ÉLECTIONS LOCALES A TIZI-OUZOU: Les indépendants de Yakouren s'en vont, le RND revient

Lesoir; le Mardi 30 Octobre 2007
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Malin celui qui pourra oser un pronostic sur l’issue du scrutin du 29 novembre à Yakouren qui mettra en compétition quatre partis politiques, le FFS, le FLN, le RCD et le RND. Une élection sans les indépendants qui avaient réussi à décrocher la majorité relative aux partielles de 2005 avec 3 sièges devant le FFS, le FLN et le RCD crédités de 2 sièges chacun.Le FFS, qui veut mettre un maximum d’atouts de son côté dans cette compétition qui s’annonce indécise, a fait appel à Smaïl Kecili, ex-P/APW de Tizi-Ouzou, et à son expérience politique pour conduire sa liste alors que le RCD compte sur Mohand Mouri, comptable de formation pour mener la sienne à bon port. La même motivation habite le FLN qui compte sur la liste drivée par Tahar Issadi, un entrepreneur “jouissant d’une expérience à l’APC et dans le mouvement associatif”, selon ses pairs, pour espérer damer le pion aux autres formations politiques. La nouveauté sera le RND, un parti qui relance sa structure dans la localité et qui brigue lui aussi la magistrature communale en comptant sur la liste conduite par Smaïl Bourraï, enseignant du secondaire. Les élus qui sortiront des urnes tenteront de faire mieux que les indépendants dont la liste conduite par Mustapha Bourraï ne se représentera pas à cette échéance électorale après que ses éléments eurent rejoint leurs partis respectifs, selon le premier magistrat de la commune qui continue sa mission jusqu’au 29 novembre. M. Bourraï, qui affirme avoir choisi de tirer sa révérence en dépit, selon lui, “des sollicitations des comités de village de Yakouren (14 villages sur les 25 qui compte la commune)”, cela alors que des Yakourénis soutiennent que les indépendants avaient entamé la collecte des signatures avant de se raviser “devant l’échec annoncé de leur liste”, a dressé pour nous l’état des lieux du développement de sa commune. Pour ce dernier, qui affirme avoir défriché le terrain à ses successeurs, la commune de Yakouren a réalisé ou inscrit durant le court mandat de l’assemblée des projets lourds qui redonneront à la région un visage conforme à sa vocation touristique qui a valu à la ville le nom de Suisse africaine. Les projets sectoriels “arrachés par la commune” se résument, selon lui, en la réfection du réseau d’AEP de Yakouren, l’assainissement de la ville, le gaz naturel dont l’étude a été finalisée, l’aménagement urbain avec le récent déplacement d’un bureau d’études pour lever les réserves. De toutes ces réalisations à venir, il y a lieu de signaler le projet des canalisations ovoïdes, ouvrage destiné à recouvrir sur une distance de 1651 m le long de la RN12 jusqu’à la station Naftal le cours d’eau pollué par les rejets des eaux usées de la ville de Yakouren, égouts qui se déversent dans la luxuriante forêt en aval de l’hôtel Tamgout. Ce projet aura valeur de symbole puisqu’il réhabilitera ce coin de paradis aujourd'hui empestant des odeurs pestilentielles. Plus concrètement enfin, le P/APC évoque la réalisation des tronçons Aouana par Azaghar (21,5 km) et Ibelaïden-Yakouren (7 km), ainsi que Tissaouine-Tahgant par Dallot, projet en voie de réalisation puis Aït-Aïssi (2,1 km). Les travaux de réhabilitation de l’hôtel Suisse africaine constituent, quant à eux, un objet de fierté à l’APC qui déplore cependant l’insuffisance de l’enveloppe de 8 millions de dinars. Ce bien communal est convoité par beaucoup de personnes et de sociétés ; l’une d’elles envisage d’en faire un centre de vacances. Pour l’anecdote, cet établissement touristique qui a été victime d’un saccage et d’un pillage après sa reconversion en hôtel aux activités dénoncées par les citoyens aurait servi de résidence d’été au général de Gaulle et même à Karl Marx, selon le P/APC. C’était dans la chambre faisant angle à la RN12 que le général passait ses nuits, d’après notre interlocuteur. Pour le maire sortant, c’est cependant le projet de ZET, que son équipe n’a pas eu le temps d’inscrire, qui permettra à Yakouren de sortir la tête de l’eau. Un projet salvateur qu’il lègue à ses successeurs auxquels il souhaite bon courage. Yakouren, coquette localité à laquelle la réputation sécuritaire a volé injustement la vedette à la renommée touristique, se réveille à la réalité du développement. Pour preuve, “la quiétude des citoyens dans la ville et villages de Yakouren et leur aspiration à vivre mieux”, s’exclament des habitants, “des citoyens qui doivent impérativement faire corps pour atteindre les objectifs de développement sans exclusive”, note toutefois le P/APC qui évoquera à ce propos “les efforts et progrès communs pour lutter contre le tribalisme”. C’est enfin dans sa mansarde isolée, une maison en construction sise à 30 m de la RN12, à la lisière de la forêt de Yakouren où il vit seul (famille à Alger) que le P/APC sortant concoctait les projets de développement de la commune assis sur une brique et planchant sur une table de fortune sous un plafond de cartons. Et c’est dans cette maison livrée aux quatre vents que lui et sa petite famille se trouvaient au moment de l’attaque terroriste contre la brigade de la Gendarmerie nationale de Yakouren dans la nuit du 13 juillet dernier...S. Hammoum

Categorie(s): régions centre

Auteur(s): S. Hammoum

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