Mourad Saâdi, directeur de largus.dz :: «Il est temps pour l’émergence du métier de la reprise»

Lesoir; le Mercredi 6 Decembre 2017
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Le marché de l’occasion en Algérie dispose
désormais d’une référence solidement documentée et en mesure de proposer
une cotation fiable et crédible pouvant contribuer à développer
l’activité de reprise chez les concessionnaires automobiles. Dans
l’entretien qui suit, Mourad Saâdi, directeur de largus.dz, revient sur
les premiers balbutiements de ce support et de son impact sur les
consommateurs.

Soir auto : Quelques jours après le lancement de ce nouveau support,
quelles appréciations faites-vous des premières réactions du public ?
Mourad Saâdi : Effectivement, quelques jours seulement après le
lancement du site largus.dz, nous sommes submergés de messages et
d’appels téléphoniques de gens qui sollicitent une cotation de leurs
véhicules. S’il est vrai que l’on s’attendait à un engouement de la part
du public pour ce site, compte tenu de la passion qui anime les
Algériens à l’égard de leur voiture, j’avouerais qu’on était loin
d’imaginer un flux aussi important. Un engouement qui se justifie en
partie par la défaillance chronique des transports publics, de leur
inefficacité et de l’insécurité qui y règne. Par voie de conséquence, la
voiture est plus qu’un simple moyen de mobilité pour le citoyen, c’est
aussi un outil de travail indispensable. Aussi, ils manifestent le
besoin de connaître sa valeur sur le marché local et de disposer d’une
cotation crédible et fiable. Je signalerai que ces demandes nous
parviennent aussi bien de la part de particuliers que de professionnels
et que nous nous attelons à leur apporter une réponse adéquate et
gratuite durant cette période de lancement.

Vous comptez apporter des modifications sur cette procédure au cours
des prochains mois ?
Nous prévoyons, en effet, à partir de 2018 d’enrichir la plate-forme par
un nombre supplémentaire de véhicules qui ne figurent pas aujourd’hui
sur notre base de données. De même que nous allons enrichir largus.dz
d’un contenu encore plus varié en termes de caractéristiques et de
fiches techniques, ainsi que d’une ligne éditoriale traitant de
l’actualité automobile tant au plan national qu’international. Et il va
sans dire donc que cette richesse de contenu et de prestations proposée
aux citoyens sera nécessairement payante, à travers un abonnement pour
les professionnels et de paiement en ligne pour les particuliers.

Concrètement, quelle est la procédure à suivre ?
Une fois connecté à notre site, le citoyen devra impérativement remplir
un formulaire qui lui est proposé et répondre à un certain nombre de
questions liées aux spécifications techniques de la voiture afin de nous
permettre d’apporter les réponses les mieux adaptées à chaque type de
véhicule et de proposer une cotation objective. Pour ce faire, une
équipe spécialement dédiée est en charge de cette mission de collecte
des informations et de la réponse à donner à chacune des demandes.

N’avez-vous pas relevé une forme de déception chez certains qui
constatent que la valeur que vous leur proposez est loin de correspondre
à celle du marché informel ?
Absolument, certains ne semblent pas convaincus de notre proposition de
cotation dès lors qu’elle n’est pas alignée sur les prix pratiqués sur
le marché de l’occasion en Algérie. Il est évident que la cotation de
largus.dz repose sur des données d’appréciation technique conformes aux
normes internationales et qui donne, en définitive, la valeur réelle de
la voiture, selon son millésime, son kilométrage, son état général, ses
passages au service après-vente… Certains, à l’évidence victimes d’une
confusion, croient à tort que nous sommes des intermédiaires entre le
vendeur et l’acheteur.

Quel a été l’accueil réservé par les concessionnaires automobiles et
autres professionnels du secteur à votre initiative ?
Une première réaction, du reste positive, c’est leur présence en force
durant la cérémonie de lancement de largus.dz.
Certains concessionnaires ont pris attache avec nous, à travers leurs
services commerciaux et de marketing, pour avoir des informations
complémentaires et plus précises d’une part, et instaurer, d’autre part,
un débat autour de ce sujet important.
Et c’est justement ce débat qui va nous permettre à nous tous de mieux
connaître le marché dans lequel nous évoluons. Car, en ce qui nous
concerne, nous n’arrivons pas avec des certitudes, nous ne détenons pas
la vérité absolue sur les prix de l’occasion, mais nous nous proposons
juste d’établir une première estimation à même d’être contredite autant
par les particuliers que par les professionnels.
Je soulignerai aussi que la cotation que nous proposons s’adresse en
particulier aux professionnels de l’automobile dans l’espoir de
contribuer au développement de l’activité de reprise. Un métier qui
nécessite d’abord un cadre juridique approprié et qui apportera la
sécurité pour le client dès lors que le véhicule vendu dans le cadre
d’un réseau organisé bénéficiera de la garantie, d’une cession avec
facture, donc collecte de taxes pour l’Etat, la création de centaines
d’emplois, le redéploiement du service après-vente et la vente de la
pièce de rechange.
Par ailleurs, nous allons entamer à partir de l’année 2018 une série de
réunions avec les professionnels et de discussion autour de la
valorisation des véhicules, parce que nous restons convaincus que notre
expertise dans le domaine et les outils que nous mettons en œuvre pour
évaluer une voiture resteront fortement dépendants de la réalité du
marché, mais bien entendu, un marché structuré, pas celui de l’informel
qui profite de la pénurie, qui spécule fortement et qui pénalise le
consommateur algérien.

Peut-on connaître l’importance de la base de données à laquelle vous
vous référez ?
Actuellement, nous travaillons sur un référentiel de l’ordre de 2
000 véhicules de différentes marques et différents modèles et qui
s’étale de l’année 2010 à 2016. Certes, c’est un chiffre insuffisant
mais il représente néanmoins le cœur du marché, en attendant de
l’enrichir d’autres marques et d’autres modèles.

D’autres projets en perspective dans cette optique ?
Nous allons déployer prochainement de nouveaux outils qui ont fait
leurs preuves dans plusieurs marchés, à savoir «Planète VO» pour gérer
le véhicule d’occasion chez le professionnel et favoriser son business,
et «Prevar» qui permet d’anticiper sur les valeurs résiduelles des
véhicules dans le futur, ce qui intéresse particulièrement les assureurs
et les loueurs.
Entretien réalisé par B. Bellil

Largus.dz au menu d’une étude académique
Le nouveau support de cotation des véhicules d’occasion, larguz.dz, a
déjà fait l’objet d’un mémoire de fin de cycle pour l’obtention d’un
master en sciences commerciales auprès de l’Ecole des hautes études
commerciales (HEC). Soutenue par Sabrine Saâdi, cette thèse aborde
«l’apport d’une cotation de véhicules d’occasion sur le développement du
marché des véhicules de seconde main en Algérie» avec comme cas
Largus.dz. Ce travail a été scindé en deux parties, la première basée
sur des notions théoriques liées au marketing et à l’innovation dans les
services ; la seconde propose des explications sur l’Argus et revient
sur le processus de son installation en Algérie. Ce document inédit
revient aussi sur l’apport de largus.dz dans la perspective d’une
meilleure valorisation des véhicules et une structuration du marché de
l’occasion. Sur le terrain, l’auteure s’est concentrée sur deux volets
de préparation, une étude qualitative à travers des entretiens avec les
responsables de l’Argus Algérie, et un sondage qui relève les besoins et
les attentes des citoyens pour un tel outil de valorisation.
B. B.

Categorie(s): le soir auto

Auteur(s): B. B.

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