202 charniers de Daech découverts en Irak, 1 258 corps déjà exhumés

Liberte; le Mercredi 7 Novembre 2018
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La fouille de 28 fosses communes a permis d’exhumer 1258 corps, selon un rapport de la mission d’assistance en Irak et du Bureau des droits de l'homme de l’ONU, en attendant la suite de l’opération, qui pourrait élucider le cas des milliers de disparus.

Un rapport de la mission d’assistance du Bureau des droits de l’homme en Irak rendu public, hier, dévoile que les 202 fosses communes, laissées par l’organisation terroristes autoproclamé État islamique, ont été mises au jour dans différentes provinces du nord et de l’ouest de ce pays pourraient renfermer jusqu’à 12 000 cadavres. Selon le rapport onusien, “il pourrait y en avoir beaucoup plus, car certaines zones demeurent inaccessibles, car toujours minées ou sous la menace de cellules terroristes clandestines”. La même source appelle les autorités irakiennes à préserver ces sites pour pouvoir en extraire des preuves des crimes terroristes et apporter des réponses aux familles de disparus.
La Commission gouvernementale irakienne des droits de l’homme a affirmé, de son côté, que dans la seule province de Ninive, où se trouve Mossoul l’ancienne capitale de Daech dans le nord de l’Irak, plus de 7 200 personnes sont toujours portées disparues, dont 3117 membres de la minorité yazidie, particulièrement persécutée par les terroristes.
Il ne fait aucun doute que seule la fouille minutieuse de ces charniers dans les régions de Kirkouk et de Salaheddine dans le nord de l’Irak, ainsi que d’al-Anbar dans l’Ouest, peut apporter des réponses aux familles des disparus. L’opération de fouilles s’annonce difficile et gigantesque, si certaines fosses communes ne renferment que quelques corps, d'autres en contiennent plusieurs milliers, comme le redoutent les habitants de Mossoul, qui indiquent que les terroristes de Daech exécutaient, chaque jour, des dizaines d’Irakiens, notamment des membres des forces de l’ordre, du côté d’une cavité naturelle au sud de Mossoul, surnommée Khasfa. Le rapport de l’ONU, qui souligne que les preuves rassemblées sur ces sites seront centrales, appelle à les préserver et à y mener des exhumations minutieuses. Il ajoute que seuls ces éléments pourront garantir des enquêtes crédibles, des procès et des condamnations conformes aux standards internationaux.
Ceci étant, des enquêteurs de l’ONU ont commencé à recueillir des preuves des massacres et autres atrocités de l’EI, à l’encontre notamment des Yazidis, qui peuvent constituer selon les Nations unies “des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un possible génocide”. Michelle Bachelet, Haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, affirme que “si les horribles crimes de l’EI en Irak ne font plus les gros titres, le traumatisme des familles de victimes existe toujours, et le sort de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants est toujours inconnu”.

Merzak Tigrine

Categorie(s): international

Auteur(s): Merzak Tigrine

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