Mouez bouakaz (entraîneur tunisien du RC Relizane) :: «Le foot algérien est mal organisé»

Lesoir; le Mardi 21 Mars 2017
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Malgré un terrible handicap de moins six points en
début de championnat, suite à une lourde sanction, le RCR a réussi
l’exploit de revenir et de se hisser à la treizième place avec deux
rencontres en retard. Les Relizanais ne sont pas relégables. Ils sont
intraitables à domicile et pratiquent un beau football. Leurs dirigeants
ont eu le nez fin en recrutant un coach tunisien qui leur fait beaucoup
de bien avec sa philosophie de jeu porté vers l’offensive.

Le Soir d’Algérie : Lors du dernier match contre le CRB, on vous a
privés d’un penalty confirmé par les images et le consultant de l’ENTV.
Ça vous donne des regrets ?
Mouez Bouakaz : Non, cela ne va rien nous apporter. Les regrets ne
servent à rien. Il faut continuer notre marche en avant. Le football est
fait d’erreurs humaines. Aujourd’hui, c’est contre nous, demain ce sera
peut-être en notre faveur.
Le RCR a fait un bon match contre le CRB et ne méritait pas cette
courte défaite.
On n’était pas venus à Alger juste pour résister. On avait l’envie
de gagner mais quand on est mené par un but à zéro à l’extérieur, c’est
difficile de revenir au score. Il faut dire qu’on est arrivés en retard
au stade, on a mis plus d’une heure et demie pour venir de l’hôtel au
stade, mais je ne vais pas chercher d’excuses. le CRB était bien
organisé et il a pu faire la différence.
Avant la rencontre, un confrère avait prédit une bataille tactique
maghrébine entre vous le Tunisien et Zaki le Marocain.
Moi, j’ai joué avec deux milieux récupérateurs et j’ai aligné deux
attaquants et deux faux-ailiers pour une offensive totale.
En deuxième période, et avec un joueur en moins, on s’est créé des
occasions mais avec peu de réussite.
Comment voyez-vous la suite de votre parcours avec deux matchs en
retard difficiles contre l’USMA et la JS Saoura ?
Notre objectif est de remonter le plus possible pour nous éloigner
de la zone rouge des relégables.
Meziane Ighil, le consultant de l’ENTV, a déclaré que si le RCR gagne
toutes ses rencontres à domicile, il sera sauvé. Qu’en pensez-vous ?
On peut se projeter de cette façon, mais rien n’est calculé à
l’avance. Nous sommes en fin de saison, et on ignore le vrai poids de
nos adversaires. Il est vrai qu’il nous reste quatre matchs. Si on les
remporte tous, on glanera douze points mais cela ne veut pas dire qu’on
sera pour autant tirés d’affaire.
Mais à domicile, il faudra tout faire pour gagner.
En cette phase retour, on a assuré à domicile et j’espère qu’on
continuera sur cette lancée, mais il faudra ramener des points de
l’extérieur.
Le RCR pratique un beau football cette saison. Peut-on dire que c’est
la touche Bouakaz ?
On dit toujours que l’on joue comme on s’entraîne. Moi, j’insiste
avec mes joueurs sur le côté technique, la conservation du ballon, le
jeu vers l’avant avec un bloc-équipe.
Si vous deviez faire une comparaison entre le championnat tunisien et
algérien, que diriez-vous ?
Je suis le championnat tunisien, mais je n’ai jamais exercé en
Tunisie. J’ai quitté mon pays à l’âge de dix-huit ans et demi pour me
rendre en Suisse où j’ai mis un terme à ma carrière de joueur, avant de
devenir entraîneur.
On dit que le niveau du championnat algérien est faible. Est-ce aussi
votre avis ?
Le niveau du championnat algérien est affaibli par la mauvaise
organisation. Il ne faut pas se mentir.
Quelles sont les failles de cette organisation, selon vous ?
Il y a d’abord le calendrier du championnat. Ensuite, dans les
clubs, il n’y a rien de clair dans leur administration. J’ai constaté
qu’en Algérie, le rôle des supporters est surélevé. On a parfois
l’impression que ce sont eux qui gèrent le club et on ne voit pas cela
ailleurs. Après une défaite, on vous met une terrible pression inutile,
les gens viennent réclamer, c’est insupportable.
En Tunisie, presque tous les stades ont une pelouse naturelle. Que
pensez-vous des pelouses en Algérie qui sont en tartan ?
Le tartan, dernière génération, nécessite un bon entretien, mais
quand des joueurs n’évoluent que sur des pelouses synthétiques, ils sont
confrontés à beaucoup de problèmes musculaires et articulaires à la fin
de leur carrière. Le taux de blessures est plus élevé que chez ceux qui
jouent sur du gazon naturel. Par contre, le tartan favorise le jeu
rapide.
Quel est votre avis sur l’EN d’Algérie ?
Je crois que c’est une équipe en reconstruction qui a besoin de
stabilité au niveau du staff technique. Il y a trop de changements
d’entraîneurs. Elle devrait s’inspirer du bel exemple allemand. Je crois
qu’en cinquante ans, l’Allemagne n’a eu que dix sélectionneurs. C’est
une stabilité qui a porté ses fruits sur le plan des résultats.
Par contre, la Tunisie non plus n’est pas un modèle de stabilité.
Oui, la Tunisie n’est pas non plus un bon exemple. Je viens de vous
le dire, le bon modèle, c’est l’Allemagne.
Propos recueillis par Hassan Boukacem

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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