SIDI-AÏCH (BÉJAÏA) : Le village Birmatou renoue avec l’activité solidaire au service du bien-être collectif

Lesoir; le Jeudi 28 Decembre 2017
2

Depuis la nuit des temps, l’activité solidaire a
constitué l’atout majeur des villageois à travers toutes les régions de
Kabylie pour la réalisation des projets visant à s’offrir les meilleures
conditions de vie dans leurs cités.
La démarche semble agréablement inspirer le nouveau comité du village de
Birmatou, relevant de la municipalité de Tinebdar, dans la daïra de
Sidi-Aïch, qui ne cesse de multiplier ce genre d’activités solidaires à
travers la mobilisation des villageois pour l’amélioration du cadre de
vie au service de l’intérêt collectif. «Les villageois se sont toujours
mobilisés par le passé sans pratiquement aucun moyen pour s’alimenter en
eau à travers le captage de sources, la réalisation de routes pour leurs
déplacements, un espace de rencontres et de réunions à travers ce que
l’on appelle tajmet, un lieu de prière etc. Aujourd’hui, malgré la
disponibilité de plus de moyens financiers et matériels, l’assistanat
qui ronge la majorité des villageois fait qu’ils n’arrivent même pas à
s’organiser pour tout au moins nettoyer leurs cités», regrette Younsi
Youcef, président du nouveau comité du village de Birmatou installé au
début du mois de septembre dernier. Volontaires à souhait, Younsi Youcef,
Fawzi Ladjadj, Haddar Hafid, Haddar Nasserdine qui constituent la
locomotive organisationnelle du village ont initié plusieurs journées de
volontariat depuis leur installation destinées à nettoyer toutes les
ruelles du village, l’installation de poubelles dans les ruelles
principales de la cité ainsi que le renforcement de l’éclairage public
et du stade de proximité du village à travers la pose de pas moins de 17
nouveaux lampadaires. Des poubelles et des lampadaires mis à la
disposition du village par le maire sortant Madaoui Abderrahim, à qui le
comité de village n’a pas manqué de rendre hommage pour son aide et sa
disponibilité. Avec en tête plein de projets, les villageois se
mobilisent durant les week-ends pour l’aménagement d’espaces verts pour
donner un peu plus de gaîté à leur cité. «Notre village s’est toujours
pris en charge par le passé. On a été l’un des premiers villages
assainis dans la région déjà en 1970. Nous avons aussi bétonné les
ruelles du village en organisant durant de longs mois chaque week-end un
volontariat. Même la route menant au centre du village a été réalisé
grâce au volontariat avec comme outils la pioche et la pelle», s’est
enorgueilli le trésorier du village Haddar Nasserdine. Comme première
importante manifestation destinée à «sceller» le renouement avec toutes
ces valeurs de solidarité entre tous les villageois, le comité du
village a organisé une grandiose fête de Lawziaâ à l’occasion de la
dernière fête du Mouloud Ennabaoui au début du mois de décembre passé.
La nouvelle génération qui n’a jamais assisté à un tel événement
puisque, soulignent les membres du comité du village, la dernière fête
du genre a été organisée à la fin des années 1960, a pu ainsi saisir
dans toute sa profondeur la signification de ce rendez-vous ancestral
qu’est lawziaâ. Un rendez-vous festif qui constitue une moment de
partage, de générosité et solidarité entre tous les villageois quel que
soit leur statut. La fête de Lawziaâ, signalent Ladjadj Fawzi et Haddar
Hafid, a permis les retrouvailles de nombreux enfants du village vivant
dans les autres villes du pays. Le village s’est aussi doté d’une
association sportive et culturelle dénommée «Tadart-Iw (Mon village)»
avec comme objectif l’organisation et l’animation de l’activité
culturelle et sportive dans le village. La dénomination est
significative de l’attachement de la jeunesse du village aux racines et
valeurs de générosité, de solidarité, le bon esprit du vivre ensemble
qui régnaient dans le passé dans l’ensemble des villages kabyles,
explique fièrement son président Haddar Massinissa. Les jeunes qui se
sont aussi massivement impliqués dans l’ensemble des actions de
volontariat observées dans le village ont concocté un programme
d’animation à travers leur association pour ces vacances d’hiver. La
même association culturelle et sportive en étroite collaboration avec le
comité du village envisage de célébrer pour la première fois dans leur
cité la fête du premier jour de l’an berbère Yennayer. Un programme
culturel et un couscous traditionnel sont prévus pour accueillir ce
premier jour de l’an amazigh, a indiqué Hammache Hakim, le secrétaire
général de l’association.
A. K.

Categorie(s): régions

Auteur(s): A. K.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..