PERTURBATION DANS LA DISTRIBUTION DU LAIT EN SACHET: Les distributeurs se défendent

Lesoir; le Jeudi 14 Juin 2018
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Les distributeurs de lait en sachet rejettent toute
responsabilité dans les perturbations de la disponibilité de ce produit.
Selon la Commission nationale des distributeurs de lait, relevant de
l'Association nationale des commerçants et artisans, cette perturbation
est due essentiellement, à la réduction des quotas de poudre de lait
destinés aux laiteries.

Rym Nasri – Alger (Le Soir) – Le lait en sachet ne cesse
d'enregistrer des pénuries, alors que le ministère de l’Agriculture
assure que la production est maintenue aux mêmes quantités et accuse
ainsi le «dysfonctionnement» du réseau de distribution, les
distributeurs eux, imputent cette perturbation à la baisse des quotas de
la poudre de lait réservés aux laiteries.
Intervenant hier à Alger, le président de la Commission nationale des
distributeurs de lait, Amine Belour, cite l'exemple de la laiterie
publique de Birkhadem (Onalait) dont le quota est passé de 1 500 tonnes
à 1 200 tonnes et ce depuis fin 2015.
Il présente toutefois, plusieurs autres facteurs qui ont provoqué la
perturbation de la distribution du lait en sachet.
Il évoque d'abord les quotas des distributeurs qui ont été réduits.
«Avant, la quantité qui nous était destinée était libre. Aujourd’hui,
elle est limitée», dit-il.
Puis intervient, poursuit-il, le nombre de points de vente de ce produit
(épiceries) qui lui aussi, a largement baissé. «Nombre d'épiceries
refusent qu'elles soient livrées en lait en sachet à cause des problèmes
qu'engendre la vente de ce produit mais aussi à cause des instructions
des DCP (Direction de la concurrence et des prix) qui obligent les
vendeurs à faire rentrer les bacs de lait à l'intérieur de leur magasin.
Les vendeurs se retrouvent ainsi encombrés avec plusieurs bacs qui
entravent leur activité d'autant que leur marge bénéficiaire est très
minime et ne dépasse pas 90 centimes par sachet», précise-t-il.
Il cite aussi des communes dont la densité de la population a augmenté
depuis quelques années mais leur approvisionnement en ce produit est
resté fixé aux quantités initiales.
Quant à l'accusation de dévier ce produit, destiné essentiellement pour
les ménages et dont le prix est soutenu par l’Etat, du système du
commerce de détail en approvisionnant des cafés, Amine Belour précise
que ces commerces ne consomment que 3% des 800 000 litres de lait
distribués quotidiennement à Alger. "Les cafés ne consomment pas
beaucoup de lait pour créer la rareté ou la pénurie», dit-il encore.
Pour sa part, le président de l'Association nationale des commerçants et
artisans, Hadj Tahar Boulenouar, affirme que la politique des
subventions en Algérie est «fausse». «Non seulement cette politique
soutient un produit importé mais en plus, les produits soutenus par
l'Etat ne vont pas automatiquement aux citoyens», explique-t-il.
Il condamne ainsi le «détournement» de certains produits subventionnés
telles que la poudre de lait et la farine par des «barons de la
transformation».
«Il est temps de revoir la politique des subventions afin de mieux
cibler le citoyen», dit-il.
Boulenouar estime par ailleurs, que l'importation d'un produit ne peut
connaître une baisse sans qu'il y ait l'encouragement de la production
nationale.
Ry. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Ry. N.

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