ENGRAIS PHOSPHATÉS: L’Algérie veut devenir un acteur majeur du marché mondial

Lesoir; le Mardi 21 Mars 2017
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L’Algérie ambitionne de devenir un acteur majeur de
la production et l’exploitation de phosphate. Un pari qui est tout à
fait dans ses cordes au regard du potentiel existant mais aussi grâce à
d’autres facteurs.
Younès Djama - Alger (Le Soir) - En effet, le pays dispose de deux
atouts majeurs : des réserves de phosphate importantes (estimées à 2
milliards de tonnes), et une proximité avec les principaux marchés qui
ouvrent au pays des perspectives intéressantes.
Avec ces facteurs que nul autre producteur ne possède dans la région, et
même au-delà, l’Algérie peut effectuer une remontée totale et rapide de
toute la chaîne des valeurs.
Avec 10 millions de tonnes/an d’ici 2019, l’Algérie commencera à se
frayer un chemin pour se positionner très vite, a souligné récemment le
ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb. En cette conjoncture
économique marquée par la chute des cours du pétrole avec l’amenuisement
des recettes en devise. La société Somiphos, qui détient le monopole de
l’exploitation de phosphate sur le marché national, effectue,
annuellement, des prospections sur d’autres sites et met en place des
programmes de recherche afin de certifier et accréditer les réserves de
phosphates existantes. La conjoncture actuelle ne peut être que
favorable pour développer cette activité et encourager les exportations
hors hydrocarbures.
Le ministère de l’Industrie et des Mines se fixe comme objectif
d’atteindre 6 millions de tonnes/an à l'horizon 2018 et 10 millions de
tonnes à l'horizon 2020 contre 1,2 million de tonnes de brut
actuellement, annonçant la réalisation de quatre unités de
transformation dont deux (Souk Ahras) et à El-Aouinat (wilaya de
Guelma).
Ces investissements permettront à l'Algérie de maîtriser la filière de
l'industrie des engrais, «ce qui fera d'elle une pionnière dans
l'exportation de ces produits dans le monde», avait récemment promis
Abdesselam Bouchouareb. Ce dernier avait présidé une cérémonie de
signature de trois partenariats entre les groupes publics Manal et
Asmidal, avec l’indonésien Indorama Corporation, un opérateur leader
mondial dans le domaine de la pétrochimie et des fertilisants.
Les contrats portent sur le développement et l’exploitation de la
nouvelle mine de phosphate de Bled-El-Hadba à Tébessa, la transformation
des phosphates pour la production de l’acide phosphorique et le
diammonium phosphate à Souk Ahras et la transformation du gaz naturel
pour la production d’ammoniac, de nitrate d’ammonium technique, et du
calcium ammonium nitrate à Hdjar Essoud à Skikda.
Avec ces trois plateformes en lancement dès 2016 (avec Indorama) et
d’autres qui suivront à très brève échéance, ce sont 5 milliards de
dollars d’investissements qui sont prévus avec à la clé la création de
près de 16 000 emplois dont 12 000 en phase de construction et 4 000 en
exploitation.
Des projets qui permettront à l’Algérie de se «positionner sur toute la
chaîne des valeurs des phosphates et du gaz», ajoutant que la
production, qui passera d’un million de tonnes par an actuellement à 10
millions de tonnes en 2019, servira à couvrir les besoins de
l’agriculture en fertilisants et permettra l’exportation de l’excédent
dégagé. L’objectif stratégique de ce partenariat vise la transformation
de 5 millions de tonnes de phosphates marchands en engrais phosphatés et
la production d’un million de tonnes d’ammoniac et 800 000 de calcium
ammonium nitrate.
L’ambition du gouvernement est de faire de notre pays un acteur majeur
du marché mondial des engrais phosphatés et des autres dérivés.
Y. D.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Y. D.

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