Hommage: Cérémonie de recueillement à la mémoire du martyr Fernand Iveton et du moudjahid Georges Acampora

Lesoir; le Jeudi 18 Octobre 2018
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Une cérémonie de recueillement à la mémoire du martyr
Fernand Iveton, guillotiné le 11 février 1957 par le colonisateur
français, et de l'ancien condamné à mort le moudjahid Georges Acampora,
décédé le 11 février 2011, a été organisé samedi au cimetière chrétien
de Bologhine (ex-Saint-Eugène), à Alger. La cérémonie s'est déroulée en
présence des familles, proches et compagnons d’armes des regrettés
Iveton (1926-1957) et Acampora (1926-2011) ainsi que du ministre de la
Communication, Djamel Kaouane. Le martyr Fernand Iveton est natif de
Clos-Salembier (actuelle El-Madania), condamné à mort et guillotiné le
11 février 1957 par l’occupant français. Syndicaliste actif, il s’est
engagé dès les années quarante dans les luttes ouvrières et partisanes
algériennes.
Militant du Parti communiste algérien (PCA), il intégra en juin 1955 les
«Combattants de la libération» (Cdl-communistes) aux côtés d'Abdelkader
Guerroudj (dit Djilali), Felix Coli, Mohamed Hachelaf et Georges
Acampora. Fernand Iveton a rejoint les rangs du Front de libération
nationale durant l’été 1956 et en novembre, il décida de poser une bombe
à l'usine de gaz au Ruisseau (El Hamma), où il travaillait comme
tourneur, à une heure où l’usine serait déserte pour éviter de faire des
victimes. «Iveton voulait provoquer un acte de sabotage spectaculaire et
il a tout prévu pour qu’il ne puisse pas y avoir de victimes», témoigne
Abdelkader Guerroudj, ajoutant que «l’engin explosif placé dans un
placard d’un local désaffecté a été découvert par un contremaître,
conduisant à son arrestation, puis à son jugement et à sa condamnation,
après avoir subi d’atroces tortures». Lors du procès, tenu dans un
climat de fortes pressions, provoqué par des manifestants racistes,
partisans de l’Algérie française, aucun membre du collectif des avocats
français ne voulait prendre sa défense. On lui désigna alors deux
avocats commis d’office, qui n’ont cependant rien pu faire contre cette
condamnation. Au terme du procès qualifié d’expéditif, le jeune militant
de 31 ans est condamné à mort. Au matin du 11 février 1957, il est
guillotiné à la prison Serkadji. Georges Acampora, qui était le
compagnon d'Iveton à la cellule de la prison Serkadji, était lui aussi
jugé et condamné à mort, mais il a été touché plus tard par la grâce.
Acampora avait activement participé à la Révolution, avant d’être arrêté
après l'attentat contre le commissariat de police de La Redoute (El
Mouradia) en 1956. Il avait opté après l’indépendance pour la
nationalité algérienne. Acampora, qui a occupé après l'indépendance le
poste de colonel des sapeurs-pompiers d'Alger, est décédé en 2011, des
suites d’une longue maladie.
Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a indiqué à la presse,
que «nous sommes à la veille de la commémoration de la journée du Chahid
et je viens rendre hommage aux deux dignes enfants de l'Algérie Fernand
Iveton, martyr de la Révolution, et Georges Acampora, moudjahid et un
des bâtisseurs de la Protection civile après l’indépendance». «C'est un
devoir de mémoire et de reconnaissance aux sacrifices de nos aînés et
c'est grâce à eux que l'Algérie entame aujourd'hui plusieurs processus
de reconstruction pour le bien-être de tous ses enfants dans un climat
de sérénité de dialogue constructif», a-t-il ajouté.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): lesoir

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