COOPÉRATION ALGÉRO-FRANÇAISE: Rattraper le temps perdu

Lesoir; le Lundi 13 Novembre 2017
2

Alger et Paris semblent pressées de rattraper le
temps perdu et veulent aller vite. Pour ce faire, toute la détermination
est affichée, mais parviendront-elles à dépasser les «réalités»
soulevées hier de part et d’autre à l’ouverture du Comefa ?
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Les propos du ministre français de
l’Economie et des Finances ont, en tous les cas, eu le mérite d’être
clairs. «La France, dit-il, a perdu énormément de terrain en Algérie.
Elle se doit d’inverser la tendance.» Et d’ajouter : «Je suis un homme
concret, les chiffres que je détiens parlent d’eux-mêmes. Depuis 2010,
nos activités économiques ont chuté de 24 à 10%. Ce n’est pas bon.» Et
d’expliquer davantage. Selon Bruno Le Maire, cette perte de terrain est
due à la concurrence rude menée par la Chine, la Turquie et d’autres
pays encore qui cherchent à étendre leur zone d’influence économique.

Le ministre français décide d’ajouter sa touche personnelle dans son
discours. «J’ai, dit-il, éprouvé beaucoup d’émotion en me déplaçant à
Alger où mon grand-père est né en 1899. Je découvre une capitale, un
pays avec lequel je suis lié par le sang. N’en déplaise à certains, nos
deux pays sont liés par l’Histoire, un passé et un avenir pour lequel
nous devons travailler en commun et en particulier avec la jeunesse
algérienne et française.»
Cette jeunesse, Jean-Yves Le Drian l’évoque lui aussi beaucoup dans ses
deux discours d’ouverture et de clôture de la session du Comefa. Il fait
d’emblée savoir que les accords «jeunes actifs» devant permettre aux
compétences des deux nations de travailler dans l’un et l’autre des pays
ont été ratifiés à Paris, et que leur ratification se fera prochainement
à Alger. Mais ce qui semble lui tenir à cœur, Le Drian l’exprime sans
détour et le définit en trois points. «La France, dit-il, se réforme
dans tous les domaines et se veut être une locomotive économique. En
deuxième lieu, nous constatons que l’Algérie est engagée dans des
actions de grande ampleur notamment dans le domaine économique, et nous
voulons être partenaires de cette évolution. Dans mon troisième point,
je veux rappeler que votre pays est très riche et possède le potentiel
de la jeunesse vers lequel nous dirigeons nos espoirs.» Le MAE français
évoque également la nécessité de booster les relations multisectorielles
mais fait savoir que son intérêt primordial se focalise sur l’aspect
sécuritaire. Il rappelle l’existence de graves problèmes de sécurité
dans la région et ailleurs dans le monde «un extrémisme violent qu’il
faut combattre» avant d’ajouter : «Pour moi, c’est la priorité.»
Parmi la délégation qui l’accompagne figurent de hauts responsables
français chargés de la sécurité. Ces derniers ont pris part hier à la
troisième session de «dialogue stratégique» algéro-français qui sera
sanctionné par une déclaration prévue à la fin de la rencontre. De hauts
responsables algériens chargés de la sécurité ont pris également part à
ce dialogue. «Les réalités» se débattaient à ce niveau.
Peu de temps après l’ouverture du Comité mixte économique algéro-français,
les deux MAE se sont d’ailleurs retirés pour entamer les discussions
bilatérales. «Des thèmes très importants ont été débattus, indique Le
Drian en précisant que ces entretiens ont porté y compris sur la visite
du Président français à Alger. «Elle interviendra prochainement,
beaucoup de pas ont été avancés dans ce sens.» La signature du contrat
pour l’ouverture de l’usine Peugeot, Shneider Elec El-Djazaïr et Agromed
est intervenue vers 13 h30. Avant cela, le ministre algérien des
Affaires étrangères avait, lui aussi, fait part des «réalités» telles
qu’elles se présentent. «Il y a lieu de noter, dit-il, la faiblesse des
partenariats impliquant des investissements directs dans la quarantaine
d’accords et de protocoles signés dans le cadre du Comefa depuis sa
création.»
Messahel se dit cependant confiant en cet organisme qui constitue, selon
lui, un «forum de réflexion et d’actions intéressant pour le
développement du tissu industriel algérien». Il ajoute que la signature
du contrat Peugeot est une preuve qui «vient concrétiser la valeur du
Comefa».
De nombreux ministres du gouvernement ont été invités à assister à la
signature de l’accord. Un fait qui n’est pas passé inaperçu aux yeux de
Le Drian qui a tenu à évoquer «cette présence nombreuse et qualitative».
A. C.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. C.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..