CONSTRUCTIONS ILLICITES À TIPASA: Des centaines de bâtisses ciblées

Lesoir; le Lundi 25 Decembre 2017
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La cellule de communication de la
wilaya de Tipasa a rendu public récemment un compte-rendu des
conclusions des travaux du Conseil de wilaya.
Ainsi, M. Badjou, le chargé de communication de la wilaya, a transmis à
la presse un communiqué qui relate et résume les décisions et les
recommandations à l’adresse des 28 maires de la wilaya, des 10 chefs de
daïra et à l’ensemble des membres de l’exécutif de la wilaya. Parmi les
mesures prises à ce titre, plusieurs thèmes qui s’avèrent être de la
plus haute importance, à l’instar de l’éradication des constructions
illicites, de l’état des lieux concernant l’application de la circulaire
15/08, et aux mesures relatives à la démolition des constructions
illicites, à l’hygiène et aux Centres d’enfouissement techniques. La
démocratie participative et la gestion rationnelle des ressources
humaines ainsi que le raccordement au gaz naturel ont été également à
l’ordre du jour. «Autant de points sensibles que les nouveaux maires
doivent prendre en charge et régler impérativement à l’abri des
affinités partisanes, dans l’intérêt du citoyen et de la commune»,
précise le communiqué. A ce titre, le wali de Tipasa, M. Moussa Ghellai,
s’est insurgé face à quelques APC, nouvellement élues, en leur
soulignant que «les constructions illicites avaient vu le jour en toute
impunité grâce aux complicités de certains élus et fonctionnaires
locaux, cela a entravé la gestion de la commune, je vous demanderai de
faire démarrer dès à présent la machine de démolition de ces
constructions illégales.» Les rapports et bilans établis tant par la
gendarmerie que par la police font état de situations alarmantes, voire
inacceptables concernant les agressions des domaines fonciers,
agricoles, forestiers et maritimes. C’est ainsi que la zone touristique
de la corniche du Chenoua, d’une superficie de 425 hectares, subit
encore des agressions faites tant à ses espaces touristiques, forestiers
que balnéaires. Selon un bilan de la police de Tipasa, il a été
enregistré en 2016 plus de 591 infractions et violations des règles
d’urbanisme et 530 infractions en 2015. Un autre bilan de la gendarmerie
établit qu’en 2014, il y a eu 417 infractions à l’encontre des fonciers
agricole, domanial, maritime et communal, particulièrement au niveau des
villes côtières de Cherchell, Chenoua, Hamdania, Fouka et Bou-Ismaïl.
Des situations paradoxales ont été observées, notamment dans la zone
touristique de Douaouda, où 15 chalets construits illicitement furent
démolis par la force publique au niveau de la plage Colonel-Abbès,
tandis qu’à proximité immédiate de la ville de Tipasa, faisant fi des
règles de l’urbanisme et profitant du laxisme et de la complaisance de
certains responsables locaux, des indus occupants ont érigé une
vingtaine d’habitations illicites en R+2 et R+3 dans le domaine public
fluvial au sud-ouest de Tipasa. A la suite de cette situation, le maire
de Tipasa avait pris une décision de déclaration de péril pour toutes
les constructions qui menaçaient ruine, en notifiant à tous les indus
occupants que des mesures seront décidées et éventuellement qu’un arrêté
de démolition de ces habitations fragilisées sera émis. Un constat des
lieux a été signalé où des fissurations importantes sur les éléments
porteurs ont été signalées et des procès-verbaux d’infraction ont été
dressés pour stopper les constructions illicites en cours qui prenaient
de l’ampleur dans la partie basse en préconisant de mener des opérations
de démolition. Toujours à ce titre et s’agissant des démolitions des
constructions illicites, la police a recensé pour 2016 quelque 19 cas de
démolition de constructions illicites. Pour 2015, il a été signalé 13
cas de démolitions effectuées. «Il a en outre été observé que,
malheureusement, et malgré ces mesures de verbalisation, ces décisions
ne sont toujours pas accompagnées d’effet par les APC ; ce type de
situation a été constaté au niveau des constructions illicites sur le
patrimoine archéologique, sur le domaine maritime et sur le domaine
agricole, bien que ces empiétements sur l’urbanisme défigurent gravement
les plans de développement urbain (PDAU et POS) au mépris de la loi et
de la réglementation», nous révèle un fonctionnaire local.
Houari Larbi

Categorie(s): régions

Auteur(s): Houari Larbi

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