TOUT EN SE DÉCLARANT POUR LA PRÉSERVATION DES LIBERTÉS SYNDICALES: Le ministère du Travail veut «moraliser» le recours à la grève

Lesoir; le Mardi 13 Mars 2018
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Le département du travail, par la voie de son
inspecteur général, M. Djegham, a écarté l’éventualité d’une «quelconque
remise en cause de l’action syndicale dans le nouveau projet de loi du
travail», a-t-on indiqué hier lors de son passage au forum de la radio
nationale. Une déclaration qui lève définitivement le voile sur les
appréhensions affichées par les différentes organisations syndicales.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - L’intervention des deux cadres du
département du travail et de l’emploi au forum de la Radio nationale
(Chaîne 1) coïncidait avec le débrayage qu’observe depuis quelques jours
le Cnapeste dans le secteur de l’éducation. Ainsi, l’inspecteur général
du département du travail a fait savoir que le «nouveau code du travail
ne peut, en aucun cas, remettre en cause les acquis relatifs à la
revendication et à l’action syndicale.
Il appuie ses propos en faisant référence à la Constitution qui «a
consacré le recours à la grève comme un moyen de revendication syndicale
pour faire valoir ses droits conformément à la réglementation en
vigueur». «Le nouveau projet du code du travail est un projet de société
qui implique tous les acteurs et les intervenants des différents
départements ministériels. Toutefois, il est aujourd’hui nécessaire de
moraliser l’action du recours à la grève», a-t-il expliqué.
Autrement dit, le représentant du département du travail a laissé croire
«qu’une paralysie de secteurs sensibles par des grèves illimitées comme
ce fut le cas des enseignants et des médecins a des répercussions
négatives sur les personnes concernées soit les élèves et les malades».

C’est dans cette optique que le conférencier dira qu’un constat fait par
les services de l'Inspection du travail sur le terrain révèle que «la
majorité des débrayages ne respectent pas les dispositions juridiques
régissant le droit de grève». Ce qui fait tomber les syndicalistes et
les travailleurs concernés sous le coup de la loi et les expose à des
mesures disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement», a-t-on
expliqué.
Pour sa part, le directeur en charge des relations de travail au sein du
même département ministériel, M. Mekhazni, est revenu sur la grève
qu’observe le Cnapeste en déclarant que «nous avons chez ce dernier une
volonté de dialoguer et, par voie de conséquence, trouver une solution à
son débrayage». Pour ce responsable, «le ministère du Travail a rappelé
à toutes les parties du monde du travail les dispositions juridiques et
réglementaires régissant les relations professionnelles, notamment
l'exercice du droit syndical et du droit de grève», estimant que «la
connaissance des principes généraux est primordiale pour la
compréhension de l'action syndicale et l'optimisation de l'exercice
syndical et de l'éthique syndicale».
La Constitution et la législation algériennes «consacrent la liberté de
constitution d'association, le droit syndical, le droit de grève et le
droit de participation», souligne la même source qui a mis en avant, les
articles 70 et 71 de la loi 16-01 portant révision constitutionnelle.

Concernant le recours à la grève, les représentants du ministère du
Travail précisent que «la situation des relations socioprofessionnelles
et des conditions de travail dans l'organisme employeur sont examinées
dans le cadre de réunions périodiques entre l'employeur, d'une part et
l'organisation ou les organisations syndicales représentatives des
travailleurs assujettis à son statut, d'autre part. Tous les points sont
consignés dans des procès-verbaux établis à cet effet», et «qu’en cas de
différend entre les parties, ces dernières engagent les procédures
convenues pour le règlement des différends à l'amiable».
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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