TRÈS NOMBREUSE ASSISTANCE À LA RENCONTRE DÉDICACE AVEC KARIM YOUNES À BEJAÏA: «Nous sommes les héritiers de cette histoire tourmentée, riche et prestigieuse»

Lesoir; le Mardi 21 Mars 2017
2

Invité par l’association Sauvegarde du
patrimoine de Béjaïa et l’Association de la madersa khaldounia,
l’ex-président de l’APN, Karim Younès, a animé une rencontre-débat dans
l’après-midi de samedi à la salle de lecture de la Casbah de Béjaïa,
autour de son dernier ouvrage Les éperons de la conquête… Ou
l’impossible oubli.
Comme à chacune de ses sorties dans la cité des Hammadites, le natif de
Béjaïa a reçu un accueil chaleureux et émouvant. Un moment de
retrouvailles avec l’environnement de son enfance.
Dès l’entame de sa conférence, l’écrivain a tenu à préciser : «Je ne
ferai pas œuvre d’historien, ce n’est pas mon métier.» Dans la foulée,
l’auteur ne manquera pas toutefois d’ajouter : «Je revendique seulement
la disposition d’un homme qui est arrivé à un moment de sa vie où il
peut à la fois puiser dans son expérience et nourrir sa vision de
l’avenir.» Karim Younès motivera son nouvel ouvrage en déclarant que
revisiter notre histoire nationale, antique et contemporaine nous
permettra de comprendre ce que nous étions et sommes devenus et d’oser
des regards vers des horizons plus cléments.
«Mon intrusion dans le passé est motivée par une passion citoyenne que
je souhaite faire partager à mes compatriotes : entendre et comprendre
collectivement ce qui nous fédère pour mieux bâtir ensemble ce qui nous
engage demain», affirme l’auteur.
Tout au long de cette rencontre, l’écrivain a mis beaucoup d’intensité
dans son intervention pour rappeler ce qui semble être la quintessence
de ses ouvrages. «Depuis que j’ai commencé à écrire, ma démarche n’a pas
varié.
C’était pour moi une recherche de notre identité, de notre passé, de
notre histoire pour mieux comprendre et expliquer le présent», a-t-il
souligné. Pour être plus explicite, Karim Younès s’adresse à la très
nombreuse assistance, dont la majorité n’a pu trouver place à
l’intérieur de la salle, dans les trois langues : kabyle, arabe et
français.
«D'où venons-nous ? Quelles grandes époques ont jalonné notre parcours ?
Quelles furent nos qualités ? Nos faiblesses ? Nos grands moments ? Nos
périodes de décadence ?» s’interroge l’auteur expliquant que son nouvel
ouvrage est la suite chronologique des quatre précédents et l’ensemble
constitue une remontée vers les origines de notre pays et de son
histoire.
Un cinquième ouvrage qui constitue le fruit d'un regard plus pointu sur
un autre temps historique qui est celui de la colonisation française
ayant duré 132 ans. «Notre pays est-il pour autant indépendant de toutes
les oppressions ?» poursuit plus loin l’auteur.
A la fin de sa communication, riche en événements vécus par l’Algérie
depuis l’agression coloniale jusqu’à la lutte de libération, extrait de
son dernier ouvrage, Karim Younès, très ému, conclut son intervention :
«Nous sommes les héritiers de cette histoire tourmentée, riche et
prestigieuse, parfois sanglante, souvent héroïque. Revisitons-la avec la
sensibilité d’un pèlerin qui va pour la première fois découvrir le
panthéon de l’Histoire.» Une dernière tirade qui a déclenché une longue
salve d’applaudissements : «La France coloniale est entrée par les
armes, elle est sortie par les armes !»
A la fin de la rencontre, Karim Younès, sourire aux lèvres, s’est
ensuite livré à cet exercice de signature de son nouveau livre en
présence de son éditeur, Médias-Index.
Malgré l’exigüité de la salle de lecture de la Casbah, le nombreux
public a attendu patiemment pour s’offrir une dédicace de ce cinquième
livre de l’ancien président de l’APN.
A. Kersani

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..