DIGOUTAGE: Répudiation

Lesoir; le Lundi 15 Mai 2017
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Par Arris Touffan
Le vieux théorème selon lequel on n’est jamais plus véhément opposant que si
on est passé par le pouvoir ne cesse de se vérifier. On l’a toujours su, mais on
le confirme à chaque échéance, et deux fois plutôt qu’une. Ainsi en est-il de
l’après-législatives du 4 mai. Les plus hostiles opposants sont précisément ces
gens qui ont été, à un moment ou un autre, dans le système. Ils ont été soit
proches du Président, soit ministres et même Premier ministre et, une fois
éjectés pour une raison ou une autre, les voilà dans un nouvel habit, celui de
l’acerbe et irréductible héros de l’opposition.
Depuis l’indépendance, combien d’hommes et de femmes qui se sont usés à gagner
un strapontin dans le pouvoir au prix des plus basses accointances, avalant
toutes les anguilles du monde, se découvrent un courage de lion dès qu’on les
vire ? La liste est longue. On ne citera pas de noms, ici. Quelques-uns, acteurs
ou plutôt figurants d’épisodes récents, sont encore dans l’actualité. Ils
continuent incontinents à déverser la hargne née de la répudiation. Souvent,
d’ailleurs, ils arrivent à faire oublier d’où ils viennent.
On ne pensera pas à leur jeter la pierre. C’est ça aussi, c'est le jeu pervers
du pouvoir. Tant qu’on est là, on accepte le pire, et puis, dès qu’on est jeté,
on retourne le pire contre ses idoles. On le sait aussi, une répudiation ne se
fait jamais dans la félicité et la quiétude.
A. T.
digoutagesoir@yahoo.fr

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): lesoir

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