
de la valeur vénale du foncier sera payée par tout bénéficiaire de
terrain à vocation industrielle mis sur le marché par voie de cession
par des organismes publics ou par voie de concession par les Domaines,
dans le cas où il demeure inexploité pour une période supérieure à trois
ans.»
Par ailleurs, le projet de loi de finances met à jour le vieil impôt sur
le patrimoine désormais appelé l’impôt sur la fortune. Le patrimoine
soumis à cet impôt doit avoir une valeur supérieure à 50 millions DA.
Les biens qui seront taxés par cet impôt sont les biens immobiliers, les
véhicules particuliers d’une cylindrée supérieure à 2 000 cm3 (essence)
et de 2 200 cm3 (gasoil), les yachts et bateaux de plaisance, les
chevaux de course, les jets privés, les objets d’art estimés à plus de
500 000 DZD, les bijoux et pierreries, or et métaux précieux. Les
habitations principales sont exclues de l’assiette de cet impôt sur la
fortune.
Il convient enfin de souligner que le projet de loi de finances pour
2018 autorise le gouvernement à procéder à des opérations d’émissions
souveraines de titres, à moyen et long terme, pour financer la
construction d’infrastructures ou des équipements publics marchands de
l’Etat.
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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