MIEL D’ABEILLES : Attention à l’arnaque

Lesoir; le Mardi 30 Novembre 2010
2

Dossier réalisé par Meriem Ouyahia
Remède de grand-mère par excellence et antibiotique naturel recommandé
par les scientifiques, le miel a le don de guérir divers maux. En hiver,
avec l’huile d’olive, il est le plus utilisé pour guérir certains petits
bobos, tels que la grippe, l’angine ou encore le rhum.Dans les magasins et autres supérettes, divers marques se disputent
les étals. Mais comment s’y retrouver et acheter du miel de bonne
qualité sans se faire arnaquer ? Comment reconnaître le vrai miel du
frelaté ? Et comment le consommer ? Autant de questions qui nous mènent
à plonger dans le monde gluant… du miel.
Les propriétés du miel
D’abord, il faut savoir que différentes qualités de miel sont
produites en Algérie. Les abeilles butinent les fleurs et donnent la
propriété du miel. Ainsi, les spécialistes en dénombrent dans notre pays
pas moins de dix sortes différentes. Il s’agit du miel d’oranger,
d’eucalyptus, de romarin, de lavande, de jujubier, de loubaina (cultivé
dans le Sud), de mirtre, de l’arbousier, de la carotte sauvage et,
enfin, de toutes les fleurs du printemps. Les effets bénéfiques du miel
sur la santé ne sont plus à démontrer même si les scientifiques, de par
le monde, n’en finissent pas d’explorer tous ses pouvoirs curatifs.
Néanmoins, il faut savoir quoi choisir pour quels maux. Ainsi, le miel
issu de la fleur d’oranger et des agrumes est préconisé contre le rhume,
de même que le miel d’eucalyptus. Celui base de jujubier est recommandé
pour soigner les hépatites virales, l’ulcère et même certaines formes de
diabète. Mais ce n’est pas tout. Les produits annexes du miel ont, eux
aussi, des vertus sur la santé. C’est le cas de la gelée royale
conseillée pour les personnes souffrant de fatigue, d’amaigrissement, de
vieillissement prématuré, d’anorexie, d’alcoolisme et autres maladies
cardio-vasculaires. Quant au pollen, riche en nombreux éléments
indispensables à la vie, il a des effets préventifs contre les maladies
virales, tout en étant préconisé pour les personnes souffrant de chute
de cheveux, de carences en vitamines, en sels minéraux, en acides aminés
et de faiblesse. Tant de propriétés et bien plus qui font du miel l’un
des biens marchands les moins sujets à la perte de valeur. Bien au
contraire, tout un système spéculatif gravite autour, faisant grimper
les prix.
Prix bas, arnaque haute
Qui n’a pas eu en face de lui un vendeur faisant du porte-à-porte,
jurant qu’il vous propose du «miel d'abeille pur venant tout droit du
terroir» ? Et en plus à un prix défiant toute concurrence ! Et pour
faire vrai, il est proposé entre 600 et 800 DA le kilogramme avec en
prime un petit rabais. Ou bien encore, un bocal de miel de 150 g à 150
DA ! Un prix défiant toute concurrence pour un miel réputé pur. A la
recherche d’une bonne affaire, nombreux sont ceux qui tombent comme un
fruit mûr dans le traquenard, en se faisant facilement abuser et en
achetant du miel étendu de sirop de sucre. Selon les spécialistes, le
prix moyen d’un litre de miel pur avoisine les 3 500 DA. Pour se
procurer du miel pur, les Algériens préfèrent acheter directement auprès
de l’apiculteur pour se prémunir de toute arnaque même si le prix reste
élevé par rapport à ceux pratiqués sur la marché mondial. Les miels se
vendent à des prix moyens gros/détail : 1 300 à 1 800 DA/kg. Les
Algériens, notamment en hiver, se rabattent sur le miel importé et vendu
à bas prix mais qui reste «impropre à la consommation», selon le Dr
Mahmoud Lekhal, président de la Fédération nationale des apiculteurs. Il
s’agit notamment du miel en provenance, semble-t-il, de Chine mais qui
passe par l'Arabie saoudite qui le vend sous son label. Un miel interdit
sur le territoire européen.
Faible production de miel en Algérie
Selon le président de l'Association des apiculteurs de la wilaya de
Bouemrdès, la consommation de miel en Algérie reste très faible. Elle se
situerait entre 200 et 300 g par an et par habitant alors qu'en Europe,
elle est de 3,5 kg. En 2003, l’Algérie a importé 2 220 tonnes et la
production nationale était de 1 966 tonnes, la consommation annuelle
s’élève alors a 4 186 tonnes, ceci revient à environ 140 g par habitant
et par an. La production nationale couvrait seulement 65 g par habitant
et par an, ce qui est très faible par rapport aux autres pays.
Actuellement, la production annuelle de miel se situerait à près de 30
000 tonnes, toutes qualités confondues. Ce qui est très peu par rapport
à la demande et qui explique l’importation tous azimuts et l’étendue de
l’arnaque au miel.
M. O.

Categorie(s): société

Auteur(s): M. O.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..