L’hadi Khezzar (entraîneur de l’ASO Chlef) :: «L’accession demeure notre objectif»

Lesoir; le Dimanche 15 Avril 2018
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L’hadi Khezzar est le chef de file de cette
génération d’entraîneurs qui font un travail remarquable, sans faire
trop de bruit, mais avec efficacité. Sous sa direction, l’ASO est bien
placée pour jouer l’accession avec deux rencontres décisives contre des
prétendants, la JSM Béjaïa puis l’AS Aïn M’lila. Coup de projecteur sur
un technicien très serein.

Le Soir d’Algérie : L’ASO pointe à la 6e place après 19 journées avec 32
points en début de saison, vous visez l’accession ?
L’hadi Khezzar : Et cet objectif de l’accession est toujours de mise
à partir du moment où nos chances demeurent intactes. Nous sommes à
trois points du deuxième et à cinq du leader. Par conséquent, c’est
encore jouable.

Est-ce que vous êtes satisfait du parcours de votre équipe à ce jour ?
Disons que c’est un parcours acceptable mais quand je vois la
physionomie des rencontres que nous avons livrées à Batna ou à Saïda, je
pense qu’on pouvait faire mieux. On n’a pas osé et les joueurs auraient
pu aller chercher des victoires à l’extérieur.

Et à l’inverse, vous avez perdu à domicile face à Relizane avant de vous
rattraper à Aïn Fakroun ?
Face à Relizane, nous étions amoindris par le problème des arriérés de
salaires de joueurs et il faut dire que Relizane a un effectif composé
de joueurs d’expérience qui ont su nous piéger. J’attendais un match
nul. Ensuite, à Aïn Fakroun, on a récupéré les trois points perdus à
Chlef face au RCR.

Et ce n’est toujours pas facile de gagner à Aïn Fakroun qui est dans la
zone rouge ?
Oui, c’est une équipe qui veut éviter la relégation et qui a battu,
deux semaines auparavant la JSM Béjaïa qui est un prétendant à
l’accession.

Lors de la prochaine journée, vous allez recevoir justement la JSMB, ce
club qui a remporté sa seule Coupe d’Algérie sous votre direction. C’est
toujours un match spécial pour vous ?
Non, pas du tout.  J’ai porté le maillot de la JSMB, ensuite je l’ai
entraînée. Bon, j’ai des affinités avec cette équipe, mais aujourd’hui,
je suis payé par Chlef et je dois défendre les couleurs de l’ASO.

Même si vous avez inscrit votre nom dans l’histoire de la JSMB avec
cette unique Coupe d’Algérie ?
Oui, une histoire mais aussi de l’ingratitude vu la façon dont on m’a
poussé dehors, la saison dernière, par la petite porte. En fait, pour
moi, c’est un match spécial dans la mesure où la JSMB est juste
au-dessus de nous au classement et qu’en cas de victoire, on peut
dépasser un concurrent pour l’accession.

En fait, c’est un match à six points ?
Non, ce n’est pas un match à six points, mais on a ramené trois points
d’un difficile déplacement à Aïn Fakroun et si on bat la JSMB on va les
bonifier.

Et vous avez un bon coup à jouer puisqu’après la réception de la JSMB
vous vous déplacerez chez le leader, Aïn M’lila et si vous gagnez à
nouveau ?
Non, pour le moment je me concentre uniquement sur ce match face à la
JSMB, ensuite on aura toute le temps pour penser à l’ASAM. En ce qui
concerne Béjaïa, ce ne sera pas facile. C’est une rencontre compliquée
et elle se jouera sur des détails. L’enjeu tue le jeu et ce sera fermé.
Mais j’aurai la chance de récupérer les joueurs suspendus et ceux qui
étaient blessés.

L’ASO à la meilleure défense du championnat avec le MOB. Comment
interpréter cela ?
On m’a souvent taxé d’entraîneur qui joue la défensive. Non, ce
n’est pas vrai. De par le monde, l’AC Milan ou la Juventus ont eu de
grandes équipes à partir d’une bonne base défensive. Et meilleure
défense ne veut pas dire uniquement les arrières, mais plutôt tout le
monde ainsi qu’un bon gardien de but. Et puis, nous sommes aussi la
cinquième meilleure attaque de la L2. Il y a donc un équilibre
acceptable.

Ce match contre la JSMB sera décisif pour vous ?
Non, parce que contrairement à la saison dernière où le Paradou AC
avait assuré son accession à l’avance, cette année, à part l’ASAM qui a
assuré son maintien, tout est encore jouable.

L’ASO a également des difficultés financières que vous avez évoquées. Ne
pensez-vous pas que l’ouverture du capital aux supporters serait une
bonne solution ?
Non, je ne suis pas d’accord. D’abord, je suis pour le plafonnement des
salaires des joueurs pros.

A quelle hauteur situez-vous ce plafonnement, à 50 ou 60 millions de
centimes par mois ?
Oui, je suis d’accord avec vous, ça se situe dans cette fourchette.
Si on dit à un joueur qu’il va toucher 100 millions et qu’on lui verse
uniquement trois mois, pour le laisser sur le carreau durant sept mois,
ce n’est pas la peine. Autant lui donner 50 millions par mois
régulièrement.

Et en ce qui concerne l’ouverture du capital ?
Nous n’avons pas cette culture en Algérie. Actuellement, bien que
les supporters n’ont pas de pouvoir de décision, ils peuvent gommer
quelqu’un sans problème. Demain, s’ils deviennent des actionnaires, ils
seront de véritables caïds.

Alors comment réduire la crise financière des clubs ?
Le football en Algérie a toujours été subventionné par l’Etat. 80% des
clubs pros sont en faillite. La première solution serait de plafonner
les salaires. Je vous retourne la question, y a-t-il un joueur local qui
vaut 300 millions par mois ?
Certainement pas.
Nous sommes d’accord, aucun joueur local ne vaut 300 millions par mois.
Propos recuiellis par Hassan Boukacem

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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