CENTRE DE SANTÉ DE SOUK-EL-TÉNINE: Le personnel en grève

Lesoir; le Samedi 27 Octobre 2007
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“Protestation par un arrêt de travail de 2 heures tous les dimanches pendant un mois” et “information de la tutelle, des autorités locales, des comités de village ainsi que de la presse”, telles sont les deux décisions prises par le personnel du centre de santé de Souk-El- Ténine à l’issue d’une assemblée générale sanctionnée par un PV suivi de l’émargement d’une quarantaine d’employés, toutes fonctions confondues, et dont une copie a été transmise à notre rédaction.Cet état de fait intervient, comme le mentionne le PV, en “réaction au grave incident survenu lors de la garde de la nuit du 13 au 14 octobre dernier”. L’incident en question, selon le même document, s’est produit pendant la nuit lorsque “entre 2h et 4h du matin et à deux reprises, des individus, visiblement agités, se sont présentés au service des urgences et ont procédé au saccage de la structure et au vol du matériel, tout en proférant des insultes, obscénités et menaces avec armes blanches à l’encontre du personnel de garde”, souligne le PV, qui fait état “d’appels de détresse aux services de sécurité pour porter secours au personnel, mais qui sont demeurés sans suite”. Ce qui semble provoquer l’ire des employés, dont le premier piquet de grève, couplé à un sit-in, a eu lieu dimanche dernier, est la non-intervention des services concernés sollicités vainement pendant la nuit de l’incident. Ce qu’ils considèrent comme une “non-assistance à personne en danger” dont a été victime le personnel de garde. Un personnel “qui n’a dû son salut qu’à la volonté de Dieu, car l’irréparable a été évité de justesse”, souligne encore le PV, à travers lequel sont narrées les conditions générales déplorables, notamment pendant la nuit, dans lesquelles baignent cette structure sanitaire et ses travailleurs”. “Depuis la création du point de garde, nous subissons une situation d’insécurité portant atteinte à notre dignité et intégrité physique et qui, en plus, entrave grandement le bon exercice de notre profession et nos activités de soins”, soutiennent les rédacteurs du PV, tout en mentionnant que “les autorités concernées ont été saisies à plusieurs reprises pour remédier concrètement à cette situation”. Des sollicitations qui seraient restées lettre morte, à en juger par les propos tenus par les employés rencontrés mardi matin dans l’enceinte de leur lieu de travail. “Même après notre première action de protestation, nous n’avons enregistré aucune réaction de la tutelle ou d’une autre autorité”, ont-ils soutenu en chœur. Une situation qui pousse le personnel à menacer de passer à d’autres actions de protestation si aucune solution crédible n’est envisagée comme celle de ne pas assurer le travail de nuit. Pour l’heure, ils pensent que des solutions immédiates sont envisageables comme “le transfert du point de garde au centre de santé de Souk-El-Khemis pour se rapprocher de la Sûreté de daïra ou le recrutement d’agents de sécurité”. Il faut souligner que vu la rareté des structures sanitaires dans la daïra et les régions limitrophes à même d’assurer les urgences, le centre de santé de Souk-El-Ténine est sollicité par une grande demande venue même des communes de Tirmitine, Aït- Abdelmoumène, Amechras et ce, en plus des deux communes de la daïra de Maâtkas. Malheureusement, comme le soulignent les employés, le climat général de sécurité ainsi que le manque de matériel et de considération des responsables concernés font défaut. “Même les patients et les parturientes ne sont pas à l’abri d’une agression”, soutiennent-ils. Pourtant, le personnel semble ne demander qu’une oreille attentive à même de lui garantir d’exercer dans des conditions honorables et rassurantes, car le dévouement à lui seul ne suffit pas.R. A.

Categorie(s): régions centre

Auteur(s): R. A.

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