CENTRE COLONIAL DE TORTURE D’EL DJORF (M'SILA): Quand la mémoire est jetée aux oubliettes

Lesoir; le Mardi 21 Mars 2017
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Malheureusement le camp de torture situé au lieudit
El Djorf, plus exactement à la sortie ouest de la ville de Ouled Derradj
à 22 km à l'est du chef-lieu de la wilaya, où on a enregistré
l'emprisonnement des centaines de moudjahidine activant dans les six
wilayas durant la guerre de libération et surtout des hauts responsables
de l'Armée de libération nationale tels que feu Slimane Amirat, a été
largement abandonné pour être occupé par des familles à la recherche
d'une habitation devant le silence des responsables de l'époque et
surtout l'indifférence de l'organisation et la Direction des
moudjahidine se laissant faire par des gens n'ayant aucun égard pour les
valeurs historiques de la Révolution algérienne.
D'ailleurs, ce site a subi des dégradations dans la majorité du lieu
composé d'une centaine de cellules avec des murs en «toub», des
parpaings en argile détruits totalement ou à moitié qui ne reflète en
aucun cas l'existence d'un lieu de détention et de torture durant la
guerre de libération.
D'ailleurs, lors de la visite des autorités et de la famille
révolutionnaire des lieux à l'occasion de la fête de la Victoire
célébrée dans la ville de Ouled Derradj, on a remarqué même la présence
d'une habitation au milieu d'un beau jardin donnant l'impression d'être
dans un ranch, un lieu qui devrait marquer normalement le long trajet
tracé durant cette guerre de libération qui a marqué cette terre et
cette population avec une histoire qu'on devrait raconter, ces vestiges
et les cieux de détention et de torture qu’on devrait montrer surtout
aux futures générations pour qu'on donne plus d’attention à ce pays
appelé l'Algérie. Pourtant, il peut être un musée historique à ciel
ouvert sur les conditions de détention et les méthodes de torture
appliquées par les forces françaises à l'encontre d'un peuple qui a
réclamé sa liberté ; au lieu de le transformer en une propriété privée.
A signaler que la vraie image et la seule esquisse gravées dans la
mémoire des Algériens à propos de ce lieu, ont été tracées par le grand
cinéaste algérien enfant de la région. Il s'agit de M. Lakhdar Hamina
Mohamed dans son film Le vent des Aurès, pour ceux qui veulent revoir ce
camp de détention dans son état initial ou peut-être pour des
responsables voulant le refaire.
Malgré les efforts déployés par les responsables de la wilaya ces
derniers temps pour réhabiliter cette prison à ciel ouvert, ayant refait
seulement deux ou trois cellules comme on a construit une clôture en
béton et installer une autre en grillage barbelé, l'aspect carcéral est
complétement effacé devant des ruines qu'on ne peut distinguer son
époque historique.
Comme c'est le cas de la placette en plein centre-ville de M'sila
appelée la place des Martyrs «Sahet Echouhada» baptisée au nom des
premiers martyrs tués par les forces coloniales en 1956 montrant leur
atrocité et leur hostilité après le déclenchement de la guerre de
libération envers ce peuple qui a décidé de se libérer.
Devenue un lieu sacré après l'indépendance où on célébrait autrefois
toutes les festivités organisées en ville surtout les fêtes relatives à
la guerre de libération telles que la fête de l'Indépendance, le
1er-Novembre, la journée du Chahid et autres pour ne citer que
celles-ci, cette placette autrefois bien entretenue par des jardiniers
d'une grande expérience en horticulture est désormais un lieu abandonné
aux aléas du temps et des personnes irresponsables ayant remplacé cette
verdure par du carrelage et dotée de sièges la transformant en une place
publique perdant toute sa sacralité historique et ses belles fleurs, ses
plantes et son gazon et son joli décor, faisant mal moralement aux
habitants ayant vécu les meilleurs moments des premières années de
l’indépendance dans cette ville, terre natale de l'un des architectes de
cette glorieuse guerre de libération, à savoir feu Mohamed Boudiaf qui
ne demandent lui et ses compagnons d’armes que de préserver et
réhabiliter ces lieux sacrés, seuls témoins de l'occupation française,
de ses actes barbares et le seul moyen de garder l'amour de l' Algérie
libre.
A. Laïdi

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. Laïdi

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