Privatisation de la SNTA: Les travailleurs menacent de recourir à la justice

Lesoir; le Mercredi 14 Fevrier 2018
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Depuis l’annonce de la création d’une société «mixte»
qui met la SNTA en minorité face à son partenaire émirati, un bras de
fer s’est engagé entre la direction et les travailleurs qui ne ménagent
aucun effort pour stopper le «bradage» de leur société et menacent de
recourir à la justice.
Ilhem Tir -Constantine (Le Soir) - Après une première action de
protestation menée la semaine dernière, les travailleurs sont plus que
jamais décidés à aller jusqu’au bout de leur revendication qui consiste
à stopper l’opération de privatisation engagée.
De son côté, la direction a réagi par le biais d’un communiqué où elle
dénonce les déclarations «et les allégations prononcées par les membres
de certaines sections syndicales à l’instar de la section du pôle Est-Khroub,
quant au projet de partenariat dans le cadre de l’entreprise commune UTC»,
lit-on sur le document signé par le directeur général. Ce dernier accuse
les membres de cette section syndicale de déstabilisation et de
«manœuvre qui revêt un caractère sournois qui confirme les intentions
machiavéliques des instigateurs et renseigne sur la fragilité, sinon la
bassesse des illusions qui les animent à l’effet d’empêcher leurs
collègues de profiter et de jouir pleinement des retombées des projets
auxquels ils portent atteinte», selon les termes du communiqué affiché
dans les deux langues et dont nous détenons une copie. Devant ce qu’ils
ont qualifié «d’écart de langage», les membres de la section syndicale
se réservent le droit d’aller en justice pour atteinte au droit syndical
et injures. Quant aux travailleurs, ils se regroupent autour de leur
section syndicale, notamment ceux de l’unité de Khroub qui compte près
de 1 000 employés. La mobilisation est le mot d’ordre ainsi que la
préparation de prochaines actions à entreprendre dès la semaine
prochaine. Face aux craintes des travailleurs, le DG, Amara Charaf-eddine,
s’engage «personnellement à préserver l’outil de production et les
intérêts des travailleurs qui se démarquent complètement de cette
machination orchestrée à leur insu».
Il est à rappeler, enfin, qu’un accord a été signé le 24 janvier dernier
pour la création d’une société mixte où le partenaire émirati détiendra
51% des parts. Selon les travailleurs, il s’agit d’un bradage pur et
simple de la société SNTA au profit du partenaire émirati avec lequel un
partenariat a été noué depuis 2005, aboutissant à une joint-venture,
dénommée Société des tabacs algéro-émiratie (Staem).
I. T.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): I. T.

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