Pénibilité et retraite: La commission interministérielle enfin installée

Lesoir; le Mardi 23 Janvier 2018
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A la fin de la semaine dernière, un communiqué du
ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale annonçait
que le samedi 20 janvier 2018 serait installée «la commission chargée de
proposer la liste des postes de travail présentant une haute pénibilité,
la durée minimale passée dans ces postes et les âges minima de la
pension de retraite correspondants», et ce, en présence du ministre de
la Santé. Ce qui fut.
Selon une dépêche de l’APS (Algérie Presse Service), une commission
chargée de proposer la liste des postes de travail présentant une haute
pénibilité a été installée samedi 20 janvier 2018 à Alger, en vertu de
la loi de 2016 relative à la retraite. Le ministre du Travail, de
l'emploi et de la sécurité sociale, Mourad Zemali, qui a co-présidé avec
le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière,
Mokhtar Hasbellaoui, la cérémonie d'installation de la commission a
affirmé que la commission sera chargée de proposer une liste de métiers
à haute pénibilité, la durée minimale d'exposition à ces derniers et les
conditions permettant l'abattement de départ à la retraite, conformément
à la législation en vigueur.
La commission sera composée de représentants des ministères du Travail
et de la Santé, de la Direction générale de la fonction publique et de
l'Office national des statistiques (ONS), de professeurs de la médecine
du travail, de chefs de services hospitalo-universitaires et d'experts
désignés par la tutelle, a ajouté M. Zemali.
Il s'agit d'une commission intersectorielle comprenant des experts qui
sera chargée de mener «des travaux techniques et scientifiques et
habilitée à consulter les secteurs concernés et les partenaires
socioéconomiques et les syndicats des travailleurs et d'employeurs
agréés», a-t-il poursuivi.
A cette occasion, le ministre a rappelé les principales règles du
système national de sécurité sociale qui couvrent toutes les branches
prévues dans les conventions internationales y afférentes, comme
l'assurance inhérente à la maladie, à la maternité, aux accidents de
travail, aux maladies professionnelles, à l'assurance chômage et
l'assurance décès, et la retraite.
Le système de sécurité sociale garantit actuellement «une large
couverture sociale au profit de plus de 39 millions de citoyens et
d'autres catégories, à savoir les personnes démunies et aux besoins
spécifiques, et ce, grâce à la contribution de l'Etat ce qui permet à
plus 3,2 millions de personnes de bénéficier de la retraite».

A quand la remise des travaux
de la commission ?
Le ministre a relevé, en outre, «les difficultés financières que connaît
ce système liées, selon lui, à plusieurs facteurs socioéconomiques et
démographiques, résultant notamment de la générosité de ce dernier qui
présente de larges prestations à de nombreux bénéficiaires, même à ceux
qui n'y contribuent pas directement».
Zemali a indiqué que le gouvernement a installé durant ces dix dernières
années un programme de réformes et de modernisation de la sécurité
sociale pour «préserver ses équilibres financiers et partant, assurer sa
pérennité et sa modernisation», rappelant les subventions financières de
l'Etat de l'ordre de 500 milliards DA destinées à rétablir les
équilibres financiers du système de sécurité sociale.
«Le nombre de bénéficières des retraites proportionnelle et sans
condition d'âge est estimé actuellement à plus d'un million de personnes
sur un total de 3,2 millions de bénéficiaires de la Caisse nationale de
retraite (CNR) (soit le tiers) et le montant des retraites est estimé à
près de 450 milliards de DA».
Le ministre de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière
a affirmé qu'il veillera avec le ministre du Travail au suivi du travail
de ladite commission et à une meilleure prise charge des préoccupations
des travailleurs, ce qui confirme, a-t-il dit, «l'engagement du
gouvernement à traiter les différentes questions professionnelles dans
un cadre de concertation avec les différents partenaires sociaux». Dans
la dépêche de l’APS du 20 janvier, il est indiqué que «la commission
sera composée», ce qui suppose que ses membres n’ont pas encore été
désignés. Il serait souhaitable que cette composante, une fois connue,
soit rendue publique et qu’un arrêté ministériel — voire
interministériel (le département de la Santé étant associé) — soit
établi sur les missions et objectifs de cette commission, et la liste
nominative de ses membres.
Par ailleurs, même si ce n’est pas dans les «traditions» du gouvernement
algérien, il est tout à fait indiqué de fixer et de rendre publique une
date butoir à la commission pour la remise de son rapport ou de ses
recommandations. Le tout va dans le sens de l’information en direction
du public et surtout des premiers concernés par cette question cruciale
de la pénibilité.
Djilali Hadjadj

Categorie(s): le soir retraite

Auteur(s): Djilali Hadjadj

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