SA CRÉATION A ÉTÉ ANNONCÉE HIER: Un comité de soutien pour les frères Mohamed

Lesoir; le Dimanche 30 Decembre 2007
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Un comité de soutien aux deux frères a été créé et des démarches seront entreprises pour sensibiliser les politiques algériens et français à cette affaire.Soutenue par les associations des familles des victimes du terrorisme, par les groupes de GLD et par Hadj Saâdane, un des plaignants contre Hadj Fergane ex-Dec de Relizane accusé en 2000 de crimes contre l’humanité par Mohamed Smaïn, ex-représentant de la Ligue algérienne des droits de l’homme à Relizane, Mme Saïda Benhabylès présidente de la Fédération nationale des associations des victimes du terrorisme a appelé hier, au forum d’ El Moudjahid au déclenchement d’un élan de solidarité avec deux Algériens, victimes du terrorisme, détenus dans des prisons françaises, accusés de participation à des massacres de civils, en Algérie durant les années 1995-1996. Les déboires des deux frères Hocine et Abdelkader Mohamed, ont commencé en octobre 2003, lorsqu’une plainte a été déposée contre eux devant la justice française, par un groupe de personnes dont Mohamed Smaïn. Le 11 décembre 2003, un réquisitoire introductif du parquet de Nîmes est transmis sur cette affaire. Un juge d’instruction a été désigné et une commission rogatoire confiée au SRPJ de Montpellier a été instituée le 6 janvier 2004. Les deux frères sont placés en garde à vue en mars 2004 et croupissent en prison à ce jour, sans qu’aucun procès ne soit tenu. Il est important par ailleurs de relever que les dessous de cette affaire remontent à 1998, lorsque l’ex-Dec et chef des groupes d’autodéfense (GLD) de Relizane Hadj Fergane et six de ses compagnons dont Abed Mohamed, Moudjahid et père des deux frères Abdelkader et Hocine, ont été accusés de la disparition forcée de près de 200 personnes dans la région. Ces personnes ont été mises en examen avant d’être relâchées douze jours après. Suite à cela, les accusés ont, à leur tour, déposé plainte pour diffamation contre Hadj Mohamed Smaïn. Le 29 décembre 2001, un premier procès a eu lieu au tribunal de Relizane. Le prévenu avait été condamné à deux mois de prison ferme, 10 000DA de dommages et intérêts au profit de chacun des plaignants. Un deuxième procès en appel a eu lieu toutefois en février 2002 et la sentence était plus lourde : une année de prison pour Mohamed Smaïn. Celui-ci a introduit un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême qui a confirmé le premier jugement de 2001. Le procès fut le premier et dernier à avoir ouvert le dossier des disparus. La question reste, à ce jour taboue. Un tabou que voulaient briser au centre de presse El Moudjahid Mohamed Abed, le père des deux Algériens détenus à Nîmes et Houari Saâdane, un des plaignants contre Fergane, qui est revenu sur ses propos et a déclaré publiquement avoir été victime de manipulation. De qui ? M. Saâdane pointe un doigt accusateur contre les ONG françaises, notamment Amnesty international et la Fédération internationale des droits de l’homme. Invité par Mme Benhabylès pour témoigner sur les dessous de l’affaire qui est à l’origine de l’incarcération de deux victimes du terrorisme en France, M. Saâdane a révélé que «des mains étrangères manipulent les victimes du terrorisme désespérées qui sont à la recherche de la vérité sur ce qui est arrivé à leurs familles, dans des affaires d’atteinte à la stabilité de l’Algérie». «J’ai été victime de cette manipulation. Je suis parti à plusieurs reprises en France, croyant à l’existence d’un réseau de soutien pour les victimes du terrorisme. Quelques jours seulement m’ont suffi pour découvrir que ces organisations veulent manipuler nos propos et nous font signer des déclarations fallacieuses », dit-il. M. Saâdane affirme que «ce même lobby cherche à lui faire retirer la plainte pour diffamation qu’il a déposée contre Hadj Smaïn, pour son livre Relizane : silence, on tue et qui se veut un réquisitoire contre de prétendus «dépassements» qui auraient eu lieu dans cette ville de l’ouest du pays. Ainsi, la rencontre d’hier qui a enregistré d’autres témoignages notamment sur l’activisme des deux organisations terroristes le GIA et l’AIS à Relizane, se plaçait également comme une première initiative pour déclencher le débat sur les disparitions et leurs commanditaires. Mais surtout de mettre fin à la confusion existante entre victimes et bourreaux. L’image du Moudjahid Abed Mohamed et la reconnaissance du sacrifice de sa famille pour l’Algérie ont été réhabilitées hier par de nombreux autres témoignages. Si, ses fils Abdelkader et Hocine se débattent pour retrouver leur dignité, son autre fils Mohamed, ex-Dec de la commune de Oued Djemaâ a été assassiné en 1995. Lui-même a été grièvement blessé à la tête en 1994 dans sa commune Jdiouia. Toute la vérité est-elle toutefois permise dans ce procès de la «société civile» ? La libération des frères Mohamed semble être toutefois une question prioritaire. Un comité de soutien aux deux patriotes a été créé et des démarches seront entreprises pour sensibiliser les politiques algériens et français sur cette affaire. «Les Français ont déployé tous leurs moyens pour expatrier leurs ressortissants pourtant condamnés au Tchad, pourquoi ne réclamons-nous pas nos patriotes qui sont innocents ?», a déploré Mme Benhabylès.R. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): R. M.

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