RADIO MOSTAGANEM: Une émission pour lutter contre l’émigration clandestine

Lesoir; le Samedi 16 Decembre 2017
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Les canaux de communication de masse, notamment la
radio, sont utilisés pour informer et sensibiliser les citoyens sur des
sujets divers. cette fois, il a été question de parler du phénomène de
la harga.
Du 12 au 14 décembre, la radio locale Dahra a joint de manière directe
les auditeurs, les clandestins et autres rescapés de la mer dans une
émission non-stop pour capter les attentions sur ce phénomène de la
harga qui vient de prendre une grande ampleur, surtout ces derniers
jours, dans la wilaya de Mostaganem.
En direct sur la radio pendant 3 jours, les «survivants» ont parlé avec
courage de leur aventure en mer, sur leurs interceptions par les
gardes-côtes, de course-poursuite, de présentation devant les tribunaux
et les centres de rétention en Espagne.
Les interviewés de cette émission se sont dit tous choisir cette voie
pour fuir le chômage et le mal-vivre malgré le risque d’être engloutis
par une mer houleuse ou d’être avalés par des squales.
Ce phénomène n’a épargné aucune catégorie sociale, des universitaires,
des pères et des mères de famille des jeunes et moins jeunes, des suites
du chômage, de la déperdition scolaire, la corruption, la pauvreté, la
répression dans toutes ses formes et le silence des officiels. La liste
est longue et les jeunes sont découragés.
Le cas de ce jeune homme de 28 ans, qui a témoigné de son cas de
récidive ; d’ailleurs dit-il, à peine sorti du tribunal, il a décidé de
tenter de nouveau 4 fois de suite une autre aventure jusqu’à aboutir ou
périr.
Les témoignages diversifiés des harragas ont permis de savoir qu’il y a
bien des jeunes qui ont réussi à traverser la mer et arriver sans
embûches en Espagne mais après avoir passé des mois de misère et de
galère sans papiers et surtout sans travail «même dans les fermes
agricoles, on ne nous a pas embauchés pour la cueillette des fruits et
légumes, et puis la traque des services de sécurité étaient quasi
quotidiennes et insoutenables».
Il y a à peine 15 jours à Mostaganem, une embarcation s’est retournée à
quelque 4 milles de la côte du cap Ivi. De grosses vagues ont déferlé et
absorbé les harragas, leurs cadavres ont été repêchés dans les filets
des pêcheurs alors que d’autres clandestins, plus chanceux, ont été
sauvés par les gardes-côtes des deux côtés du pourtour méditerranéen, et
ce n’est qu’un exemple parmi des dizaines d’autres exemples avérés
racontés dans cette émission.
Des familles déchirées par la disparition de leurs enfants ont fait
pleurer les âmes sensibles à la radio. Des parents inconsolables qui ne
comprennent pas comment leurs enfants se sont lancés dans cette
aventure, disparus sans rien révéler de leurs intentions de traverser la
mer, comme le cas de cette maman de 66 ans, qui depuis une dizaine
d’années, espère un signe de vie de son enfant. C’est plus que de la
peine : un fils parfois deux à la fois d’une même famille disparus à la
fleur de l’âge. Un deuil devenu impossible et ces mamans dévastées par
le chagrin qui ne tiennent que grâce à des antidépresseurs pour
supporter leur destin.
Cette émission non-stop proposée par la radio locale, va-t-elle changer
les choses et les idées des jeunes sur leur envie de partir ? Vont-ils
penser à deux fois avant de tenter l’aventure, car cette expérience est
coriace ? Il y a des gens plus compétents pour changer la donne, l’Etat,
les politiciens et tout le monde sait pourquoi les jeunes veulent
s’exiler tout simplement parce qu’ils cherchent une vie meilleure.
Psychologues et autres invités au studio de la radio sont tous unanimes
pour déclarer qu’il faut à tout prix améliorer les conditions de vie de
ces jeunes oisifs en matière d’emplois, de revenus, de formation et de
logements.
Les jeunes doivent revenir à la raison. La solution de la harga n’a
aucune chance de servir leurs intérêts si ce n’est qu’ils s’égarent dans
une attitude suicidaire.
L’imam appelé pour donner son avis sur ce phénomène dira que cette
entreprise est interdite par l’islam et récita quelques sourates tel le
verset : «Ne vous est-elle parvenue, la nouvelle de ceux qui,
auparavant, ont mécru et qui ont goûté la conséquence néfaste de leur
acte, ils auront en outre un châtiment douloureux.» (Sourate 64 At
taqabun, la grande perte).
A. B.

Categorie(s): régions

Auteur(s): A. B.

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