Scolarisation des enfants en situation de handicap: La discrimination de trop

Lesoir; le Lundi 13 Novembre 2017
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Le constat établi par la Fédération algérienne des
personnes handicapées est sans appel : l’école algérienne est
discriminatoire et non inclusive. Ni les structures du secteur de
l’éducation ni encore moins les programmes ne sont adaptés aux enfants
aux besoins spécifiques.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’accès à l’école pour les enfants
vivant avec un handicap est un long parcours du combattant. Et pour
cause, ni lors de la construction des établissements scolaires ni lors
de l’élaboration des programmes, la problématique du handicap n’a été
prise en compte. Résultat : le système est discriminatoire et non
inclusif. Il ne prévoit pas de place pour la différence en l’absence
d’une volonté politique d’intégrer les enfants en situation de handicap
et de celle de leur offrir des programmes adaptés à leur conférence.
Le diagnostic est sans concession. Aucun système de suivi et
d’évaluation de l’élève en situation de handicap n’a été prévu sans
compter les carences de personnel pouvant accompagner les enfants. En
diagnostiquant la situation de trente élèves au niveau de la wilaya
d’Alger, la fédération a élaboré des recommandations dans le cadre d’un
projet de plaidoyer pour l’accès à l’éducation pour tous. La liste de
ces dernières est longue et apporte la preuve que le chemin est encore
long.
La fédération propose d’établir le métier d’auxiliaire de vie scolaire
pour faciliter l’autonomie des enfants à l’école, d’élaborer un plan
national d’accessibilité avec des classes et des sanitaires au
rez-de-chaussée.
La fédération insiste sur la nécessité d’assurer au niveau des
établissements scolaires la disponibilité de matériel pédagogique adapté
notamment des logiciels spécifiques, des claviers en braille et des
tables adaptées. Elle appelle le ministère de l’Education à assurer lors
des examens l’assistance aux personnes vivant avec un handicap en
enrichissant la circulaire qui réglemente l’organisation des examens
pour les handicapés. Elle appelle les ministères de l’Education
nationale et de la Solidarité à enrichir la convention sur la gestion
des classes intégrées.
Ce que déplore la fédération, c’est l’absence de projet global de
contrat individuel sans compter l’absence de toute obligation d’intégrer
les enfants en situation de handicap dans les crèches.
Cela devrait, estime cette même fédération, être inclus dans le cahier
des charges.
Toute la problématique de la prise en charge du handicap, affirme Mme
Atika Mammeri, présidente de la FAPH, réside dans l’approche. Il est
temps, dit-elle, de sortir de la vision basée uniquement sur la charité
pour arriver enfin à une véritable prise en charge de la problématique
du handicap en réhabilitant des métiers actuellement marginalisés tels
que les ergothérapeutes qui peinent à trouver leur place au sein du
schéma de prise en charge.
Pire encore, l’absence de tout projet d’établissements qui ont fini par
transformer les centres spécialisés en véritables ghettos dans lesquels
les enfants ne bénéficient pas d’un accompagnement leur permettant de
mettre en place un véritable projet, ce qui fera dire à Mme Mammeri que
la situation est «catastrophique».
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

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