L’OPPOSITION ET LA GESTION DE LA FRONDE SOCIALE: Les «dualités» et les «contradictions» du gouvernement relevées

Lesoir; le Jeudi 18 Octobre 2018
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Le pays vit au rythme d’une grogne sociale allant
crescendo, depuis des mois, avec, notamment, le spectre d’une année
blanche qui plane, désormais, dans les secteurs de l’éducation
nationale, de la santé et de l’enseignement supérieur.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - Mais quid de la gestion par le
gouvernement de cette succession de contestations dont ne cessent
d’avertir nombre d’acteurs sociaux et politiques depuis bien longtemps ?
Pour la classe politique, celle émargeant au sein de l’opposition, la
politique d’austérité mise en branle dans les trois dernières lois de
finances ne devait pas déboucher sur autre chose que cette vague de
contestations.
C’est ainsi que pour le PT, «le pays est bloqué car les lois de finances
qui ont réduit les budgets sectoriels et le recrutement ainsi que le gel
des salaires et de projets ne laissent aucune marge de manœuvre aux
ministres». Mais ce qui inquiète le plus Ramdhane Taâzibt, député et
cadre dirigeant du parti, c’est que «le recours systématique à la
justice pour régler les conflits sociaux est une dérive autoritaire,
tout comme l'empêchement des marches à Alger, la judiciarisation des
grèves, les arrestations de syndicalistes dans la rue criminalisent un
droit constitutionnel». Et de qualifier cette attitude du gouvernement
de «régression terrible qui ne fait que radicaliser les mouvements
sociaux».
Pour notre interlocuteur, la solution est «d’arrêter immédiatement la
politique d'austérité et l'ouverture de négociations sérieuses»,
considérant que «la réponse systématique du gouvernement qui prétend que
le pays n'a pas les moyens de répondre aux revendications légitimes est
sans aucun fondement».
Un gouvernement dont c’est la «politique qui bloque le pays et non
l'absence de moyens financiers qui sont au contraire disponibles dans la
sphère parallèle. Il suffit d'aller les chercher pour adopter un budget
de l'Etat pour 4 années sans même toucher aux revenus pétroliers»,
soutient Taâzibt. Pour sa part, le secrétaire général du mouvement Nahda
relèvera que «jusqu’avant la chute des cours de l’or noir, le
gouvernement achetait la paix sociale à chaque fois qu’il y avait
contestation corporatiste». Mohamed Dhouibi regrettera que le pouvoir
ait de tout temps «dissocié le dialogue social et le dialogue économique
du dialogue politique». Car pour lui, le «vrai dialogue est un tout et
indivisible. On ne peut dissocier le dialogue socioéconomique du
dialogue politique mais pour le pouvoir, cela a malheureusement été sa
devise». Sauf que le patron de Nahda fera remarquer que «le pouvoir
s’est retrouvé face à ses travers après la crise du tarif du pétrole qui
est une crise structurelle et pas conjoncturelle». D’où, selon notre
interlocuteur, son «recours au bâton sécuritaire et à la judiciarisation
pour avorter tout appel à la grève qui est, pourtant, un droit
constitutionnel».
Le secrétaire général du mouvement Nahda relèvera également les
contradictions entre les membres de l’exécutif, ce qui, estimera-t-il,
ajoute à «l’opacité» et «attise» la fronde sociale.
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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