FIN DE PARCOURS POLITIQUE POUR BAHA-EDDINE TLIBA: Game over !

Lesoir; le Jeudi 11 Octobre 2018
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Avant l’heure prévue, il a voulu mettre sur les rails
la machine à tout écraser sur son passage dans la perspective de ce
cinquième mandat qui fait tourner bien des têtes. Mal lui en prit. Déjà
qu’il ne fait rien sans parvenir à éviter les regards, voilà donc Baha-Eddine
Tliba, un autre inénarrable modèle de personnage de ce que produit la
politique algérienne, qui se retrouve, aussi vite qu’il a fait irruption
dans la haute sphère, honni par les siens, rejeté tel un paria.
Personnage sulfureux, dans le sens le plus péjoratif du mot, le député
de Annaba a donc voulu doubler tout son monde en lançant «sa»
Coordination nationale de soutien au cinquième mandat de Bouteflika en
impliquant dans son œuvre nombre de personnalités de premier ordre du
parti au pouvoir, et ce, quelques jours à peine après que Ould-Abbès eut
intimé l’ordre à quiconque au sein du FLN d’évoquer le sujet du
cinquième mandat jusqu’à pratiquement l’élever au rang de tabou, jusqu’à
nouvel ordre.
Une démarche qui, en tous les cas, a mis le feu au sein du parti au
pouvoir non pas parce que, d’abord, l’initiative a été lancée avant
l’heure indiquée, mais également du fait qu’elle portait le sceau de
personnalités qui comptent au sein des cercles qui font et défont la
décision politique dans le pays, et qui ont toutes promptement nié, avec
des mots forts, leur implication dans ce que Ould-Abbès met sur le
compte de manigances. Ainsi, il apparaît maintenant que ça a tout l’air
d’une autre manche du jeu trouble auquel s’adonnent des cercles qui
tentent tout pour demeurer ou revenir dans l’orbite du cercle
présidentiel et qui ont trouvé en le député Tliba un soldat prêt à aller
au feu, sans penser un moment qu’il allait signer son arrêt de mort
politique.
Baha-Eddine Tliba, qui en connaît un bout sur les scandales depuis qu’il
s’est offert une entrée par effraction dans la vie politique, vit,
apparemment, ses dernières heures sous les lumières de la rampe qu’il a
su attirer au lendemain des élections législatives de 2012 lorsqu’il a
été élu sur une liste d’un de ces partis dont on ne sait à quoi ils
servent réellement, avant d’offrir son allégeance au FLN qui le
propulsera au rang de second du groupe à l’Assemblée nationale puis sa
consécration en tant que vice-président de l’Assemblée nationale, donc
apte à suppléer le troisième plus haut personnage de la République.
Le tout en quelques mois après son apparition dans la vie publique
nationale, à la stupéfaction de ceux qui l’ont croisé à Annaba d’où il a
commencé à se rapprocher de ceux qui décident, avec des noms très
«ronflants».
A Annaba également où l’on ne peut ôter l’idée à l’opinion publique,
jusqu’à ce jour, malgré les démentis et les mises au point du député,
d’une part, et de l’enquête officielle, de l’autre, de son implication
d’une manière ou d’une autre dans le drame ayant coûté la vie à
l’ex-wali Mohamed-Mounib Sendid, décédé d’une crise cardiaque à Paris,
un soir du mois de décembre 2014.
Si l’on doit se fier aux propos tenus par Djamel Ould-Abbès lors de
l’installation, mardi dernier, de la commission de discipline du parti
(voir Le Soir d’Algérie du mercredi 7 février), Baha-Eddine Tliba a
commis l’impair impardonnable, donc synonyme d’éjection des rangs du
FLN. Ainsi, devrait se terminer la carrière de gros ponte, sans jeu de
mots, de l’un de ceux qui l’ont emporté haut la main lorsque est
commentée peu glorieusement, notamment à travers les réseaux sociaux, la
vie politique du pays en ces temps troubles.
M. Azedine

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. Azedine

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