Imposant rassemblement des délégués de l’Intersyndicale à Béjaïa :: «Comment parler d’un pouvoir d’achat avec un Smig à 18 000 DA»

Lesoir; le Dimanche 15 Avril 2018
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Un imposant rassemblement a été observé dans la
matinée d’hier, à l’instar des autres régions du pays, devant le siège
de la Wilaya de Béjaïa, à l’appel de l’Intersyndicale.
En effet, plusieurs centaines de délégués de l’Intersyndicale composée
de 12 syndicats autonomes de plusieurs secteurs économiques (Sonelgaz,
poste) et la Fonction publique comme l’éducation, la santé et
l’administration, étaient présents au regroupement de Béjaïa en signe de
protestation contre les atteintes aux libertés syndicales, la
dégradation du pouvoir d’achat, la loi sur la retraite et le code du
travail ainsi que les politiques de paupérisation, de chômage et de
précarité.
Saâdi Aït Ouaret, président du bureau de Wilaya de l’Unpef, affirme que
la manifestation de l’Intersyndicale constitue «un signal de malaise des
travailleurs» tout en avertissant qu’ils sont déterminés «à aller plus
loin si le gouvernement persiste dans sa politique d’exclusion et
d’appauvrissement des travailleurs et du peuple algérien en général».
Ce même syndicaliste estime dans son intervention que le pouvoir d’achat
ne cesse de se dégrader. «Comment parler d’un pouvoir d’achat inexistant
avec un Smig à 18 000 DA ne permettant même pas au travailleur de se
payer un yaourt à 40 DA le pot, le chocolat à 850 DA, un pantalon pour
enfant à 7 000 DA, le litre d’essence à 42 DA avec la promesse d’une
autre augmentation à 84 DA, pour la prochaine loi de finances 2019»,
s’est indigné le président du bureau de Wilaya de l’Unpef de Béjaïa.
Les différents délégués, intervenant au nom de l’Intersyndicale, ont
fustigé la politique du gouvernement visant, selon eux, «a réduire le
travailleur algérien à un tube digestif puisqu’avec son salaire, il ne
peut acheter que du pain et le lait en sachet», a-t-on souligné en
substance.
Evoquant le projet de loi sur le travail, les syndicalistes, tout en la
qualifiant de «catastrophique» pour le travailleur, espèrent qu’elle ne
sera jamais mise en application pour les risques de «plus de précarité»
qu’elle représente sur les travailleurs de l’ensemble du secteur
économique et la Fonction publique avec les nouveaux critères de
recrutement de travailleurs en CDD (contrat à durée déterminée).
Le nouveau projet de loi sur le travail, a-t-on aussi signalé, prévoit
«l’interdiction des grèves dans tous les secteurs d’activités.»
S’agissant du chapitre lié au régime des retraites, les syndicalistes
autonomes ont réitéré l’exigence «du gel de la loi 87-13 du 31-12-2016.

Parce qu’elle a créé une hémorragie de compétences dans tous les
secteurs où les travailleurs sont poussés à la sortie. Les délégués de
l’Intersyndicale notent aussi que «si les caisses de l’Etat sont vidées,
il faut surtout regarder du côté des retraites des cadres supérieurs
dont la moins élevée est à plus 20 millions de centimes par mois alors
que la plus élevée des retraites des travailleurs ne dépasse rarement
les 35 000 DA», dénonce-t-on.
A. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. K.

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