SOIT DIT EN PASSANT: Entre plainte et renoncement

Lesoir; le Mercredi 15 Mars 2017
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Il est des jours comme ça où vous pensez vraiment en avoir fini avec
une sordide histoire de harcèlement qui vous avait mis la tête à
l’envers, comme ce fut le cas, en décembre dernier, à Luanda, pour la
kinésithérapeute de l’équipe nationale féminine de handball. C’est alors
que vous réalisez que si les choses vous donnent l’impression d’être
rentrées dans l’ordre, c’est juste parce que personne, comme lorsqu’un
accord qui ne dit pas son nom est conclu «à l’amiable», n’en parle plus
ni dans les journaux ni au sein même d’un milieu dont le staff n’a pas
encore été renouvelé, mais qui serait en passe de l’être. En réalité,
rien n’a été réglé ni au niveau des coupables ni au niveau de celle qui
a rédigé un rapport pour se plaindre d’assauts répétés à son encontre.
Je m’étais demandé, lors d’un billet précédent, pourquoi la jeune femme
n’avait pas plutôt traîné son agresseur en justice. Parce que c’est
quand ils sont encouragés par le silence de leurs victimes que les
agresseurs n’hésitent jamais à remettre ça. N’ayant plus aucune nouvelle
de l’affaire, vous cherchez à mieux comprendre les motivations de la
victime. J’ai ainsi appris que cette dernière avait préféré faire
confiance au président de sa fédération lequel, ayant l’âge d’être son
père, ne pouvait pas ne pas lui rendre justice.
Beaucoup de ceux qui avaient pensé que faire le dos rond et attendre que
les choses se tassent et perdent de leur gravité ont dû soupirer d’aise.
Il y a aussi l’hypothèse que l’insistance à vouloir se faire entendre
n’ait menacé de contrarier quelques-uns de ses projets. Le coupable a
été suspendu ?
La belle affaire ! Son mandat venant à expiration, on devine aisément
l’effet que la sanction a eu sur lui. Peu après, j’ai compris que le
problème n’était pas là.
Il s’est avéré que c’est la kiné qui a craint qu’en déposant plainte,
elle entacherait le nom de son père. Son père étant député, rendre
publique cette histoire sordide pouvait porter atteinte à sa réputation
de respectable parlementaire. J’avais souri lorsque ma source avait
parlé de pétard mouillé avant même que l’on en ait la certitude. Elle
avait bien raison.
M. B.

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): lesoir

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